Cour suprême: l’État doit autoriser les proches du Hamas à se soigner en Israël
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Cour suprême: l’État doit autoriser les proches du Hamas à se soigner en Israël

Les ONG saluent la décision, mais critiquent la "politique d'accès restrictif" d'Israël ; un député de droite dénonce "le manque de responsabilité des juges"

Des Palestiniens sont vus au point de passage d'Erez avec Israël près de Beit Hanoun dans le nord de la bande de Gaza le 27 août 2018. (AFP/MAHMUD HAMS)
Des Palestiniens sont vus au point de passage d'Erez avec Israël près de Beit Hanoun dans le nord de la bande de Gaza le 27 août 2018. (AFP/MAHMUD HAMS)

La Cour suprême a statué dimanche qu’Israël devait permettre à cinq femmes de Gaza qui seraient de proches parents de membres de l’organisation terroriste du Hamas de se rendre à Jérusalem-Est pour y recevoir des soins médicaux vitaux.

La majorité de ces femmes souffriraient d’un cancer.

Israël a interdit aux proches des membres du Hamas d’entrer en Israël pour y recevoir des traitements médicaux dans le cadre d’une tentative de pression sur l’organisation terroriste pour qu’elle rende les corps de deux soldats israéliens qu’elle détient depuis le conflit de Gaza en 2014, ainsi que deux citoyens israéliens qui sont entrés dans la bande de Gaza par la suite et qui seraient détenus par le Hamas.

L’État a apparemment suggéré à l’origine que les femmes soient traitées à l’étranger, mais les procureurs ont fait valoir que cela coûterait trop cher.

Les soins médicaux dont les femmes ont besoin ne sont pas disponibles en Cisjordanie, ce qui laisse deux hôpitaux de Jérusalem-Est comme alternative possible.

La requête a été présentée à l’origine par sept femmes, mais il a été confirmé par la suite que deux d’entre elles n’étaient pas liées à des terroristes.

Le juge de la Cour suprême Uzi Fogelman à Jérusalem lors d’une audience le 4 juin 2018 (Yonatan Sindel/Flash90).

Le juge Uzi Fogelman a indiqué dans son verdict que bien qu’il n’était pas déraisonnable pour le gouvernement de vouloir faire tout ce qui est possible pour assurer le retour des prisonniers, « cet objectif ne peut justifier un règlement qui nie la possibilité pour un parent d’un membre du Hamas de recevoir un traitement médical salvateur en Israël ».

Il a ajouté que les femmes ne représentaient pas un risque pour la sécurité.

Les organisations de défense des droits de l’homme ont publié un communiqué conjoint saluant la décision du tribunal mais affirmant que la décision « ne traite pas de la politique générale d’accès restrictif d’Israël, qui continue de mettre en danger des milliers de patients ».

« Le tribunal a rejeté à juste titre l’affirmation scandaleuse du ministre de la Défense et du cabinet israélien selon laquelle les patients dans un état critique peuvent être utilisés comme monnaie d’échange », ont déclaré dans un communiqué le Centre Al Mezan pour les droits de l’homme à Gaza, Médecins pour les droits humains – Israël, Adalah – le Centre juridique pour les droits des minorités arabes en Israël, et Gisha – Centre juridique pour la liberté de mouvement.

Cependant, les organisations ont accusé la décision originale du gouvernement d’avoir « marqué un nouveau et honteux coup bas dans la punition collective d’Israël des résidents de Gaza ».

Des jeunes cadets masqués de la branche militaire de l’organisation terroriste du Hamas dans la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 15 septembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Said Khatib)

La décision du tribunal a été critiquée par le député du parti de droite HaBayit HaYehudi, Bezalel Smotrich, qui a tweetté que la décision démontrait un « manque de responsabilité des juges en matière de sécurité de l’État ».

M. Smotrich a décrit cette décision comme un « activisme dopé aux stéroïdes sans fondement juridique », la qualifiant d’ « accord terrible et dangereux pour la libération des terroristes”.

Trente et un oncologues ont signé en juin une lettre adressée au ministère de la Défense et au coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires [COGAT], soulignant le sort des patients en raison de la difficulté croissante de se déplacer pour se faire soigner à la suite du durcissement des politiques en matière de permis d’entrée.

« Il ne fait aucun doute que la probabilité de guérison et la capacité de soulager les souffrances des patients atteints de cancer sont d’autant plus élevées que le diagnostic et le traitement sont fournis plus tôt », indique la lettre. « Rien ne justifie de retarder les demandes des patients pendant des mois. »

L’ONG Médecins pour les droits de l’homme a déclaré en juin qu’au cours de l’année précédente, il y a eu des retards dans le traitement de 45 patients de Gaza, certains depuis six mois ou plus.

Le Hamas, qui appelle ouvertement à la destruction d’Israël, a pris le contrôle de Gaza en 2007, après quoi Israël et l’Égypte ont imposé un blocus sur les marchandises entrant sur le territoire et contrôlent étroitement l’entrée des Gazaouis en Israël. Israël affirme que le blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes de faire entrer des armes et du matériel militaire.

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