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Colère de la Grèce après la visite de Cavusoglu à une minorité musulmane

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a entamé un voyage en Grèce par une visite à la minorité musulmane de Thrace, suscitant rapidement la colère d'Athènes

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, s'adresse aux médias, à Ankara, en Turquie, le 28 novembre 2019. (Crédit : Burhan Ozbilici/AP)
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, s'adresse aux médias, à Ankara, en Turquie, le 28 novembre 2019. (Crédit : Burhan Ozbilici/AP)

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a entamé dimanche un voyage en Grèce par une visite à la minorité musulmane de Thrace, suscitant rapidement la colère d’Athènes par ses commentaires.

« En Grèce pour rencontrer des membres de la minorité turque de Thrace occidentale et discuter de nos relations bilatérales », a tweeté M. Cavusoglu dès son atterrissage à l’aéroport d’Alexandroupolis, dans la région du nord-est, proche de la frontière turque.

M. Cavusoglu a visité une école ainsi qu’un village et le consulat turc, où il a rencontré des représentants de la minorité musulmane.

« J’ai souligné que nous nous tiendrons toujours résolument aux côtés de la minorité turque dans sa lutte pour ses droits, et j’ai souligné une fois de plus notre ferme soutien », a-t-il tweeté ensuite.

Athènes décrit cette minorité comme des musulmans multi-ethniques, et le fait que M. Cavusoglu les qualifie de « turcs » a suscité une réponse furieuse du ministère grec des Affaires étrangères.

« La minorité musulmane de Thrace compte environ 120 000 habitants grecs », a déclaré le ministère dans un communiqué. « Les tentatives constantes de la Turquie de déformer cette réalité, ainsi que les allégations de non-protection des droits de ces citoyens, ou de discrimination, sont sans fondement et sont rejetées dans leur intégralité », a-t-il ajouté.

« La Grèce souhaite améliorer ses relations avec la Turquie, mais en posant comme condition préalable le respect du droit international. »

Les musulmans de Thrace ont obtenu le statut de minorité en Grèce après le traité de Lausanne de 1923 qui avait mis fin à une guerre entre la Grèce et la Turquie. La Turquie a souvent affirmé que la Grèce ne protégeait pas correctement les droits de cette minorité, dont beaucoup de membres sont d’origine turque et turcophones.

M. Cavusoglu avait soulevé ce sujet mi-avril lors d’une conférence de presse houleuse avec son homologue grec Nikos Dendias.

« Vous ne permettez pas à la minorité turque de se dire turque. Vous les appelez musulmans », avait-il dit. « S’ils se disent turcs, ils sont turcs – vous devez le reconnaître », avait-il ajouté à l’intention de M. Dendias, qui avait de son côté relayé le profond mécontentement de la Grèce face à la transformation par la Turquie, l’an dernier, de la cathédrale Sainte-Sophie en mosquée.

Kyriakos Mitsotakis, le Premier ministre grec nouvellement élu et chef du parti conservateur, lors de sa première déclaration après les résultats officiels des élections, au siège du parti à Athènes, le 7 juillet 2019. (Crédit photo : ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

M. Cavusoglu doit rencontrer le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ainsi que M. Dendias à Athènes lundi, dans un effort pour maintenir le dialogue après une détérioration des relations entre les deux pays, qui a vu l’an dernier Ankara envoyer un navire de prospection gazière accompagné d’une flottille de la marine dans les eaux proches des côtes turques que la Grèce revendique.

M. Cavusoglu avait précédemment déclaré que l’objectif de sa visite était de préparer une rencontre bilatérale entre M. Mitsotakis et le président turc Recep Tayyip Erdogan lors du sommet de l’Otan à Bruxelles le 14 juin.

Alors que les médias grecs ont estimé que ce déplacement de M. Cavusoglu était un « test » avant ses réunions à Athènes, le gouvernement grec a tenté de minimiser l’importance de ce déplacement en Thrace avant son arrivée.

« La visite en Thrace est une visite privée. La Grèce est un pays ouvert et démocratique qui n’interdit pas les visites privées. En ce qui concerne la minorité (de Thrace), elle bénéficie d’un statut d’égalité », avait déclaré jeudi la porte-parole du gouvernement grec, Aristotelia Peloni.

Le statut de la minorité musulmane de Grèce est l’un des nombreux points de discorde entre les deux pays.

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