Corbyn prône désormais l’expulsion rapide des antisémites du Labour
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Corbyn prône désormais l’expulsion rapide des antisémites du Labour

Le soutien au chef de l'opposition britannique a chuté suite au problème d'antisémitisme. Une motion de censure à son encontre a été rejetée, au moins dans un premier temps

Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn quitte sa maison dans le nord de Londres, le 12 juin 2019. (Isabel Infantes/AFP)
Le chef du Parti travailliste britannique Jeremy Corbyn quitte sa maison dans le nord de Londres, le 12 juin 2019. (Isabel Infantes/AFP)

Le leader controversé du parti d’opposition britannique du Labour a proposé des changements pour accélérer l’expulsion des antisémites du parti dans un contexte de frustration croissante parmi les membres et les députés de la formation sur le problème de la haine anti-juive.

Quelques heures après que les membres Travaillistes de la chambre des Lords ont décidé de rejeter une motion de censure à l’encontre du dirigeant du Labour, Corbyn a déclaré lors d’une rencontre du cabinet-fantôme qu’il formerait un nouveau groupe de responsables du parti qui auraient le pouvoir d’expulser immédiatement les personnes affichant ou exprimant des points de vue antisémites.

Selon les médias britanniques, il a dit aux ministres de son cabinet qu’il souhaitait « affronter ce poison » de la haine anti-juive au sein de la formation et « l’en expurger ».

Sa proposition n’a pas inclus de supervision indépendante dans les processus d’expulsion des membres antisémites du Labour, ce qui avait été réclamé par certains députés.

Pour sa part, le cabinet fantôme, formé des hauts-responsables de la formation, s’est prononcé en faveur de la proposition soumise par Corbyn et il a également fait savoir qu’il soutenait « la proposition d’introduire une supervision indépendante de nos processus d’expulsion », selon le Guardian qui a cité un communiqué conjoint émis par ses membres.

Des membres de la communauté juive manifestent contre le chef du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, et contre l’antisémitisme au sein de son parti, devant les chambres du Parlement britannique dans le centre de Londres, le 26 mars 2018. (Crédit : AFP / Tolga Akmen)

Une source au sein du Labour a indiqué au Guardian qu’un tel mode de supervision était encore « discuté et à l’étude ».

L’accélération du processus d’expulsion des membres antisémites du parti a été une demande déterminante de la communauté juive et de nombreux adhérents de la formation.

Citant les propres chiffres du parti, le Mirror a annoncé lundi que les Travaillistes avaient reçu 625 plaintes liées à l’antisémitisme de membres de la formation au cours des six premiers mois de 2019 mais que seulement huit personnes avaient été renvoyées pendant cette période.

En annonçant cette procédure plus rapide de mise à l’écart, Corbyn a évité une motion de censure problématique au sein du groupe des pairs du Labour – les membres de la formation qui siègent à la chambre des Lords.

Une réunion extraordinaire des représentants du groupe des pairs a rejeté, lundi, une motion de censure à l’encontre de Corbyn, avertissant qu’ils pourraient néanmoins se résoudre à l’adopter ultérieurement.

La Première ministre britannique Theresa May, à droite, l’ancien Premier ministre Tony Blair, au centre droit, le chef du parti Travailliste Jeremy Corbyn, au centre, l’ancien Premier ministre Gordon Brown, tout à gauche, participent à la cérémonie du Dimanche de la mémoire au Cénotaphe à Londres, le dimanche 11 novembre 2018. (AP Photo/Alastair Grant)

Cette mise en garde a eu lieu après que la ministre du Brexit au sein du cabinet fantôme et membre du groupe des pairs, la baronne Hayter, a été limogée pour avoir semblé comparer Corbyn à Hitler, lorsqu’elle a déclaré que les hauts-responsables Travaillistes proches de lui avaient une mentalité « de bunker » pas très différente de celle des autorités nazies vers la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les propos de Hayter faisaient référence au silence des hauts-responsables du parti face à la fureur croissante née de la gestion des plaintes soumises pour antisémitisme.

Une source « proche de Corbyn » a déclaré au journal Mirror qu’un vote de censure de la part des Lords de la formation serait à la fois ‘non-démocratique et absurde pour des pairs non-élus et qui ne disposent pas de mandat, visant à faire tomber un responsable élu qui, par deux fois, a glané le soutien sous forme de raz-de-marée des membres du Labour et qui a amené le Labour à connaître sa plus forte hausse dans les votes du parti depuis 1945″.

Corbyn fait face à une frustration croissante dans les rangs de sa formation sur ce que les critiques considèrent comme un échec systématique à déraciner l’antisémitisme ancré dans la formation.

Un nouveau sondage commandité par le Times of London a révélé lundi qu’environ 70 % des 1 100 membres du Labour interrogés reconnaissaient que l’antisémitisme était un « réel » problème au sein de la formation, 48 % estimant que Corbyn avait géré la question soit « assez mal », soit « très mal ».

En comparaison, 47 % des personnes interrogées ont déclaré qu’il avait géré la haine anti-juive soit « bien », soit « assez bien ».

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