Cisjordanie : Un maire renomme une rue pour protester contre le sommet à Bahreïn
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Cisjordanie : Un maire renomme une rue pour protester contre le sommet à Bahreïn

Ibrahim Abu Zahra décide de changer le nom de la rue Bahreïn en Yatta et estime que le royaume du Golfe agit comme s'il était "un état des États-Unis"

Des Palestiniens discutent lors d'une manifestation contre une réunion dirigée par les Etats-Unis cette semaine à Bahreïn sur le conflit israélo-palestinien, dans le village de Yatta, près de la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 24 juin 2019. Des fonctionnaires du ministère des Finances se rendaient aujourd'hui à Bahreïn à l'occasion d'une conférence de paix dirigée par les États-Unis qui promet des milliards de dollars aux Palestiniens, dont les dirigeants ont déclaré l'idée morte sur le champ. L'Autorité palestinienne boycotte l'atelier, le Premier ministre Mohammad Shtayyeh critiquant le plan qui ne dit rien de la fin de l'occupation israélienne. (HAZEM BADER / AFP)
Des Palestiniens discutent lors d'une manifestation contre une réunion dirigée par les Etats-Unis cette semaine à Bahreïn sur le conflit israélo-palestinien, dans le village de Yatta, près de la ville d'Hébron, en Cisjordanie, le 24 juin 2019. Des fonctionnaires du ministère des Finances se rendaient aujourd'hui à Bahreïn à l'occasion d'une conférence de paix dirigée par les États-Unis qui promet des milliards de dollars aux Palestiniens, dont les dirigeants ont déclaré l'idée morte sur le champ. L'Autorité palestinienne boycotte l'atelier, le Premier ministre Mohammad Shtayyeh critiquant le plan qui ne dit rien de la fin de l'occupation israélienne. (HAZEM BADER / AFP)

Un maire de Cisjordanie a décidé ce week-end de renommer une rue de sa ville pour protester contre l’organisation par Bahreïn, la semaine dernière, d’un atelier économique dirigé par les États-Unis.

Ibrahim Abu Zahra, le maire de Yatta, une ville au sud de Hébron, a annoncé qu’il avait décidé de changer la rue Bahreïn dans sa municipalité en rue Marzouq al-Ghanim. Ce dernier, président de l’Assemblée nationale du Koweït, critique ouvertement Israël et soutient ardemment les Palestiniens.

La conférence de Bahreïn s’est concentrée sur le volet économique du plan de paix de l’administration américaine, qui propose des milliards de dollars d’investissements dans des projets d’infrastructure en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et dans les pays arabes voisins.

Le président du Parlement koweïtien Marzouq al Ghanim interpelle des parlementaires israéliens durant une rencontre à Saint Petersbourg, en Russie, au mois d’octobre 2017. (Capture d’écran : YouTube)

Les dirigeants palestiniens basés à Ramallah se sont farouchement opposés au sommet, affirmant que son orientation économique visait à saper leurs aspirations à la création d’un État. Ils ont également accusé les États-Unis de tenter d’utiliser ce rassemblement pour normaliser le statut d’Israël dans le monde arabe.

Les responsables américains ont critiqué les Palestiniens pour leur refus de participer à la conférence.

Un document officiel de la municipalité indique qu’Abou Zahra a décidé de rebaptiser la rue après qu’un certain nombre de « citoyens et de parties importantes » l’ont appelé à le faire. Il a également déclaré qu’il avait pris la décision « [d’]exprimer sa reconnaissance pour la position du Koweït de rejeter l’accord du siècle”, employant un terme que les opposants au plan américain pour résoudre le conflit israélo-palestinien utilisent souvent de manière sarcastique.

L’Assemblée nationale koweïtienne a appelé le gouvernement koweïtien à boycotter la conférence de Manama la semaine dernière. Le gouvernement koweïtien n’a toutefois pas annoncé publiquement s’il avait ou non envoyé une délégation à ce sommet.

D’autres États du Golfe, comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont envoyé des ministres à la conférence.

Abu Zahra a déclaré lors d’un appel téléphonique que deux nouvelles plaques portant le nom de Ghanim étaient en cours de création et qu’elles seraient dévoilées lors d’une cérémonie officielle dans les prochains jours.

Le maire de Yatta, Ibrahim Abu Zahra. (Capture d’écran : YouTube)

« Nous avons décidé d’honorer le peuple en prenant cette décision », a déclaré Abu Zahra.

« Nous avons choisi d’enlever le panneau de la rue Bahreïn parce que Bahreïn, en accueillant la conférence, agit désormais comme s’il était un état des États-Unis. »

Le royaume a fait l’objet de vives critiques de la part de responsables palestiniens et des usagers des réseaux sociaux arabes pour avoir accueilli cette conférence.

Le ministre bahreïni des Affaires étrangères, Khalid bin Ahmad Al Khalifa, a défendu la décision de son pays d’accueillir le sommet, affirmant que l’État du Golfe a toujours soutenu les efforts visant à assurer « un avenir prometteur » pour les peuples du Moyen-Orient.

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