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Contre la violence envers les médecins, deux jours de grève dans les hôpitaux

L'appel à grève a été lancé après l'agression d'un médecin par un patient armé d'un pied-de-biche. Le syndicat entend « continuer jusqu’à ce que quelqu’un fasse quelque chose »

Illustration : Les infirmières font grève à l'hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem pour protester contre la violence à l'encontre du personnel médical, le 4 juillet 2018 (Crédit: Hôpital Hadassah Ein Karem).
Illustration : Les infirmières font grève à l'hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem pour protester contre la violence à l'encontre du personnel médical, le 4 juillet 2018 (Crédit: Hôpital Hadassah Ein Karem).

Le personnel des hôpitaux et cliniques fera grève durant deux jours pour protester contre la violence envers les médecins, a annoncé mardi le syndicat des médecins, après l’agression d’une médecin par un patient armé d’un pied-de-biche, dans une clinique du centre d’Israël.

La grève fait suite à l’arrestation par la police d’un homme qui aurait attaqué et blessé une médecin à Beer Yaakov, dernier incident en date d’une longue série d’actes de violence commis dans les hôpitaux et cliniques ces derniers mois.

Le syndicat a précisé qu’hôpitaux et cliniques assureraient des horaires aménagés, sur la base des gardes de week-end, ce jeudi et vendredi.

Le syndicat des infirmières n’a pas encore indiqué s’il se joindrait au mouvement.

« Nous avons clairement annoncé qu’aucun acte de violence ne serait toléré », a déclaré le président de l’Association médicale israélienne, le professeur Zion Hagay.

« La dernière grève en date a permis le déploiement, sur décision du gouvernement, de policiers aux urgences, mais nous devons examiner les choses sur la base de ce qui est mis en œuvre sur le terrain. Tant qu’il n’y aura pas de mesures concrètes et de court-terme, nous poursuivrons notre action… et ce jusqu’à ce que quelqu’un se réveille et comprenne que la violence au sein du système de santé est une véritable épidémie », a-t-il dénoncé.

Les agressions contre les personnels et installations médicales ont été particulièrement nombreuses en Israël.

La grève annoncée est le deuxième mouvement initié par le syndicat au cours du dernier mois.

La grève de mai avait débuté suite à l’agression de membres du personnel d’un hôpital de Jérusalem par la famille d’un patient décédé. La famille avait également vandalisé l’unité de soins intensifs, à l’annonce du décès de leur proche.

Selon la police, le suspect de l’agression de mardi, un habitant de Beer Yaakov âgé de 30 ans, s’était rendu à la clinique pour y recevoir un traitement médical. À la clinique, il aurait commencé à se comporter de manière violente. Il aurait refusé de partir lorsque le médecin lui a demandé de le faire, la frappant à la tête à l’aide d’un pied-de-biche. La victime, modérément blessée, a été conduite dans un hôpital voisin pour y être soignée.

Rapidement appréhendé par la police, l’homme a subi un interrogatoire et sera traduit devant un tribunal mercredi en vue d’une prolongation de sa garde à vue.

Suite à l’attaque de Beer Yaakov, le ministère de la Santé a publié un tweet dans lequel il s’engage à mettre fin à ces insupportables violences.

« La photo du médecin attaqué à Beer Yaakov est difficile. Pourtant, nous devons la regarder et la diffuser, parce que c’est la conséquence directe du discours violent et provocateur envers les médecins, en vogue depuis plus de deux ans et demi », explique le tweet.

« Nous nous battrons pour nos médecins. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que cela cesse, car cela ne peut plus durer », a-t-il ajouté.

La publication comprenait également une déclaration du directeur général du ministère de la Santé, le professeur Nachman Ash, qui a appelé à une mobilisation du système judiciaire. « Cela ne peut pas durer, la violence contre le personnel médical est un fléau que l’Etat ne doit pas accepter », a-t-il déclaré. « Nous ferons tout notre possible pour protéger le personnel médical, nous ne pouvons pas permettre qu’ils soient humiliés et agressés physiquement. J’appelle le bureau du procureur de l’État et le pouvoir judiciaire à faire usage de la loi dans toute sa sévérité. »

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