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Covid-19: Israël autorise la vaccination des tout-petits avec Pfizer et Moderna

Le DG du ministère de la Santé n'a pour autant pas fait siennes les directives du groupe d’experts visant à approuver les vaccins pour les bébés et tout-petits à risque

Sofia Espinoza, trois ans, reçoit le vaccin Pfizer contre la COVID-19 à l’hôpital pour enfants de Los Angeles, en Californie, le 21 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Jae C. Hong)
Sofia Espinoza, trois ans, reçoit le vaccin Pfizer contre la COVID-19 à l’hôpital pour enfants de Los Angeles, en Californie, le 21 juin 2022. (Crédit : AP Photo/Jae C. Hong)

Le ministère israélien de la Santé a annoncé mardi avoir autorisé les bébés et enfants de 6 mois à 4 ans à recevoir le vaccin contre le Covid-19 des laboratoires Pfizer et Moderna.

Israël devient ainsi le deuxième pays au monde, après les Etats-Unis, à autoriser les vaccins ARN messagers à l’ensemble de sa population, y compris les tout-petits.

Les experts de deux comités consultatifs israéliens ont conclu que les effets secondaires étaient « bénins » et le taux d’efficacité de ces vaccins importants, selon une lettre du directeur de la Santé Nachman Ash, adressée le 1er juillet au ministère, et rendue publique mardi.

Tous les experts ont indiqué que les vaccins étaient sûrs et la plupart d’entre eux « ont recommandé de vacciner les bébés et les jeunes enfants à risque et d’encourager la vaccination de tous les enfants, même ceux qui ne sont pas à risque », précise la lettre.

Ash a expliqué avoir pris sa décision après avoir examiné tous les documents pertinents, « consulté tous les professionnels concernés et pesé la question avec la plus grande sincérité ».

L’accord des autorités israéliennes suit celle de l’agence américaine des médicaments (FDA), qui a autorisé en juin l’injection du vaccin Moderna aux enfants âgés de 6 mois à 5 ans et celui de Pfizer à ceux âgés de 6 mois à 4 ans.

Israël doit maintenant se procurer les doses de vaccins Covid spécialement conçues pour les jeunes enfants. La date exacte du déploiement de la campagne de vaccination en Israël dépendra de l’arrivée de ces doses.

Plus de 6 millions d’Israéliens ont reçu au moins deux doses de vaccins contre le Covid-19, dont 17 % des enfants dans la tranche d’âge de 5 à 11 ans.

Une dose du vaccin Pfizer-BioNTech pour enfants – le vaccin le plus utilisé en Israël – correspond à un dixième de la dose adulte, et trois injections sont nécessaires. Les deux premières sont administrées à trois semaines d’intervalle, et la dernière au moins deux mois plus tard. Dans une interview accordée à la Douzième chaine le mois dernier, le PDG de Pfizer, Albert Bourla, s’est réjoui de la décision de la FDA américaine, affirmant qu’il « administrerait [le vaccin] maintenant » à son jeune enfant s’il en avait un.

Une fillette reçoit un vaccin COVID-19 dans un centre de vaccination à Jérusalem le 30 décembre 2021 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Toutefois, les données suggèrent que l’intérêt pour ces vaccins destinés aux bébés et tout-petits devrait être assez faible en Israël. Mardi, moins de 18 % des enfants âgés de 5 à 11 ans en Israël avaient reçu deux doses du vaccin contre le Covid-19, et seulement 25 % en avaient reçu une.

Les opposants au vaccin en Israël se sont montrés particulièrement virulents contre leur administration aux enfants, en manifestant devant les écoles où les vaccins étaient administrés et en menaçant les responsables de la santé publique.

L’ancien député du Likud Moshe Feiglin – célèbre militant anti-vaccination qui a annoncé cette semaine son intention de se présenter à la prochaine primaire du parti – a déclaré à la radio mardi matin que toute personne de moins de 30 ans devrait « éviter les vaccins Covid comme la peste ».

Le ministère de la Santé a publié une réponse cinglante aux propos de Feiglin, les qualifiant « d’insensés » et soulignant qu’il « ne comprenait pas le problème ». Il a ajouté que la recommandation de l’ex-député « venait contredire toute la littérature professionnelle, les études internationales et conseils des organismes professionnels en Israël comme de par le monde ».

Une étude israélienne publiée la semaine dernière a révélé que les vaccins contre le Covid-19 réduisaient de moitié le risque d’infection chez les enfants âgés de 5 à 11 ans pendant la phase hivernale de la maladie en Israël. L’étude récemment évaluée par des pairs, menée par Clalit Healthcare Services – l’une des quatre caisses de santé d’Israël – a comparé les dossiers Covid de 94 728 enfants vaccinés par Pfizer et du même nombre d’enfants non vaccinés. Les chercheurs ont constaté qu’au cours des deux semaines suivant l’injection de la deuxième dose, les enfants avaient développé une protection de 51 % contre l’infection et une protection de 48 % contre l’infection avec symptômes.

Aujourd’hui en Israël, les cas de Covid-19 sont repartis à la hausse, au moment où les vacances scolaires estivales commencent. Lundi, 13 877 nouveaux cas ont été confirmés, bilan le plus élevé en une journée depuis février. Parmi les personnes testées, plus de 30 % étaient positives et 66 579 cas actifs sont répertoriés dans le pays.

Les cas graves de Covid-19 sont également en hausse, s’établissant à 374 mardi, contre 304 il y a une semaine et 185 il y a deux semaines. Le taux de reproduction R, toutefois, semble en baisse, actuellement à 1,05. Les experts suggèrent que cette vague pourrait très bientôt recéder sans occasionner les dommages des vagues précédentes.

L’AFP a contribué à cet article.

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