Coronavirus: Washington déploie les grands moyens, des frontières se ferment
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Coronavirus: Washington déploie les grands moyens, des frontières se ferment

La pandémie a contaminé plus de 141 000 personnes dans plus de 124 pays et territoires ; Tourisme et sport à l'arrêt

Le président américain Donald Trump dévoile son plan de paix israélo-palestinien lors d'un événement en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le 28 janvier 2020. (AP/Alex Brandon)
Le président américain Donald Trump dévoile son plan de paix israélo-palestinien lors d'un événement en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, le 28 janvier 2020. (AP/Alex Brandon)

Les Etats-Unis ont approuvé samedi un plan de bataille contre le coronavirus, l’union sacrée ayant prévalu face à la pandémie qui conduit un nombre toujours plus grand de pays à fermer leurs frontières, la Russie s’y résignant à son tour.

A couteaux tirés en pleine campagne présidentielle, républicains et démocrates sont finalement parvenus à s’entendre, au lendemain de la décision du président Donald Trump de déclarer l’état d’urgence au niveau national.

Alors que cette mesure va permettre à l’Etat fédéral de débloquer jusqu’à 50 milliards de dollars, le paquet adopté samedi par la Chambre des représentants signe le retour en grâce de l’Etat-providence, dans un pays qui n’a pas de système de couverture universelle pour la santé et où les congés maladies payés ne sont accessibles qu’à une minorité.

Dépistage gratuit, accès plus aisé à l’assurance chômage et déblocage de fonds fédéraux pour financer le programme « Medicaid », couvrant la santé des Américains aux revenus les plus modestes… : les autorités sont passées à la vitesse supérieure alors que le pays dénombre plus de 2 000 cas et au moins 47 morts.

Un iPhone à côté du logo Apple (Crédit : AFP PHOTO / Philippe HUGUEN)

Comme un symbole, Apple a annoncé samedi la fermeture de tous ses magasins jusqu’au 27 mars… à l’exception de la Chine. Le fabriquant d’ordinateurs et smartphones a tiré les leçons de mesures de confinement prises en Chine, où il vient juste de rouvrir ses boutiques.

Point de départ de l’épidémie, la Chine (3 189 morts) semble l’avoir désormais surmontée, rapportant samedi onze nouvelles contaminations et treize décès supplémentaires en une journée.

Mais l’épidémie, qui a déjà fait plus de 5 300 morts dans le monde, progresse quasiment partout ailleurs. Son pic est « impossible » à prévoir, a averti l’OMS. La pandémie a contaminé plus de 141 000 personnes dans plus de 124 pays et territoires.

Et elle risque de provoquer une récession mondiale. Toutefois, au lendemain d’un krach historique des Bourses, la journée de vendredi a été marquée par un rebond des marchés grâce aux mesures de relance annoncées par les grandes économies mondiales, notamment la France et l’Allemagne.

Le monde se barricade

La liste des Etats fermant les frontières, restreignant l’accès des étrangers ou prenant des mesures de confinements, continuait à s’allonger samedi.

Dernier pays en date, la Russie a fermé aux étrangers sa frontière terrestre avec la Pologne et la Norvège, l’OMS ayant déclaré que l’Europe était le nouvel « épicentre » de la maladie.

La République tchèque a ordonné samedi la fermeture la plupart des magasins, restaurants et pubs. A Rio de Janeiro, les portes resteront closes pendant sept jours dans les écoles et pendant deux semaines dans les théâtres, stades et salles de concert.

L’Arabie saoudite suspendra quant à elle tous les vols internationaux dès dimanche pour deux semaines.

En Nouvelle-Zélande, l’hommage national aux victimes de l’attaque il y a un an des mosquées de Christchurch a été annulé.

Les Italiens au balcon

Le président français Emmanuel Macron a proposé vendredi à l’Union européenne la mise en place de contrôles renforcés aux frontières autour de l’espace Schengen – 26 pays européens membres ou non de l’UE – voire de les fermer dans des zones à risques.

L’Italie, qui a enregistré 250 décès en 24 heures – un triste record – pour un total de 1 266 morts, reste le pays le plus touché d’Europe. Mais les vidéos d’Italiens chantant malgré tout à leur fenêtre ou à leur balcon ont fait le tour du monde.

L’Espagne et le Portugal ont décrété l’état d’alerte, ce qui permet la mobilisation de moyens exceptionnels.

En France, les élections municipales de dimanche sont maintenues, avec des mesures de protection et d’hygiène exceptionnelles.

Le Premier ministre Justin Trudeau présente des excuses officielles au nom du pays pour avoir rejeté le MS St. Louis, un navire qui transportait 900 réfugiés juifs fuyant l’Allemagne nazie et qui était arrivé au Canada en 1939 à la chambre des Communes d’Ottawa, le 7 novembre 2018 (Capture d’écran : YouTube)

Au Canada, le Premier ministre Justin Trudeau s’adapte lui aussi à la situation : il s’est mis au télétravail tandis que son épouse, atteinte par le coronavirus, est en quarantaine.

Tourisme et sport à l’arrêt

Les secteurs du tourisme, du sport et de la culture continuent de pâtir de la pandémie : suspension des croisières vers l’étranger aux Etats-Unis, contrôles des paquebots au Canada, suppression de milliers d’emplois chez Air France-KLM et absence de dividendes pour 2019 chez Lufthansa.

Hauts-lieux du tourisme mondial, à Paris, le Musée du Louvre, la Tour Eiffel et le Château de Versailles sont fermés, tout comme les musées et sites archéologiques grecs.

Les championnats de football professionnel sont suspendus dans plusieurs pays européens. Le Tour d’Italie cycliste a été reporté, de même que le Marathon de Londres. Le Grand Prix d’Australie de Formule 1, prévu ce week-end à Melbourne, a été annulé, et le parcours de la flamme olympique en Grèce raccourci.

Paris's iconic Eiffel Tower. (photo credit: CC BY joelpk, Flickr)
La Tour Eiffel à Paris (Crédit : CC BY joelpk, Flickr)
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