Claude Lelouch raconte comment il a échappé à la Shoah
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Claude Lelouch raconte comment il a échappé à la Shoah

"J’ai connu l'Occupation ; j’ai été recherché par la Gestapo avec ma mère", a rappelé le réalisateur, qui a échappé de peu à l'arrestation et à la déportation

Claude Lelouch. (Crédit : Facebook/Claude Lelouch)
Claude Lelouch. (Crédit : Facebook/Claude Lelouch)

Le réalisateur français Claude Lelouch, 82 ans, est revenu la semaine dernière sur le plateau de l’émission « C à vous », sur France 5, sur un fait poignant de son histoire.

Il a ainsi raconté comment il a pu, pendant la Seconde Guerre mondiale, échapper à la Gestapo grâce à sa mère.

« J’ai connu l’Occupation », a-t-il déclaré. « J’ai été recherché par la Gestapo avec ma mère, donc c’est une période que je connais bien. »

« J’ai échappé aux camps », a-t-il ajouté. « Un soir, on a été arrêtés. On passait la ligne de démarcation et on a demandé à ma mère ses papiers, qui étaient faux. Donc on a été arrêtés. On est descendus, et si ma mère n’avait pas eu l’intelligence extraordinaire de faire un cadeau, d’enlever sa montre et de la donner au gars, je ne serais pas là ce soir avec vous. Elle a donné la montre et le gars nous a laissés remonter dans le train… »

Invité pour évoquer son dernier tournage avec Charles Leclerc, jeune champion monégasque de Formule 1, Claude Lelouch régissait aux propos de la journaliste Anne Sinclair, invitée à l’occasion de la sortie de son dernier livre, La Rafle des notables, dans lequel elle retrace son histoire familiale.

Né en 1937 dans une famille juive, celui qui réaliserait plus tard « Un homme et une femme » et « Les Misérables » et qui tournerait avec les plus grands du cinéma français, était encore un jeune enfant durant la guerre. Il a été caché dans un village de Haute-Savoie, du côté de Grenoble.

Sa mère le cachait parfois l’après-midi dans les cinémas, seuls endroits où il restait calme, raconte-t-il.

« Pour un enfant, la vie est longue », a-t-il écrit dans son autobiographie, Le Dictionnaire de ma vie. « Le cinéma offrait à mes yeux une sorte de concentré, de synthèse éblouissante de l’existence. On y croisait les mêmes individus que dans la rue, en plus réussis, plus beaux, plus courageux, plus intelligents. Comment n’aurais-je pas préféré fréquenter ces gens-là ? Les vrais, je les trouvais désespérants. J’ai grandi avec cet amour du cinéma, sans doute m’a-t-il sauvé la vie… »

Durant sa carrière, il a reçu deux Golden Globes, une Palme d’or et un Oscar pour les films cités ci-dessus, devenus de grands classiques du cinéma français.

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