Collection Gurlitt : lents progrès sur les oeuvres pillées par les nazis
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Collection Gurlitt : lents progrès sur les oeuvres pillées par les nazis

Le manque de documentation et d'archives rend difficile le travail pour retracer l'origine des œuvres

Des photos diffusées par le parquet d'Augsburg, en Allemagne, le 12 novembre 2013, montrant cinq des 1 400 tableaux volés par les nazis et saisis au domicile de Cornelius Gurlitt à Munich. (Crédit : Lostart.de/parquet d'Augsburg/AFP/File)
Des photos diffusées par le parquet d'Augsburg, en Allemagne, le 12 novembre 2013, montrant cinq des 1 400 tableaux volés par les nazis et saisis au domicile de Cornelius Gurlitt à Munich. (Crédit : Lostart.de/parquet d'Augsburg/AFP/File)

Un commission allemande enquêtant sur l’impressionnant stock d’oeuvres d’art cachées par le défunt Cornelius Gurlitt a expliqué jeudi n’avoir identifié avec certitude que cinq pièces volées par les nazis sur 500 litigieuses, arguant de la difficulté des travaux.

Selon les conclusions de la commission d’experts formée fin 2013 pour enquêter sur le trésor de Gurlitt, dont le père fût un marchand d’art sous le IIIe Reich, outre ces cinq pièces, des soupçons plus ou moins lourds pèsent sur quelque 150 oeuvres, tandis que l’origine d’environ 350 pièces reste à déterminer.

« Je peux comprendre l’impatience des héritiers » des personnes ayant été spoliées par les nazis, a expliqué la ministre de la Culture, Monika Gruetters, répondant aux critiques jugeant l’action de l’Allemagne dans ce dossier lente et opaque.

Elle a évoqué un « dilemme » entre « rigueur scientifique » et « l’intérêt des victimes », alors qu’une deuxième commission doit prendre le relais pour poursuivre le travail.

La ministre et la chef du comité d’experts internationaux Ingeborg Bergreen-Merkel ont souligné la difficulté de retracer l’origine des oeuvres fautes de documentation et d’archives suffisantes.

Le trésor de Cornelius Gurlitt –quelque 1 500 pièces au total– avait été découvert en 2012, stocké dans de mauvaises conditions, lors d’une descente de la douane dans son appartement de Munich (sud de l’Allemagne) puis dans un autre logement, à Salzbourg en Autriche.

Il s’agit notamment de tableaux et dessins d’artistes comme Matisse, Picasso, Renoir, Toulouse-Lautrec, Cézanne, Beckmann, Holbein, Delacroix ou Munch.

L’octogénaire semblait atteint de syllogomanie, trouble obsessionnel qui pousse à une accumulation compulsive d’objets divers.

Décédé en mai 2014, Cornelius Gurlitt a désigné le Musée d’arts de Berne comme l’héritier de sa collection. Les 500 pièces, dont l’origine était jugée litigieuse, ont été conservées en Allemagne en attendant que la lumière soit faite sur leur provenance et une éventuelle restitution.

Il a fallu attendre mars 2015 que pour la première fois une oeuvre, un Matisse, de la collection Gurlitt soit remise à son propriétaire légitime, la famille du collectionneur d’art juif français Paul Rosenberg, grand-père de la journaliste Anne Sinclair.

Un accord sur la restitution d’un Pissarro a pu être trouvé le mois suivant, tandis qu’en juin 2015 le tableau de Max Liebermann, « Deux cavaliers à la plage », a été vendu aux enchères pour 2,61 millions d’euros.

La collection, outre les oeuvres volées aux familles juives dépossédées de leurs biens par les nazis, compte aussi environ 480 oeuvres d' »art dégénéré » qui avaient été retirées des musées allemands par le régime d’Adolf Hitler.

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