Rechercher

Confronter Weinstein aux rumeurs aurait été trop « difficile », dit Tarantino

Le réalisateur d'Hollywood, qui croyait plus à une "chasse aux sorcières", n'a pas parlé au délinquant sexuel maintenant condamné ; selon lui, son comportement était "pathétique"

Le producteur Harvey Weinstein, à gauche, et le réalisateur Quentin Tarantino, lorsque "Inglourious Basterds" a remporté le prix de la meilleure distribution d'un film lors de la 16e cérémonie annuelle des Screen Actors Guild Awards, à Los Angeles, le 23 janvier 2010. (Crédit : AP Photo/Mark J. Terrill)
Le producteur Harvey Weinstein, à gauche, et le réalisateur Quentin Tarantino, lorsque "Inglourious Basterds" a remporté le prix de la meilleure distribution d'un film lors de la 16e cérémonie annuelle des Screen Actors Guild Awards, à Los Angeles, le 23 janvier 2010. (Crédit : AP Photo/Mark J. Terrill)

Le réalisateur Quentin Tarantino a déclaré qu’il aurait dû parler à Harvey Weinstein lorsqu’il a entendu des rumeurs d’inconduite sexuelle, mais qu’il ne l’avait pas fait parce que cela aurait été une « conversation vraiment difficile ».

« D’une certaine manière, c’était plus facile de compartimenter la situation. Je me sens mal maintenant », a-t-il déclaré à CNN dans une interview diffusée samedi.

Tarantino a travaillé avec Weinstein sur certains de ses plus grands films, comme « Pulp Fiction » – film qui a propulsé le réalisateur au rang de star.

Tarantino a été interrogé par CNN sur le fait qu’il avait réalisé la plupart de ses films en collaboration avec Weinstein et qu’il avait entendu des histoires à son sujet au fil des ans.

« Je n’ai jamais entendu les histoires qui ont été révélées. J’ai entendu les mêmes histoires que tout le monde avait entendu », a déclaré Tarantino.

« Pour vous dire la vérité, je l’ai attribué à une version de l’époque de ‘Mad Men’ où le patron poursuit la secrétaire autour de son bureau », a ajouté Tarantino, en référence à la série télévisée qui se déroule dans le monde sexiste de la publicité, à New York, dans les années 1960.

Le réalisateur Quentin Tarantino sur le tapis rouge de la cérémonie de remise d’un prix pour l’ensemble de sa carrière lors de la 16e édition du Festival du film de Rome, à Rome, le 19 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Gregorio Borgia)

« Je ne dis pas que c’est bien. Mais, il n’a jamais été question de viol ou de quoi que ce soit de ce genre », a-t-il déclaré.

Tarantino a déclaré qu’il n’en avait pas parlé à Weinstein parce que ça aurait été « une conversation vraiment difficile à avoir ».

« Parce que je sentais que c’était pathétique. Je trouvais que ce qu’il faisait était pathétique. Et je ne voulais pas me confronter à son côté pathétique », a-t-il dit.

« Je me sens mal de ne pas avoir eu une discussion d’homme à homme avec lui à ce sujet », a ajouté Tarantino.

Ce n’est pas la première fois que Tarantino s’exprime sur le sujet. En 2017, il a dit qu’il regrettait de ne pas s’être exprimé plus tôt au sujet de Weinstein.

Cependant, ses derniers commentaires peuvent être perçus comme étant en contradiction avec l’interview du New York Times, dans laquelle il avait déclaré à propos de Weinstein que « cela dépassait les simples rumeurs, les ragots d’usage ».

L’ancien producteur de cinéma américain, Harvey Weinstein, au tribunal du centre de justice pénale Clara Shortridge Foltz à Los Angeles, en Californie, le 4 octobre 2022. (Crédit : Etienne Laurent/Pool/AFP)

Tarantino – qui vit à temps partiel en Israël et qui est marié à la chanteuse israélienne Daniella Pick, avec laquelle il a eu deux enfants – a réalisé neuf longs métrages au cours des 30 dernières années, remportant un Oscar pour « Pulp Fiction » en 1994 et a été acclamé pour d’autres films tels que « Inglourious Basterds », « Reservoir Dogs » et « Kill Bill ».

Weinstein purge actuellement une peine de 23 ans de prison à New York après avoir été reconnu coupable d’une série de crimes sexuels.

Il doit maintenant répondre de sept autres chefs d’accusation en Californie, notamment pour coups et blessures sexuels par contrainte, viols et fellations forcées dans des hôtels de Beverly Hills et de Los Angeles, entre 2004 et 2013.

S’il est reconnu coupable, Weinstein – qui a plaidé non-coupable pour tous les chefs d’accusation – pourrait être condamné à plus de 100 années supplémentaires derrière les barreaux, le cumul des peines étant appliqué aux États-Unis.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...