Crimes contre l’humanité : libérés sans avoir purgé toute leur peine
Rechercher

Crimes contre l’humanité : libérés sans avoir purgé toute leur peine

Maurice Papon, Biljana Plavsic, Miguel Etchecolatz... Ces criminels de guerre condamnés ont tous bénéficié de libération anticipées

Maurice Papon (Crédit : Capture d’écran INA)
Maurice Papon (Crédit : Capture d’écran INA)

Plusieurs condamnés pour crimes contre l’humanité, à l’instar de l’ancien président péruvien Alberto Fujimori, ont bénéficié de libérations anticipées, de nazis jugés à Nuremberg jusqu’à des militaires argentins.

Seconde Guerre mondiale

Walther Funk

L’ancien président de la Reichsbank entre 1939 et 1945 est condamné en 1946 par le tribunal de Nuremberg à la perpétuité pour avoir accepté l’or extorqué par les SS aux déportés.

Il est libéré en 1957 pour raison de santé.

Erich Raeder

Le commandant en chef de la Marine allemande jusqu’en 1943 est condamné à Nuremberg à la prison à vie, puis libéré en 1955 pour raisons médicales, à près de 80 ans.

Maurice Papon

L’ancien haut fonctionnaire français est condamné en 1998 à 10 ans de prison pour sa complicité dans la déportation de 1 690 juifs entre 1942 et 1944. Emprisonné en 1999, il est libéré en septembre 2002, à 92 ans, pour raisons de santé. Il meurt le 17 février 2007.

Erich Raeder (Crédit : Bundesarchiv, Bild 146-1980-128-63 / CC-BY-SA 3.0)

Erich Priebke

En 1998, l’ex-officier SS est condamné à la réclusion à perpétuité par la justice italienne pour sa participation au massacre des fosses Ardéatines (335 otages exécutés à Rome). Au vu de son âge (85 ans), la peine est commuée en internement à domicile. Il meurt en 2013.

Ex-Yougoslavie

Plusieurs condamnés par le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) ayant demandé une libération anticipée l’ont obtenue après exécution des deux tiers de leur peine. Ces libérations provoquent régulièrement de vives réactions des associations de victimes.

Erich Priebke (Crédit : domaine public)

Quelques exemples :

Biljana Plavsic

L’ex-présidente des Serbes de Bosnie est la seule femme jugée par le TPIY pour génocide, crime contre l’humanité et violation des droits et coutumes de guerre.

En 2003, elle est condamnée à 11 ans de prison. Agée de 87 ans, elle est libérée en octobre 2009 au terme des deux tiers de sa peine.

Elle rejoint Belgrade à bord d’un jet privé où elle est accueillie par le Premier ministre de la République serbe de Bosnie.

Biljana Plavsic (Crédit : SSGT Lance Cheung, USAF – U.S. Air Force)

Mirko Norac

Cet ancien général croate condamné en Croatie à 15 ans de prison pour crimes de guerre commis contre des Serbes, est libéré en novembre 2012 de manière anticipée.

Nikola Sainovic

Ancien vice-Premier ministre yougoslave, il est condamné à 18 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité pour son rôle dans le conflit au Kosovo.

Libéré en 2015 de Suède après avoir purgé les deux tiers de sa peine, il rejoint les instances dirigeantes du Parti socialiste serbe.

Nikola Šainović (Crédit : CC BY-SA 3.0 rs)

Fikret Abdic

Ancien chef de milice musulman accusé en 2002 de crimes de guerre contre les Bosniaques loyaux au gouvernement, il est condamné à 20 ans de prison par la justice croate, peine réduite en appel à 15 ans. En mars 2012, il est libéré après avoir purgé les deux tiers de sa peine.

Militaires argentins

Une soixantaine de hauts dignitaires de la dictature militaire argentine (1976-1983), après avoir été pour la plupart condamnés en Argentine puis amnistiés, sont finalement condamnés pour crimes contre l’humanité entre 2005 et 2009.

Nombre d’entre eux ont obtenu de purger leur peine chez eux, au vu de leur grand âge.

Deux exemples :

Miguel Etchecolatz, ancien bras droit du chef de la police de Buenos Aires, est condamné en 1986 à 23 ans de prison pour avoir exécuté et torturé 91 personnes.

Il est amnistié puis de nouveau jugé et condamné en septembre 2006 à perpétuité pour crimes contre l’humanité. En décembre 2017, il obtient de purger sa peine chez lui en raison de son âge (88 ans).

Le général Antonio Domingo Bussi est ainsi condamné à la perpétuité en août 2008. A cause de son âge, il obtient que sa peine soit modifiée en surveillance à domicile. Il meurt en 2011.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...