Colloque perturbé sur la Shoah : la réponse de Varsovie à Paris…
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Colloque perturbé sur la Shoah : la réponse de Varsovie à Paris…

Le ministre polonais de la Science et de l'Enseignement supérieur a condamné tout "excès antisémite", tout en mettant en doute la réalité de tels incidents lors du colloque

Jarosław Gowin, ministre polonais de la Science et de l'Enseignement supérieur. (Crédit : Facebook)
Jarosław Gowin, ministre polonais de la Science et de l'Enseignement supérieur. (Crédit : Facebook)

Le ministre polonais de la Science et de l’Enseignement supérieur a condamné lundi, en réponse à des critiques françaises, tout « excès antisémite », tout en mettant en doute la réalité de tels incidents lors d’un colloque parisien sur l’histoire de la Shoah.

Jaroslaw Gowin a souligné que son gouvernement « ne tolérait pas l’antisémitisme » en réponse à une lettre de son homologue française Frédérique Vidal, qui s’est plainte de perturbations « aux relents antisémites » causées par un groupe de Polonais lors de ce colloque organisé par la prestigieuse Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) avec la participation d’historiens polonais.

« J’espère qu’à la lumière de mes paroles vous aurez compris que vos craintes que le gouvernement polonais pourrait limiter la liberté de la recherche scientifique ou tolérer des excès antisémites sont ô combien infondées et inutiles », écrit Jaroslaw Gowin dans sa lettre citée par l’agence PAP.

« Il m’est difficile de trancher avec assurance la question de savoir si des propos antisémites ont été prononcés lors de la conférence, poursuit le ministre polonais. Selon les témoignages recueillis, cela n’a pas eu lieu. Si, par contre, des paroles offensantes à l’égard des orateurs ont été prononcées dans les couloirs, un tel comportement est de façon évidente inacceptable ».

M. Gowin souligne que la liberté du discours académique ne doit pas être remise en question, suggérant toutefois que certains scientifiques polonais participant au colloque ont pris des positions politiques contre l’actuel gouvernement conservateur.

Vendredi, dans une lettre envoyée à M. Gowin, Mme Vidal avait indiqué qu’un colloque consacré à « la nouvelle école polonaise de l’histoire de la Shoah » avait été perturbé « de façon très organisée par des activistes de l’hebdomadaire Gazeta Polska » (ferme soutien du parti conservateur au pouvoir à Varsovie – NDLR) et avait demandé au gouvernement à Varsovie de s’en distancier.

L’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). (Crédit : Facebook)

Les travaux se sont déroulés les 21 et 22 février à l’EHESS, un établissement réputé spécialisé dans les sciences sociales.

« Cette série de graves perturbations a pu apparaître comme étant appuyées par des représentants de l’Etat polonais », a regretté la ministre, citant notamment des messages diffusés sur le compte Twitter de l’ambassade de Pologne.

Selon l’EHESS, lors des deux journées de conférence, une trentaine de personnes dans l’amphithéâtre « se sont fait l’écho de préjugés antisémites traditionnels », ont multiplié huées et cris, et distribué des tracts intitulés « les mensonges de Gross » (nom d’un historien participant au colloque).

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