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Conflit Israël/Hamas : les fake news explosent

Les événements d'ampleur déclenchent toujours un tsunami de désinformation mais la vitesse de propagation des fausses nouvelles en ligne suite à l'attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien contre Israël est sans précédent

Le nouveau logo de Twitter, rebaptisé X, photographié le 24 juillet 2023. (Crédit : Alain Jocard / AFP)
Le nouveau logo de Twitter, rebaptisé X, photographié le 24 juillet 2023. (Crédit : Alain Jocard / AFP)

Face aux faux comptes prêtés à des journalistes et aux images extraites de jeux vidéos violents, les géants de la tech peinent à contenir le déluge d’informations erronées sur le conflit entre Israël et le Hamas, phénomène aggravé par les manquements des procédures de modération sur certaines plateformes.

Les événements d’ampleur déclenchent toujours un tsunami de désinformation mais la vitesse de propagation des fausses nouvelles en ligne consécutives à l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien contre Israël est sans précédent.

D’après les spécialistes, le conflit illustre l’incapacité croissante de géants comme Meta, propriétaire de Facebook et X, anciennement Twitter, à combattre les fausses informations du fait de licenciements et de politiques de réduction des coûts qui ont vidé de leurs forces vives les équipes chargées de les débusquer.

Sur la plateforme X, le problème est aggravé par les mesures contestées d’Elon Musk, comme le rétablissement de comptes propageant des théories conspirationnistes et un programme de partage des recettes publicitaires avec les créateurs de contenus dont les experts estiment qu’il vise à doper le nombre de clics plutôt que la véracité.

Le phénomène augmente aux yeux des spécialistes le risque que la mésinformation se traduise dans la vraie vie, en amplifiant la haine et la violence, en particulier dans le contexte de la crise qui évolue très vite en Israël et à Gaza.

« Les réseaux sociaux ont du mal à suivre le flot constant de mésinformation et d’incitations à la violence », dit à l’AFP Andy Carvin, du laboratoire américain d’analyse numérique de l’Atlantic Council (DFRLab).

« Escrocs »

« C’est une tendance qui se manifeste depuis un bon moment et ne fait qu’empirer avec les licenciements qui ont grevé les équipes chargées de la sécurité, nuisant à leur capacité à contenir le chaos ».

Chez X « les changements ont fait voler en éclats ce qui était l’une de ses plus grandes forces, surveiller l’actualité chaude et aider les usagers à départager le vrai du faux ».

Les utilisateurs de réseaux sociaux sont bombardés de fausses images de combats, de vidéos anciennes tournées en Syrie retouchées pour faire croire qu’elles montrent Gaza, des images de jeux vidéos présentées comme une attaque du Hamas, soulignent les spécialistes.

Une équipe de fact-checkeurs de l’AFP a démontré qu’une image circulant en ligne et prétendant montrer des soldats israéliens capturés par le Hamas a en réalité été prise en 2022 durant un exercice militaire à Gaza.

« La quantité même de vidéos et d’images trafiquées, fausses et anciennes en circulation fait qu’il est difficile de comprendre la situation », juge Alessandro Accorsi, analyste du cabinet d’études Crisis Group, se disant « très inquiet » qu’elles ne débouchent sur de vraies violences.

« Dans les crises comme les atrocités terroristes, les guerres et les catastrophes naturelles, les gens ont tendance à se rendre sur les réseaux sociaux pour obtenir de l’information rapidement », explique à l’AFP Imran Ahmed, du Centre de lutte contre la haine numérique.

« Mais le flot d’escrocs qui sèment le mensonge et la haine pour séduire des adeptes, combiné aux algorithmes qui favorisent ces contenus extrêmes et dérangeants, font que les réseaux sociaux ne sont en fait pas le bon endroit pour accéder à des informations fiables ».

« Complètement cassé »

Pire, les plateformes semblent avoir abandonné tout effort pour remédier à la situation.

Le trafic des réseaux sociaux vers les principaux sites d’information à partir de plateformes telles que Facebook et X s’est effondré au cours de l’année écoulée, selon les données du cabinet d’études Similarweb citées par les médias américains.

Depuis la semaine dernière, les liens et articles de presse partagés sur X n’apparaissent plus que sous la forme d’une image, sans titre ni description, ce qui risque de réduire d’autant les incursions sur les sites d’information.

Elon Musk lui-même s’est attiré de nombreuses critiques pour avoir incité ses quelque 160 millions de followers sur X à suivre deux « bons » comptes pour obtenir des informations sur la guerre. Les deux comptes en question sont connus pour répandre la désinformation.

Le milliardaire a ensuite effacé son post mais il avait été vu des millions de fois. X n’a pas répondu aux questions de l’AFP.

« Même si d’innombrables journalistes et chercheurs talentueux continuent de se servir de X pour aider le public à mieux comprendre ce qu’il se passe, le ratio info véritable/bruit est intolérable », dit Andy Carvin de DFRLab.

« Son utilité comme outil fiable de recherche et de reportage est complètement cassée et pourrait ne pas s’en remettre ».

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