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Conférence générale de l’Unesco: une réélection, un anniversaire et des projets

Les États-Unis et Israël, partis en accusant l'Unesco de parti-pris anti-israélien, considéreraient leur retour. "Il y a des signes positifs", indique-t-on de source proche

Capture d'écran d'Audrey Azoulay, candidate à la direction générale de l’Unesco, ancienne ministre de la Culture et de la Communication lors d'une interview accordée à RFI pour évoquer sa candidature à l'UNESCO, le 5 octobre 2017 (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Capture d'écran d'Audrey Azoulay, candidate à la direction générale de l’Unesco, ancienne ministre de la Culture et de la Communication lors d'une interview accordée à RFI pour évoquer sa candidature à l'UNESCO, le 5 octobre 2017 (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Une réélection assurée pour sa directrice générale, un budget en hausse, l’espoir d’un retour des États-Unis : sous ces auspices s’ouvre mardi à Paris la Conférence générale de l’Unesco qui marquera les 75 ans de l’organisation.

Élue il y a quatre ans à la tête de l’Unesco, au terme d’une élection serrée et riche en rebondissements, la Française Audrey Azoulay, seule en lice, doit être reconduite dans ses fonctions sans coup férir.

Elle a déjà reçu le soutien massif du conseil exécutif de l’Unesco, réunissant 58 des 193 Etats membres, dans lequel elle a vu une manifestation de « confiance » et une « unité » retrouvée au sein de l’agence de l’ONU pour l’éducation, la science et la culture.

Un satisfecit pour Mme Azoulay qui, en 2017, avait érigé en priorité l’apaisement des tensions et divisions minant alors l’organisation, pour la recentrer sur ses missions.

Sous sa houlette, les questions ultra-sensibles du Proche-Orient, comme le patrimoine de Jérusalem, ont ainsi fait l’objet de négociations en amont pour éviter les écueils, quitte à les ajourner.

Au point que les États-Unis et Israël, partis en accusant l’Unesco de parti-pris anti-israélien, considéreraient leur retour. « Il y a des signes positifs », indique-t-on de source proche.

Pour certains, la réintégration des États-Unis ferait contrepoids à l’implication grandissante de la Chine, devenue la première contributrice au budget ordinaire de l’Unesco (hors projets spécifiques).

Elle verse 15,5 % de ce budget représentant 535 millions de dollars sur 2020-2021, en hausse de 3 % sur le mandat d’Audrey Azoulay, après 15 ans de stagnation ou de baisse, selon le secrétariat de l’Unesco.

Au-delà des quote-parts obligatoires, les contributions volontaires ont également bondi, à quelque 890 millions de dollars, en hausse de 50 % par rapport au mandat précédent (2013-2017), pour des projets spécifiques comme la reconstruction de Mossoul (près de 100M USD).

Batailles feutrées

Pékin a « comblé le vide laissé par l’absence des États-Unis », soulignait en janvier dans Foreign Policy la chercheuse américaine Kristen Cordell, conseillère auprès de l’Agence américaine du développement USAID.

Évoquant notamment des partenariats entre l’Unesco et le géant technologique chinois Huawei, elle pointait aussi la proposition chinoise d’accueillir à Shanghai le Bureau international d’éducation.

Aujourd’hui à Genève, cet institut spécialisé de l’Unesco, à la charge financière du pays hôte, aide à élaborer des contenus et méthodes éducatives, une tâche que certains verraient mal être menée à partir d’un pays sous la férule du parti communiste et de sa censure.

Le quotidien français Le Monde rapportait récemment que « les Européens livr(aient) un duel tout en douceur avec la Chine » à ce sujet.

Mais à côté de ces enjeux feutrés, des avancées ont été enregistrées sur d’autres fronts : encouragées par l’Unesco, les deux Corée se sont ainsi rapprochées pour co-porter le Ssirum, la lutte coréenne, au patrimoine immatériel de l’humanité. L’ambition de Mme Azoulay : créer une zone de biosphère dans la DMZ, la zone démilitarisée sur la frontière intercoréenne, livrée à la nature depuis des décennies.

Une façon pour l’Unesco d’oeuvrer à la réconciliation, fidèle aux objectifs d’une institution née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour promouvoir la paix par le respect de la diversité culturelle et la coopération internationale dans les domaines de l’éducation, de la culture, des sciences.

« C’est dans l’esprit des hommes et des femmes que doivent être élevées les défenses de la paix », proclame le préambule de 1945, avant la naissance formelle de l’Unesco en novembre 1946. 75 ans qui seront célébrés le 12 novembre, pendant cette conférence où sont attendus plus de 20 chefs d’État et de gouvernement et une cinquantaine de ministres.

L’éducation, notamment des filles, reste au coeur de ses actions. Lors de la fermeture planétaire des écoles due au Covid 19, l’institution s’est investie dans le développement de plateformes pour l’enseignement à distance ou la formation digitale des professeurs.

Mais ces dernières années, l’Unesco s’est aussi tournée vers les sujets d’avenir, les mutations technologiques. Des recommandations doivent être soumises à la conférence générale (9-24 novembre) sur l’éthique de l’intelligence artificielle ou l’ouverture de la recherche scientifique.

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