Clinton : l’EI doit être vaincu, pas contenu
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Clinton : l’EI doit être vaincu, pas contenu

"Le monde entier devrait être impliqué dans le combat contre l’état islamique," a déclaré la candidate américaine au Forum Saban

La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, lors d'un événement du parti en Virginie, le 26 juin 2015 (Crédit : Paul J. Richards / AFP)
La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, lors d'un événement du parti en Virginie, le 26 juin 2015 (Crédit : Paul J. Richards / AFP)

La candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton s’adressait dimanche au Forum Saban.

Elle a parlé de l’attaque terroriste en Californie, et a déclaré que « la menace est réelle, le besoin d’action urgent ». Elle a déclaré que le djihadisme était « alimenté par internet » et que les Américains devaient passer de « la peur à la détermination », et le feraient.

Elle a ajouté que les Etats-Unis devaient combattre les djihadistes sur les médias sociaux.

« Il est temps pour un dialogue urgent entre le gouvernement » – et pas juste le gouvernement américain – et la « communauté high-tech, pour affronter le problème ensemble ».

Le Congrès devait agir pour que personne « qui soit un terroriste suspecté ne puisse acheter des armes où que ce soit aux Etats-Unis » a-t-elle déclaré sous les applaudissements.

Clinton a ajouté que « l’islam, en lui-même, n’est pas notre adversaire », et que « ce n’est pas un conflit de civilisations. Une large majorité des musulmans sont de notre côté, à moins que nous ne les éloignions ». Déclarer la guerre à l’islam « fait juste le jeu des terroristes », a-t-elle déclaré.

Le besoin d’amener les relations Etats-Unis/Israël « au prochain niveau »

Elle a ajouté que les ennemis « utilisent l’islam » comme une justification pour assassiner des innocents. « Nous défendrons toujours nos amis et alliés », a-t-elle déclaré, y compris « [notre] allié et véritable ami, Israël, maintenant et pour toujours. »

« Israël n’est pas étranger au terrorisme », a ajouté Clinton.

Elle a également évoqué les filiales de l’Etat islamique au Sinaï, et leurs liens signalés avec Gaza. Clinton a condamné les attaques « brutales » au couteau, à la voiture piégée et les fusillades en Israël.

« Des enfants israéliens ont été tués, comme l’ont été des enfants palestiniens » a-t-elle déclaré, notant l’assassinat d’un citoyen américain et le nommant, Ezra Schwartz.

« Les dirigeants palestiniens doivent condamner » les violences et les incitations, a-t-elle dit. Il est également dans les intérêts américains qu’Israël soit fort, a ajouté Clinton.

« Israël est assez fort pour dissuader ses ennemis, et assez fort » pour avancer vers la paix, a-t-elle poursuivi. « Nous avons besoin d’une lumière pour les nations, et les ténèbres sont menaçantes ».

Clinton a déclaré que nous devons amener « la relation déjà forte [entre Israël et les Etats-Unis] au prochain niveau », et la maintenir « toujours au-dessus des politiques partisanes ».

Clinton a déclaré que le but devait être la défaite de l’Etat islamique, pas seulement sa contention. « Il n’y a pas d’alternative au leadership américain, » a déclaré Clinton, mais le monde entier devrait être impliqué dans le combat contre l’état islamique.

Elle a exhorté à plus de combattants arabes et kurdes au sol, impliqués dans les combats. « Nous ferons notre part, mais c’est aussi leur combat, et ils doivent agir ainsi ».

Clinton a enfin appelé à une solution diplomatique en Syrie. Elle a déclaré que les Etats-Unis devaient en faire plus pour aider le Liban et la Jordanie à faire face au large afflux de réfugiés.

Kerry pour des troupes au sol arabes et syriennes contre l’EI

Le secrétaire d’État américain John Kerry a plaidé jeudi 3 décembre pour l’envoi de troupes au sol arabes et syriennes qui combattraient le groupe État islamique (EI), une fois trouvée une solution politique en Syrie à laquelle travaille la communauté internationale.

« Tout le monde sait que si on ne peut pas trouver de troupes au sol prêtes à s’opposer à Daech (acronyme arabe de l’EI) ce conflit ne pourra pas être gagné complètement avec les seules frappes aériennes », a déclaré M. Kerry à Belgrade lors d’une réunion ministérielle de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Il a ensuite précisé devant quelques journalistes qu’il pensait à des troupes « syriennes et arabes » et pas occidentales, même si 50 forces spéciales américaines doivent être envoyées sous peu en Syrie.

« Si nous parvenons à un mettre en place une transition politique nous allons permettre à toutes les nations et entités de se rassembler. L’armée syrienne, ensemble avec l’opposition (…) Les États-Unis, ensemble avec la Russie et d’autres, iront combattre Daech », a-t-il poursuivi, prédisant alors une victoire rapide contre les jihadistes.

« Imaginez seulement à quelle vitesse ce fléau serait éliminé, en l’espace de quelques mois littéralement, si nous étions capable de parvenir à cette résolution politique », a-t-il fait valoir.

Dans l’avion qui emmenait jeudi soir le secrétaire d’Etat de Belgrade à Nicosie, l’un de ses diplomates a tempéré les propos de son ministre: « C’est très hypothétique et avec beaucoup de si », a-t-il mis en garde.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry lors d'une audience devant la Commission des relations étrangères au sénat le 23 juillet 2015 à Capitol Hill à Washington (Crédit : Alex Wong / Getty Images / AFP)
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry lors d’une audience devant la Commission des relations étrangères au sénat le 23 juillet 2015 à Capitol Hill à Washington (Crédit : Alex Wong / Getty Images / AFP)

« Si on réussit une transition politique et qu’elle est soutenue par le peuple syrien et les groupes d’opposition, alors oui, le combat contre l’EI pourra être plus efficace », a expliqué le diplomate américain.

Mais, a-t-il souligné, « nous continuons de penser, et cela vaut aussi pour l’Irak, que ces troupes au sol doivent être locales (…) originaires de pays qui connaissent la culture, les groupes, le terrain et qui seraient appuyées par les frappes aériennes de la coalition ».

Mercredi 2 décembre à Bruxelles, John Kerry avait réclamé aux alliés de l’Otan d’intensifier leurs efforts dans la lutte contre l’EI et il avait salué « l’engagement » de la Russie en Syrie, plaidant pour qu’elle y joue un rôle « constructif ».

Les grandes puissances — dont les Etats-Unis, la Russie, l’UE, l’Iran, la Turquie et l’Arabie saoudite — ont relancé fin octobre à Vienne un processus diplomatique pour tenter de trouver une solution politique au conflit syrien qui a fait au moins 250.000 morts depuis 2011.

Les membres de ce Groupe international de soutien à la Syrie ont fixé un calendrier qui prévoit une rencontre d’ici au 1er janvier entre représentants de l’opposition syrienne et du régime, un cessez-le-feu, la formation d’un gouvernement de transition dans les six mois et l’organisation d’élections d’ici 18 mois. Mais les diplomaties mondiales divergent sur le sort du président Bachar al-Assad.

La prochaine réunion sur la Syrie, sous le format de Vienne, se tiendra à New York, a annoncé jeudi le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Très probablement le 18 décembre, selon des diplomates.

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