Corruption : 7e interrogatoire pour le député Likud David Bitan
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Corruption : 7e interrogatoire pour le député Likud David Bitan

L'ancien président de la coalition, interrogé durant 4 heures au bureau d'une unité de lutte anti-fraude de la police, refuse toujours de coopérer avec les enquêteurs

Le député du Likud David Bitan assiste à une réunion du comité à la Knesset le 5 février 2018. (Miriam Alster/Flash90)
Le député du Likud David Bitan assiste à une réunion du comité à la Knesset le 5 février 2018. (Miriam Alster/Flash90)

L’ancien chef de la coalition, David Bitan, a été interrogé pour la septième fois dimanche au siège de la brigade anti-fraude nationale Lahav 433 de la police israélienne à Lod, dans le cadre d’une enquête sur une suspicion de corruption dans les municipalités de Rishon Lezion et Tel Aviv.

Le député du Likud, qui a démissionné de ses fonctions de chef de file de la coalition après que l’enquête a été rendue publique, mais qui est toujours membre de la Knesset, est soupçonné d’avoir reçu des centaines de milliers de shekels sous forme de pots-de-vin, à la fois en tant que maire-adjoint de la ville côtière de Rishon Lezion et en tant que député.

Il est resté silencieux lors des trois séries d’interrogatoires précédents et, dimanche, il a juré qu’il refuserait à nouveau de répondre aux questions.

Alors qu’il marchait vers sa voiture dimanche matin, la Dixième chaîne a demandé à Bitan s’il voulait garder le silence et lui a répondu « oui ». Lorsqu’on lui a demandé s’il coopérerait avec les enquêteurs, il a répondu « non », selon les images de la chaîne de télévision.

L’interrogatoire de Bitan a pris fin après environ quatre heures, au cours desquelles il a gardé le silence une fois de plus, ont rapporté les médias en hébreu. La raison de son silence, selon Hadashot, c’est que sa demande de se confronter aux deux principaux témoins qui l’accusent, Moshe Yosef et Dror Glazer, a été rejetée.

Les enquêteurs détiendraient des informations précises sur la manière dont les pots-de-vin et les transferts d’argent ont été effectués, après avoir reçu le témoignage du propriétaire du magasin de meubles Moshe Yosef, l’un des principaux suspects dans cette affaire, qui serait en pourparlers pour devenir témoin d’État. Bitan a été confronté au témoignage de Yosef lors de son dernier interrogatoire le 28 janvier.

La semaine dernière, la police a commencé à confronter Yosef, un proche associé de Bitan, avec d’autres suspects dans l’affaire, comme le maire-adjoint de Tel Aviv Arnon Giladi, qui a été arrêté plus tôt ce mois-ci dans l’affaire, surnommée par la police Affaire 1803.

Le quartier général de l’unité anti-corruption Lahav 433 de la police israélienne à Lod (Flash90)

Alors que le soupçon de départ était que Bitan avait reçu la plupart des pots-de-vin alors qu’il était maire-adjoint de la ville côtière de Rishon Lezion, le témoignage de Yosef a indiqué que les paiements se sont poursuivis après que Bitan est devenu un membre de la Knesset en 2015, a rapporté Haaretz le mois dernier.

Dans un développement majeur au cours du dernier mois, Yosef a fourni un témoignage détaillé, en disant aux enquêteurs que les pots-de-vin étaient fréquents, y compris au cours des cinq dernières années, a déclaré le rapport. Yosef a déclaré aux enquêteurs qu’il avait remis des centaines de milliers de shekels à Bitan lors de visites que le député du Likud avait faites au magasin de meubles Metzada de Yosef à Rishon Lezion.

L’argent changeait de mains dans un coin discret du magasin, hors de la vue des employés ou des clients. Quelque 5 000 à 10 000 shekels ont été échangés chaque fois, parfois plus. Les deux hommes se tenaient côte à côte et Yosef glissait subrepticement l’argent dans la poche du député, aurait dit le commerçant à la police.

L’argent, aurait dit Yosef, provenait de divers hommes d’affaires et entrepreneurs. Il a fourni aux enquêteurs une liste de 10 noms impliqués dans l’affaire et les témoignages devraient mener à d’autres arrestations, selon le rapport.

On pense que Yosef aurait été l’intermédiaire entre Bitan et les hommes d’affaires, en remettant de l’argent et en gardant un pourcentage pour lui, apparemment pour rembourser les prêts importants qu’il avait accordés à Bitan à une époque où Bitan était lourdement endetté. La police l’a qualifié de « banquier » de Bitan.

Le magasin Metzada à Rishon Lezion. (Crédit : capture d’écran Google Maps)

Yosef prétend qu’il ne savait pas toujours ce que Bitan offrait aux hommes d’affaires en échange de l’argent. Il a également expliqué qu’il avait suivi de près ce qui se passait et quelle était la dette de Bitan qui avait été remboursée. Lors de la descente de police dans le magasin de meubles Masada, ils ont trouvé ses notes comptables, a rapporté Haaretz.

Les renseignements de la police ont révélé que certaines des personnes impliquées dans l’affaire pourraient tenter de nuire à Yosef, et les policiers ont installé des caméras de surveillance autour de sa maison ainsi que des patrouilles dans le secteur.

Dror Glazer, promoteur immobilier, qui aurait déclaré aux enquêteurs qu’il avait remis à Bitan plus de 250 000 shekels, est un autre suspect important qui négocierait pour devenir témoin d’Etat. La police soupçonne Glazer d’agir au nom d’un tiers qui voulait faire avancer une transaction immobilière à Tel Aviv. D’après le rapport, la police a la preuve que Bitan a fourni un service en échange de l’argent.

Entre autres choses, Bitan serait soupçonné d’avoir accepté un pot-de-vin, en tant que chef de file de la coalition, en échange de l’avancement d’une loi à la Knesset qui aurait profité à Glazer.

Les enquêteurs soupçonnent Bitan d’avoir fait pression pour un amendement à la loi sur la planification et la construction il y a deux mois qui aurait bénéficié au promoteur immobilier, a rapporté la Dixième chaîne en décembre.

Selon le rapport, Glazer est soupçonné d’avoir transféré 150 000 shekels à Yosef pour que l’ancien président de la coalition tente de faire avancer la loi.

La police a plus d’un an d’enregistrements de conversations téléphoniques faites par Yosef, y compris des appels à Bitan, qui a refusé de commenter les communications téléphoniques, alléguant qu’elles auraient pu être obtenues illégalement. En tant que député, il est à l’abri des écoutes téléphoniques, ce qui n’est permis que dans des cas spéciaux qui ne s’appliquent pas à l’enquête sur Bitan.

L’enquête a permis l’arrestation d’un certain nombre de suspects, dont le maire de Rishon Lezion et d’autres responsables municipaux, des hommes d’affaires locaux et des personnalités du crime organisé.

Le Times of Israel a contribué à cet article.

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