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Conflit ukrainien : les bureaux de l’organisation Hillel détruits à Kharkiv

Ces bureaux se trouvaient dans l'emblématique bâtiment de la place de la Constitution frappée par les troupes russes ; les Juifs de la ville tentent de se mettre en sécurité

Un immeuble détruit après des frappes russes après les bombardements qui ont visé la place de la Constitution à Kharkiv, la seconde ville d'Ukraine, le 2 mars 2022. (Crédit :  Sergey BOBOK / AFP)
Un immeuble détruit après des frappes russes après les bombardements qui ont visé la place de la Constitution à Kharkiv, la seconde ville d'Ukraine, le 2 mars 2022. (Crédit : Sergey BOBOK / AFP)

JTA — Avant l’invasion par les troupes russes de l’Ukraine, la branche de l’organisation Hillel à Kharkiv se préparait à célébrer son 25e anniversaire le printemps prochain. En fait, il y a tout juste une semaine, le groupe, qui travaille avec les étudiants et les jeunes adultes juifs, faisait la publicité d’un match organisé samedi soir prochain.

Aujourd’hui, ses bureaux ont été détruits et Hillel International, ce réseau d’organisations qui travaille avec les étudiants juifs des universités, tente de déterminer comment aider au mieux ses plus de 600 étudiants et employés à Kharkiv à se mettre en sécurité dans le pays ravagé par la guerre.

Mercredi, le bâtiment historique du centre de Kharkiv qui accueillait les bureaux de Hillel – situé au numéro 1, place de la Constitution – a été bombardé et détruit par les soldats russes qui attaquent actuellement avec férocité la deuxième plus grande ville d’Ukraine. Kharkiv n’est qu’à quelques kilomètres de la frontière avec la Russie.

Cette frappe est la dernière preuve que les sites Juifs ne seront pas épargnés alors que la Russie étend ses agressions contre des sites civils dans toute l’Ukraine.

Il n’y a pas eu de blessés dans le bombardement du côté de Hillel, a confirmé le directeur-général de Hillel International Adam Lehman à JTA. Il a indiqué qu’il avait des photographies témoignant de la destruction de l’immeuble et qu’il ne pouvait pas révéler en détail comment Hillel, l’Agence juive et les autres groupes œuvraient à placer en sécurité les étudiants et les personnels de l’organisation.

Mais Hillel a lancé une collecte pour aider ses employés et d’autres réfugiés juifs qui se trouvent actuellement dans des pays comme l’Allemagne et à la Pologne à pouvoir se ravitailler. Et le groupe fait également en sorte de transformer les locaux de Hillel, dans toute la région, en logements temporaires pour les étudiants et les autres Juifs déplacés par le conflit, mettant à disposition toilettes, salles d’eau, couvertures, matelas et oreillers.

Lehman a ajouté que si le groupe était en permanence en contact avec ses cinq bureaux ukrainiens depuis le début du conflit, la situation se détériorait rapidement à Kharkiv. Selon un gouverneur régional ukrainien, plus de 20 résidents de la ville sont morts et plus de cent personnes ont été blessées dans les attaques de mercredi – les plus fortes depuis que les forces russes tentent de prendre la ville.

« Je m’attends à ce que les employés de Hillel et leurs familles puissent se mettre en sécurité dans d’autres pays. Notamment dans des pays comme la Pologne, l’Allemagne, Israël et les États-Unis », a indiqué Lehman.

Yulia Pototskaya, directrice de Hillel à Kharkiv — que Lehman qualifie de « femme très courageuse » – a confié à Haaretz qu’elle ne quitterait pas la ville et que certains de ses étudiants avaient pris les armes contre l’armée russe.

« Nous avons des volontaires de Hillel, des jeunes qui ont fait l’armée et nous espérons que l’Ukraine sera sauvée parce que l’Ukraine est un pays véritablement merveilleux », a-t-elle commenté.

Lehman a ajouté que tous les étudiants de Hillel ne voulaient pas être évacués du territoire ukrainien.

Une école détruite pendant les combats entre les forces ukrainiennes et russes à Kharkiv, le 28 février 2022. (Crédit : Sergey Bobok/AFP)

« Ce sont des gens qui, dans de nombreux cas, se sentent incroyablement attachés à l’Ukraine – c’est leur foyer et leur pays », a-t-il dit. « Ils ont des familles, les membres de leurs familles entretiennent des liens forts – ce n’est pas si simple ».

Il y a cinq bureaux de Hillel dans tout le pays – à Kiev, à Lviv, à Dniepr et à Odessa, et plusieurs autres dans toute l’ex-Union soviétique. Plus de 15 000 étudiants sont affiliés à 24 branches de Hillel dans toute la région et dans des pays comme la Pologne, l’Allemagne, la Moldavie et la Géorgie.

Contrairement aux États-Unis où les branches sont rattachées à des universités spécifiques, l’organisation Hillel, dans le reste du monde, opère plutôt sous la forme de centres communautaires ouverts aux étudiants et aux jeunes adultes Juifs.

Les Juifs du monde entier ayant fréquenté le centre Hillel à Kharkiv ont déploré la destruction des bureaux de l’organisation, mercredi.

« C’est tragique, et nous allons faire tout ce que nous pouvons non seulement pour nous occuper des employés mais, comme l’a dit l’un de nos plus hauts-responsables avec lequel j’ai discuté aujourd’hui, pour pouvoir reconstruire et maintenir la force de notre communauté juive dans une Ukraine libre et démocratique à l’avenir », a dit Lehman.

Le rabbin ‘Habad de la ville a également annoncé qu’il quittait Kharkiv pour Israël après une frappe russe qui a détruit le bloc d’immeubles adjacent à son logement.

« Nous continuerons à soutenir et à reconstruire à distance la communauté juive de Kharkiv par tous les moyens possibles », a écrit Mendel Moskowitz sur Facebook.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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