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Coup d’arrêt à un accord pétrolier à Eilat ; des ONG crient victoire

Cette décision fait suite à l'avis du procureur général selon lequel le ministère de la Protection de l'environnement avait toute autorité pour agir contre l'accord

La ministre de la Protection de l'environnement, Tamar Zandberg, est entourée de quelques-uns des nombreux opposants à l'accord de la compagnie Europe Asia Pipeline pour le transfert du pétrole du Golfe, devant la Haute Cour à Jérusalem, le 23 décembre 2021. (Crédit : Dov Greenblat, Société pour la protection de la nature en Israël)
La ministre de la Protection de l'environnement, Tamar Zandberg, est entourée de quelques-uns des nombreux opposants à l'accord de la compagnie Europe Asia Pipeline pour le transfert du pétrole du Golfe, devant la Haute Cour à Jérusalem, le 23 décembre 2021. (Crédit : Dov Greenblat, Société pour la protection de la nature en Israël)

Des groupes de défense de l’environnement ont salué jeudi la décision du gouvernement israélien de ne pas augmenter le flux de pétrole brut passant par le port d’Eilat, au risque de compromettre un accord énergétique avec les Émirats arabes unis.

D’après l’accord, le pétrole du Golfe doit être acheminé par pétrolier jusqu’au port d’Eilat, sur la mer Rouge, puis être transporté par oléoduc à travers le territoire israélien jusqu’au port méditerranéen d’Ashkelon, avant d’être expédié en Europe.

Trois groupes de défense de l’environnement ont déposé en mai une pétition pour bloquer la mise en œuvre de l’accord, invoquant des risques pour les coraux de la mer Rouge le long des côtes d’Eilat et au motif qu’il n’a été ni discuté ni approuvé par le gouvernement, ni ouvert aux commentaires des experts et du public.

Lors d’une audience jeudi de la Cour suprême, le gouvernement a déclaré accepter les recommandations du ministère de la Protection de l’environnement de ne pas augmenter le flux de brut transitant par Eilat, condition préalable à la réalisation de l’accord, a constaté un journaliste de l’AFP.

Un pétrolier (encerclé en rouge) accoste au port de la société Europe Asia Pipeline, près de la réserve naturelle de récifs coralliens d’Eilat (premier plan), dans le sud d’Israël. (Crédit : Société pour la protection de la nature)

Satisfaites de cette décision, les trois organisations – Adam Teva V’Din, la Société pour la protection de la nature en Israël et Zalul – ont ensuite retiré leur pétition.

Elles invoquaient les risques de fuite ou de déversement, compte tenu des dizaines de millions de tonnes de pétrole brut qui devraient transiter par Israël chaque année.

« Nous nous félicitons de ce résultat significatif », ont déclaré les ONG dans un communiqué.

« Le résultat est clair, la politique de risque zéro dans le Golfe d’Eilat est soutenue par l’État. Nous arrêterons l’expansion des activités de l’EAPC. Israël ne peut pas être transformé en une plateforme de transit pétrolier dangereuse et polluante. Nous continuerons à protéger ce récif corallien unique », a déclaré de son côté la ministre de la Protection de l’environnement Tamar Zandberg dans un communiqué.

Des Israéliens sur une plage de la mer Morte, à proximité du Terminal pétrolier de l’EAPC (Eilat-Ashkelon Pipeline) dans la ville portuaire d’Eilat, dans le sud du pays, le 10 février 2021. (Crédit : Menahem Kahana / AFP)

Son ministère était depuis longtemps opposé à l’accord impliquant la société publique israélienne Europe-Asia Pipeline Company (EAPC) et la société israélo-émiratie MED-RED Land Bridge Ltd.

Il avait auparavant fait geler l’accord, invoquant la nécessité d’une étude environnementale plus approfondie.

Amit Bracha, PDG d’Adam Teva V’Din, a déclaré que son organisation tenterait de faire modifier les conditions de franchise du CPEA afin d’abolir son droit actuel de garder ses activités confidentielles.

L’accord pétrolier est l’un des nombreux accords négociés entre les entreprises israéliennes et émiraties depuis la normalisation des relations dans le cadre des accords d’Abraham négociés par l’ancien président américain Donald Trump.

L’ancien et l’actuel ministres de la Protection de l’environnement, l’autorité israélienne chargée de la nature et des parcs, les autorités côtières locales, un forum regroupant une vingtaine d’organisations environnementales, des dizaines de scientifiques, les habitants d’Eilat et les citoyens qui ont organisé des manifestations hebdomadaires dans tout le pays s’opposent à cet accord.

Face à une opposition croissante, les Émirats arabes unis eux-mêmes ont pris leurs distances par rapport à l’accord, soulignant que le gouvernement n’était pas partie à l’accord et réfutant les affirmations du CPEA selon lesquelles son annulation aurait un impact négatif sur les relations bilatérales en plein essor.

Le SPNI a déclaré dans un communiqué qu’à « ce stade, le processus juridique est terminé, mais l’action publique contre l’accord se poursuivra avec toute sa force pour garantir que l’accord, si dangereux pour les valeurs naturelles uniques du Golfe d’Eilat, de la ville d’Eilat et de ses résidents, ne sera pas mis en œuvre ».

L’EAPC a salué la décision des organisations environnementales de retirer leur pétition, affirmant que la conséquence serait la mise en œuvre de l’accord et réitérant les affirmations passées selon lesquelles l’accord revêt une importance nationale et stratégique pour Israël et sa sécurité énergétique.

Elle a déclaré que l’entreprise poursuivrait son « dialogue professionnel permanent » avec le ministère de la Protection de l’environnement.

L’EAPC est déjà soumis à de sévères restrictions dans ses activités.

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