COVID : 20 % des cas sont Haredim, les fêtes pourraient aggraver la situation
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COVID : 20 % des cas sont Haredim, les fêtes pourraient aggraver la situation

Un épidémiologiste prévient que de petits groupes de personnes non vaccinées pourraient causer des "centaines" de décès s'ils participent aux prières de Rosh HaShana en intérieur

Image d'illustration : Un homme haredi subit un test COVID-19 (David Cohen/Flash90)
Image d'illustration : Un homme haredi subit un test COVID-19 (David Cohen/Flash90)

Environ 20 % des cas actifs de coronavirus en Israël concernent des Juifs ultra-orthodoxes, bien que cette communauté ne représente que 12 % de la population.

Les membres de cette communauté sont considérés comme les plus enclins à prier à l’intérieur des synagogues – plus que les Juifs modernes orthodoxes qui sont plus ouverts à déplacer leurs offices de prière à l’extérieur – ce qui fait craindre un pic significatif de coronavirus chez les Haredim après les longs offices de prière organisés pour Rosh HaShana, le nouvel an juif.

Mani Hadad, porte-parole du bureau ultra-orthodoxe du ministère de la Santé, a communiqué ces chiffres au Times of Israel lundi, quelques heures avant le début de Rosh HaShana, exprimant la crainte que la fête n’entraîne une nouvelle augmentation de la morbidité.

Il a fait état de problèmes de respect de la réglementation COVID-19 au sein de la communauté haredi, déclarant : « Malheureusement, il n’y a pas de diligence concernant le port de masques dans de nombreuses synagogues. »

Il a toutefois souligné que « les gens se font vacciner, que les rappels sont bien suivis et que les gens respectent scrupuleusement les ordres de quarantaine lorsqu’ils sont émis ».

Néanmoins, l’épidémiologiste de renom Hagai Levine a déclaré que de petits groupes de personnes non vaccinées qui sont infectées et qui prient dans des synagogues aux côtés de personnes à haut risque pourraient causer « quelques centaines de décès qui auraient pu être évités si les personnes infectées se faisaient vacciner ».

Image d’illustration : un homme haredi reçoit un vaccin contre le coronavirus à Jérusalem, le 11 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Levine a déclaré au Times of Israel que « si les gens sont dans les synagogues et qu’il y a un mélange entre les personnes infectées et les personnes à haut risque, même les personnes à haut risque vaccinées, il y a une probabilité d’infection et de décès à cause de cela ».

Il a déclaré que le gouvernement, qui exhorte les Israéliens à prier à l’extérieur tout en permettant aux synagogues de rester ouvertes, aurait dû faire davantage pour éviter ce danger.

« Ils auraient dû lancer un plan pour les fêtes et établir réellement des lieux fixes pour la prière en plein air », a déclaré Levine, suggérant que si de grandes zones ombragées étaient mises en place, cela aurait pu augmenter la proportion de personnes priant à l’extérieur.

Malgré ses inquiétudes, M. Levine a déclaré que le niveau d’infection disproportionné parmi les Haredim ne présageait pas nécessairement une situation catastrophique, soulignant que la question clé était de savoir combien de cas devenaient par la suite graves. Les membres de la communauté ultra-orthodoxe ne sont qu’en faibles nombres dans les services de soins au coronavirus. Selon le docteur Hadad, ils représentent actuellement environ 7 % des cas graves.

Des membres de l’équipe de l’hôpital Ziv au service du coronavirus à Safed, le 28 juillet 2021 (Crédit : David Cohen/Flash90)

Levine et Hadad ont tous deux exprimé l’espoir que le faible taux d’hospitalisation parmi les Haredim reflétait les niveaux de vaccination dans la communauté et sa forte proportion de jeunes, qui sont moins susceptibles de contracter une forme grave de la maladie en cas d’infection. Mais tous deux craignent que la morbidité ne s’aggrave au fur et à mesure que les cas arrivent dans les hôpitaux, car il y a souvent un décalage de temps entre l’augmentation des infections et celle des cas graves.

« Il est probable que nous verrons beaucoup plus de cas chez les ultra-orthodoxes », a déclaré M. Levine.

L’année dernière, le non-respect des règles relatives au coronavirus par certaines franges de la communauté haredi, alors que le nombre d’infections augmentait, est devenu une source de controverse nationale majeure. L’un des principaux rabbins haredi d’Israël, Chaim Kanievsky, a récemment apporté un soutien appuyé aux vaccins et a déclaré que les enseignants non vaccinés n’étaient pas les bienvenus dans les écoles ultra-orthodoxes, dans des remarques considérées comme un signal indiquant que les chefs religieux faisaient pression pour que leur communauté change de voie et se conforme davantage aux mesures d’atténuation de la COVID.

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