Comment le virus entre-t-il dans l’organisme ? Pourquoi est-il si dangereux ?
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Comment le virus entre-t-il dans l’organisme ? Pourquoi est-il si dangereux ?

Dans les cas graves, l'infection virale se déplace des voies nasales et de la gorge vers les poumons, où elle peut provoquer une pneumonie et s'avérer mortelle

Le personnel médical quitte l'une des structures d'urgence mises en place pour faciliter les procédures à l'extérieur de l'hôpital de Brescia, en Italie du Nord, le 10 mars 2020. (Claudio Furlan/LaPresse via AP)
Le personnel médical quitte l'une des structures d'urgence mises en place pour faciliter les procédures à l'extérieur de l'hôpital de Brescia, en Italie du Nord, le 10 mars 2020. (Claudio Furlan/LaPresse via AP)

La pandémie de coronavirus est apparue en Chine à la fin de 2019 sous la forme d’un groupe de cas mystérieux de pneumonie.

Le coupable s’est avéré être un nouveau type de virus, désormais appelé coronavirus 2 du syndrome respiratoire sévère, ou SARS-Cov-2.

Le virus, et la maladie qu’il provoque – COVID-19 – sont mortels pour un petit pourcentage des personnes touchées. La plupart des dangers sont liés à la pneumonie, ou à une inflammation des poumons causée par l’infection, bien qu’il y ait encore beaucoup d’incertitudes sur la façon dont l’infection virale se propage et progresse dans l’organisme.

Les premiers symptômes sont généralement une toux, de la fièvre et un essoufflement, et ressemblent beaucoup à la grippe ou au rhume. Les symptômes apparaissent 2 à 14 jours après l’exposition, selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies – CDC.

Le virus se propage par des gouttelettes dans l’air, diffusées par la toux ou les éternuements, et pénètre dans l’organisme par la bouche, les yeux ou le nez. Il peut rester viable sur des surfaces pendant des heures, voire des jours, et peut pénétrer directement dans les poumons lorsqu’il est inhalé.

Après avoir pénétré dans l’organisme, le virus se propage à l’arrière des voies nasales et aux muqueuses de la gorge, en s’accrochant aux récepteurs cellulaires de l’organisme.

Les particules virales s’accrochent aux parois extérieures des cellules de l’hôte, le matériel génétique du virus brise la membrane cellulaire, puis il détourne la cellule pour en faire d’autres copies du virus. Les copies du virus prolifèrent, sortent de la cellule et infectent d’autres cellules de l’organisme. Une seule cellule peut produire des millions de copies du virus avant de mourir.

Dans les poumons

Le virus se déplace ensuite de l’arrière de la gorge vers les poumons en passant par les bronches, selon un rapport du New York Times basé sur des entretiens avec les principaux experts en maladies infectieuses.

L’infection peut alors atteindre les poumons, provoquant une inflammation de leurs muqueuses et endommageant leurs sacs. L’inflammation entrave la capacité des poumons à oxygéner le sang et à éliminer le dioxyde de carbone de la circulation sanguine.

Des employés portant des masques de protection désinfectent par précaution contre le nouveau coronavirus dans une station du métro de Séoul, en Corée du Sud, le vendredi 13 mars 2020. (AP Photo/Lee Jin-man)

L’inflammation des poumons, et leur efficacité réduite, peuvent les amener à se remplir de liquides, de pus et de cellules mortes, et provoquer une infection, conduisant à une pneumonie.

Certaines personnes infectées ont des difficultés à respirer et ont besoin d’un respirateur, et pour d’autres, les poumons sont tellement inondés de liquides que même avec une intervention, elles meurent.

Les personnes souffrant de pneumonie sont également exposées à un risque accru d’infections virales et bactériennes secondaires.

La pneumonie causée par le coronavirus semble être plus grave que la plupart des cas de la maladie, et affecte une plus grande partie des poumons, ont déclaré les experts au journal The Guardian. La pneumonie est généralement causée par une infection bactérienne, qui peut être traitée avec des antibiotiques.

L’infection au COVID-19 semble commencer sur les parties extérieures du poumon avant d’infiltrer les zones plus centrales de l’organe – notamment les voies respiratoires supérieures et la trachée.

Le virus peut également entrer dans le sang et infecter le système gastro-intestinal, entraînant des symptômes comme des diarrhées et des indigestions. Le virus peut aussi directement endommager des organes – le cœur, les reins et le foie, entre autres – et entraîner des inflammations de la moelle épinière. Les petits vaisseaux sanguins peuvent être vulnérables à des réactions inflammatoires.

Le CDC explique que le virus a été détecté dans des échantillons de sang et dans les selles, mais sa propagation par le biais des fluides corporels reste encore indéterminée.

Il y a au moins six autres types de coronavirus susceptibles de contaminer les êtres humains. Certains entraînent de simples rhumes tandis que d’autres ont causé des épidémies, comme le SARS et le MERS. La souche SARS-Cov-2 serait apparue, à l’origine, chez la chauve-souris.

Le personnel hospitalier portant des masques et des équipements de protection soigne les patients allongés dans une structure d’urgence temporaire en dehors du service des accidents et des urgences, où les nouveaux arrivants présentant des symptômes suspects de coronavirus sont testés, à l’hôpital de Brescia, en Lombardie, le 13 mars 2020. (Miguel MEDINA / AFP)

Les experts de la santé recommandent de se laver régulièrement les mains pour limiter l’exposition au COVID-19. Le savon détruit le virus de manière efficace sur la peau parce qu’il dissout la double couche lipidique de ce dernier – sa membrane externe qui est constituée de graisse – entraînant la séparation des particules virales. Le gel anti-bactérien pour les mains et les produits à base d’alcool sont moins probants que le savon dans le combat contre le virus.

Qui est le plus en péril ?

Au moment de l’écriture de cet article, plus de 427 940 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 181 pays et territoires. Le nouveau coronavirus a fait au moins 19 246 morts dans le monde depuis son apparition en décembre.

Les personnes âgés ou avec des antécédents sont les plus vulnérables. Le système immunitaire a tendance à s’affaiblir avec l’âge, même chez des personnes en bonne santé et actives.

Dans le cas du coronavirus, les risques commencent à augmenter pour les personnes de plus de 60 ans et ils se renforcent chez les octogénaires et plus. Les fumeurs de longue durée risquent également de développer une infection plus grave en raison de leurs poumons déjà endommagés.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, les personnes présentant des symptômes modérés guérissent en l’espace de deux semaines, tandis qu’il faut deux à trois semaines de rétablissement pour celles présentant une atteinte plus sévère de la maladie.

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