Coalition : Lapid rencontre Bennett et Saar, des entretiens « positifs »
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Coalition : Lapid rencontre Bennett et Saar, des entretiens « positifs »

Le chef de Yamina, qui devrait endosser le premier le costume de Premier ministre dans un gouvernement d'union, a aussi échangé avec la dirigeante travailliste Merav Michaeli

De gauche à droite : le leader du parti Yesh Atid, Yair Lapid. (Crédit : Miriam Alster/Flash90); le dirigeant du parti Yamina, Naftali Bennett et le responsable de Tikva Hadasha, Gideon Saar.( Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
De gauche à droite : le leader du parti Yesh Atid, Yair Lapid. (Crédit : Miriam Alster/Flash90); le dirigeant du parti Yamina, Naftali Bennett et le responsable de Tikva Hadasha, Gideon Saar.( Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, actuellement chargé de former un gouvernement, a rencontré le chef de la formation Yamina, Neftali Bennett, et celui de Tikva Hadasha, Gideon Saar, dans la journée de vendredi dans le cadre des négociations visant à former une coalition d’unité.

Yesh Atid a précisé dans un communiqué que les discussions qui ont eu lieu au domicile de Lapid, à Tel Aviv, ont « avancé positivement ».

Lapid et Bennett discutent des termes de leur possible coalition depuis plusieurs semaines et seraient sur le point de conclure des accords dans plusieurs domaines. Le dirigeant de Yesh Atid a fait savoir qu’il était prêt à laisser Bennett assumer le premier la fonction de Premier ministre dans le cadre d’un accord de rotation.

Après sa rencontre avec Lapid, Bennett s’est entretenu en face à face avec la cheffe du Parti travailliste, Merav Michaeli.

Merav Michaeli, députée du Parti travailliste. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le bloc dit « du changement », constitué de formations opposées à Netanyahu, formulerait des lois qui permettraient aux factions très différentes de travailler ensemble, a annoncé le quotidien Haaretz.

Alors que les formations de tout le spectre politique se sont unies dans leur volonté de remplacer le Premier ministre Benjamin Netanyhau, les différentes parties devront probablement souscrire à des accords de base, a noté la chaîne Kan.

« Ce qui sera adopté sera adopté – et ce qui échouera échouera », a indiqué une source impliquée dans les négociations à la chaîne Kan, se référant plus largement aux législations potentielles qui pourront être présentées au vote si un tel gouvernement devait voir le jour.

Le président Reuven Rivlin a annoncé, mercredi, avoir chargé Lapid de former le prochain gouvernement après que Netanyahu a admis, la veille, avoir échoué à construire une coalition dans les 28 jours impartis pour ce faire.

Tout en reconnaissant les difficultés de réunir une telle majorité d’union, Lapid a noté qu’elle « aura un objectif simple : sortir ce pays de la crise – de la crise du coronavirus, de la crise économique, de la crise politique et, surtout, de cette crise qui nous touche en notre cœur, qui frappe la population d’Israël ».

Le président Reuven Rivlin, à droite, rencontre le leader du parti Yesh Atid, Yair Lapid, à la résidence du président de Jérusalem, le 5 mai 2021. (Crédit : Haim Zach/GPO)

En plus de résoudre leurs propres différends, Lapid et Bennett doivent rassembler une coalition à partir d’un mélange improbable de partis de droite, de gauche et du centre, en plus de la formation islamiste Raam – ce qui complique les choses et soulève des doutes sur l’éventuelle stabilité d’un tel gouvernement.

Ils doivent, de surcroît, amadouer les membres de leurs propres formations, qui auront probablement du mal à concilier leurs points de vue avec ceux de leurs possibles partenaires de coalition.

Un certain nombre de membres de Yamina, qui siègent à la Knesset, ont indiqué jeudi que Netanyahu avait tenté de les persuader de quitter le parti et de déclarer leur opposition à l’entrée dans une coalition incluant des factions de gauche. Ils ont déclaré avoir rejeté cette tentative.

Matan Kahana, membre de Yamina, a expliqué vendredi qu’un gouvernement d’union devait être formé.

Le député Matan Kahana s’exprime pendant une visite à la réserve naturelle d’Oz Vegaon au Gush Etzion, le 22 octobre 2020. (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

« Netanyahu s’affaire à entraîner Israël vers de cinquièmes élections – je pense, pour ma part, qu’il s’agit de la pire option », a-t-il écrit dans un post publié sur sa page Facebook.

Kahana a déclaré qu’Israël avait besoin d’un gouvernement « qui ne rendra pas Hébron, qui ne libérera pas des milliers de terroristes, qui ne votera pas l’expulsion de leurs foyers des Juifs, et qui ne fera pas de nombreuses choses faites par ailleurs, oui, par Netanyahu ».

De son côté, Avigdor Liberman, dirigeant de Yisrael Beytenu, a rendu publique, vendredi, une liste d’exigences de son parti conditionnant son entrée dans le gouvernement d’unité, qui comporte notamment l’adoption de la loi dite « du service militaire » qui exige des jeunes ultra-orthodoxes de faire leur service au sein de l’armée israélienne comme les autres jeunes de l’État juif.

Le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, tient une conférence de presse à Neve Ilan, près de Jérusalem, le 11 mars 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Liberman souhaite aussi la fin du monopole du Grand rabbinat sur la certification casher de l’alimentation en Israël et la création d’un mariage civil.

Toutefois, une source du parti islamiste Raam qui n’a pas été identifiée a déclaré à la Douzième chaîne que la faction islamique s’opposerait au mariage civil et à la « violation des valeurs familiales ».

Si Lapid ne parvient pas à rassembler une coalition d’ici 28 jours – son mandat pour ce faire s’achèvera le 2 juin – une majorité de députés pourront tenter d’approuver n’importe quel membre de la Knesset à la fonction de Premier ministre.

Et si cette période de 21 jours s’achève sans qu’une coalition n’ait été rassemblée dans l’intervalle, le pays serait dans l’obligation – un scénario sans précédent – d’organiser son cinquième scrutin en l’espace de deux ans et demi.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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