Crise irano-saoudienne : Amman convoque l’ambassadeur iranien
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Crise irano-saoudienne : Amman convoque l’ambassadeur iranien

La Jordanie a rejeté "l'ingérence dans les affaires internes de l'Arabie saoudite" ; Les exécutions en Arabie saoudite, une affaire "intérieure" juge Erdogan

Le drapeau jordanien (Crédit : shutterstock)
Le drapeau jordanien (Crédit : shutterstock)

Le ministère jordanien des Affaires étrangères a annoncé mercredi avoir convoqué l’ambassadeur d’Iran pour protester contre les attaques ayant visé les représentations diplomatiques saoudiennes dans la République islamique.

Les autorités jordaniennes ont exprimé leur « ferme condamnation » et leur « refus catégorique (…) des attaques et abus contre les représentations diplomatiques », a indiqué un porte-parole du ministère cité par l’agence officielle Petra.

Elles ont jugé « inacceptables et déplorables » les attaques contre l’ambassade et un consulat saoudiens en Iran.

La crise entre Téhéran et Ryad a éclaté après l’exécution samedi dans le royaume saoudien d’un dignitaire chiite, Nimr al-Nimr, condamné pour « terrorisme ». Sa mise à mort a entraîné des manifestations et des représentations diplomatiques saoudiennes en Iran ont été attaquées.

La Jordanie a également « rejeté les récentes déclarations de responsables iraniens » y voyant de l’ « ingérence dans les affaires internes de l’Arabie saoudite » et a insisté sur « la nécessité de respecter les décisions des institutions judiciaires saoudiennes », selon le porte-parole.

La Jordanie et l’Arabie saoudite voisine entretiennent des relations politiques, économiques et militaires étroites.

Amman fait partie de la coalition menée par l’Arabie saoudite contre les rebelles chiites soutenus par l’Iran au Yémen.

Les exécutions en Arabie saoudite, une affaire « intérieure » juge Erdogan

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a refusé mercredi de condamner l’exécution par Ryad d’un dignitaire chiite à l’origine d’une grave crise avec l’Iran, jugeant qu’elle relevait des « affaires intérieures » de l’Arabie saoudite.

« Les exécutions relèvent des affaires intérieures de l’Arabie saoudite », a déclaré M. Erdogan devant des élus locaux à Ankara, en contradiction avec le porte-parole du gouvernement turc Numan Kurtulmus qui avait déploré lundi cette décision.

Le président Erdogan en avril 2015 (Crédit :  AFP PHOTO / DANIEL MIHAILESCU)
Le président Erdogan en avril 2015 (Crédit : AFP PHOTO / DANIEL MIHAILESCU)

Le chef de l’Etat turc s’est étonné de la forte réaction suscitée par l’exécution du dignitaire chiite Nimr el-Nimr, hostile au pouvoir saoudien. « Il y a avait ce jour-là 46 exécutions, dont 43 de Sunnites. Seulement 3 d’entre-eux étaient des chiites », a-t-il relevé.

« On a condamné des milliers de personnes à la mort en Egypte (après le putsch militaire de 2013), personne n’a rien dit. Pourquoi le monde n’y a pas réagi ? », s’est indigné M. Erdogan, soutien de l’ex-président Mohamed Morsi destitué par l’armée.

Le chef de l’Etat turc a par ailleurs qualifié d' »inacceptable » l’attaque de l’ambassade saoudienne à Téhéran par des manifestants.

Une grave crise diplomatique oppose Ryad et Téhéran depuis l’exécution samedi en Arabie saoudite de M. el-Nimr et de 46 autres personnes condamnées pour « terrorisme ».

Lundi soir, la Turquie avait, par la voix du vice-Premier ministre Kurtulmus, appelé les deux capitales au calme et déploré les exécutions. Son Premier ministre Ahmet Davutoglu a proposé mardi son aide pour apaiser les tensions.

Les relations entre Ankara et Ryad se sont considérablement réchauffées ces derniers mois. M. Erdogan s’est rendu le mois dernier en visite à Ryad.

Les deux pays, en très grande majorité peuplés de musulmans sunnites, considèrent ainsi le départ du président syrien Bachar al-Assad, soutenu par l’Iran, comme un préalable à tout règlement de la guerre en Syrie.

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