COVID: la loi sur la hausse des amendes reportée après l’opposition des Haredim
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COVID: la loi sur la hausse des amendes reportée après l’opposition des Haredim

Le report de ce projet de loi suit une rencontre, mercredi matin, entre le Premier ministre et les partis ultra-orthodoxes, qui réclament qu'un accord soit trouvé

Des enfants ultra-orthodoxes du mouvement hassidique Kretchnif portent le masque en écoutant leur professeur dans une classe de la ville de Rehovot, le 10 septembre 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Des enfants ultra-orthodoxes du mouvement hassidique Kretchnif portent le masque en écoutant leur professeur dans une classe de la ville de Rehovot, le 10 septembre 2020. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Le vote prévu en séance plénière à la Knesset sur les amendes punissant les violations des règles du confinement entraîné par la crise du coronavirus a été reporté jusqu’à ce qu’un accord ait été trouvé entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les formations haredim – une décision prise suite à une rencontre, mercredi matin, entre ces derniers.

Suite aux pressions exercées par les partenaires de coalition ultra-orthodoxes du chef du gouvernement, la commission ministérielle pour la législation avait donné le feu vert, mardi, à une version radoucie d’une initiative qui visait à augmenter le montant des amendes venant sanctionner les violations des restrictions au confinement imposé dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Ainsi, l’amende qui sanctionne un mépris de l’interdiction de l’ouverture des écoles (à l’exception des jardins d’enfants et des classes allant du CP au CM1) passerait de 5 000 shekels à 10 000 shekels – loin des 20 000 shekels qui avaient été initialement prévus.

Les formations haredim avaient insisté sur le fait que les amendes susceptibles d’être distribuées aux écoles discriminaient leur communauté, la majorité des institutions d’enseignement ayant contrevenu aux règles, jusqu’à présent, ayant été ultra-orthodoxes. Elles avaient menacé de quitter la coalition et de voter contre le projet de loi prévoyant l’augmentation de ces amendes.

Les ministres avaient aussi décidé que la contravention de 5 000 shekels qui vient actuellement sanctionner la tenue d’une fête, d’une conférence, d’un festival, d’un événement artistique ou de divertissement en violation des directives passerait également à 10 000 shekels au lieu des 20 000 shekels qui avaient été envisagés à l’origine.

Conformément au projet initial, les entreprises qui ouvriront illégalement leurs portes écoperont pour leur part d’une amende de 10 000 shekels. Elle s’élevait à 5 000 shekels jusqu’à présent.

Toutefois, le site Ynet avait cité des sources du parti Yahadout HaTorah qui avaient rejeté le compromis apparent sur cette réduction de moitié du montant des nouvelles amendes, affirmant que ces changements n’avaient pas été discutés avec les partis haredim.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec le ministre de la Santé Yaakov Litzman, à Jérusalem, le 11 mars 2020. (Crédit : Flash90)

Pendant la réunion de mardi, le ministre Zeev Elkin (Likud) au pouvoir avait accusé le ministre Yaakov Avitan, du Shas, « d’encourager les gens à violer les règles ». Avitan avait demandé que le nombre de participants autorisés à assister à un événement soit révisé à la hausse, les contraventions devant elles-mêmes être augmentées.

Israël est parvenu à faire baisser nettement ses taux d’infection – passant d’environ 8 000 nouveaux cas quotidiens à la mi-septembre à quelques centaines à la fin du mois d’octobre dans le cadre d’un confinement national, que le gouvernement assouplit graduellement depuis deux semaines. Jusqu’à présent, seules les écoles maternelles et les classes allant du CP au CM1 ont été autorisées à reprendre. Les autres élèves suivront l’enseignement à distance, même si la communauté haredi ne dispose pas des moyens matériels et de la volonté de recourir à cet outil.

La recrudescence de l’épidémie au sein de l’État juif avait été attribuée à la réouverture des écoles au mois de mai, à la fin du premier confinement national, puis à la rentrée scolaire de septembre.

De nombreuses écoles ultra-orthodoxes pour garçons avaient rouvert leurs portes au début du mois, contrevenant aux règles du confinement. Depuis le début de la pandémie, les offices dans les synagogues sont également pointés du doigt dans la propagation du virus.

Après plus d’un mois de confinement national qui a permis de réduire les taux d’infection élevés, mais a également paralysé une grande partie de l’économie et de la vie publique, le gouvernement a eu du mal à se mettre d’accord sur la manière d’assouplir les restrictions. Certains ministres ont fait pression pour déconfiner rapidement tandis que d’autres – dont le Premier ministre – se sont opposés à la levée du confinement et ont souhaité agir plus prudemment.

Des habitants de Jérusalem, portant le masque, à la gare routière du centre de la ville sainte, le 1er novembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Lors de la réunion du cabinet de lundi, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, à la tête du Shas, a plaidé en faveur d’un maintien tel quel des amendes sanctionnant les institutions d’enseignement, selon des fuites de la réunion qui ont été rapportées par les médias israéliens.

Au cours de la rencontre, des chiffres montrant que le nombre de reproduction de base – ou taux des nouveaux cas émanant de chaque infection au coronavirus – avait atteint le niveau qui avait été déterminé par les officiels de la santé pour encore alléger certaines mesures dans le cadre de la sortie du confinement.

Meir Ben-Shabbat, conseiller à la sécurité nationale. (Amos Ben Gerschom / GPO)

Meir Ben-Shabbat, chef du Conseil national de sécurité, aurait confirmé que le nombre de reproduction de base pour la transmission était « d’au moins » 0,8 et que même si le nombre de nouveaux cas ne croissait pas pour le moment, le taux de diminution de l’épidémie avait lui-même ralenti.

Des données publiées mercredi soir par le ministre de la Santé ont révélé que le nombre de reproduction de base avait légèrement baissé et qu’il était dorénavant en deçà du seuil de 0,8.

Le ministère a fait savoir que 776 nouveaux cas de coronavirus avaient été diagnostiqués lundi et que 531 nouveaux cas étaient venus s’ajouter selon un décompte effectué mardi à 18 heures – ce qui indique que la baisse du nombre de nouveaux cas quotidiens s’est aplanie depuis que le gouvernement a commencé à alléger les restrictions.

Selon le ministère, il y a actuellement 9 890 cas actifs de la COVID-19 au sein de l’État juif, parmi lesquels 393 sont dans un état grave, dont 171 sous respirateur. Le bilan des décès s’élevait, mardi à 18 heures, à 2 592 – soit douze décès de plus que dans la matinée.

Les niveaux de dépistage continuent à être relativement faibles. 34 208 tests de dépistage ont été effectués lundi et 24 252 mardi, malgré une campagne de l’armée visant à encourager le dépistage élargi. Le taux de positivité semble rester stable, à un peu plus de 2 % – 2,3 % lundi et 2,1 % mardi.

Le responsable de la gestion du coronavirus israélien Ronni Gamzu, visite l’hôpital Ziv à Safed, 27 septembre 2020 (David Cohen/FLASH90)

Pour sa part, Ronni Gamzu, responsable sortant de la lutte contre le coronavirus en Israël, a fait savoir mardi qu’il voulait changer son plan dit « de signalisation » – qui classe les villes par couleur en fonction de leur taux d’infection, avec des restrictions localisées mises en place selon leur désignation – pour le rendre plus strict.

Parlant avec des maires et des chefs de conseil régionaux, Gamzu a indiqué qu’il ferait en sorte de catégoriser un plus grand nombre de villes dans la catégorie « rouge » – qui désigne les plus forts foyers d’infection – dans la mesure où « cela permettra d’inclure plusieurs villes où, nous le savons, il y a une épidémie ».

Selon les données transmises lundi par le ministère de la Santé, le taux de positivité des tests est passé d’environ 2 %, la semaine dernière, à 2,9 % samedi et à 3,1 % dimanche.

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