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D’anciennes « pièces sécurisées » datant de la révolte juive découvertes en Galilée

Les fouilles communautaires du village de Huqoq ont été menées avec l'aide de bénévoles et d'écoles ; le site, vieux de 2 000 ans, sera ouvert au public le 29 mars et le 5 avril

Entrée d'un complexe de cachettes sur le site de fouilles de Huqoq. (Crédit : Emil Aladjem/ Autorité israélienne des Antiquités)
Entrée d'un complexe de cachettes sur le site de fouilles de Huqoq. (Crédit : Emil Aladjem/ Autorité israélienne des Antiquités)

Les travaux archéologiques menés sur un ancien site juif près du lac de Tibériade ont révélé un complexe de tunnels souterrains qui semblent avoir été utilisés par les habitants juifs il y a environ 2 000 ans, lors des révoltes contre l’empire romain.

Selon l’Autorité israélienne des Antiquités (IAA) dans un communiqué publié lundi, les fouilles actuelles ont permis de découvrir « le plus grand complexe de cachettes découvert à ce jour en Galilée », qui contient « environ huit cavités souterraines », ainsi que « des tunnels de connexion (…) creusés à 90 degrés pour ralentir les soldats romains lourdement armés qui poursuivaient les rebelles ».

Certaines de ces cavités souterraines étaient reliées directement au mikvé de la communauté ou aux maisons du village, et une de ces cachettes a été créée à partir d’une citerne d’eau reconvertie datant de l’époque du Second Temple.

On a découvert dans les cavités des centaines de morceaux de vaisselle en céramique et en verre, des ustensiles, des traces de nourriture non périssable et d’autres petits objets, ainsi qu’une bague dont la pierre centrale manquait.

Ces zones « n’étaient pas prévues pour y vivre. Elles étaient comparables à de petits abris souterrains contre les bombes », a déclaré le professeur Yinon Shivtiel du Zefat Academic College, l’un des directeurs des fouilles.

S’adressant au Times of Israel par téléphone depuis le site de fouilles, il a expliqué que pendant la période de la première révolte juive, également connue sous le nom de première guerre judéo-romaine (66-70 de notre ère), ainsi que pendant la révolte de Bar Kochba (132-136 de notre ère), les Juifs pouvaient ainsi se cacher sous terre ou dissimuler certaines personnes ou certains objets lorsque des patrouilles romaines se trouvaient dans la région.

« La découverte de ce complexe de cachettes contribue au débat qui dure depuis des dizaines d’années entre les chercheurs sur la question de savoir si la révolte de Bar Kochba a touché la Galilée ou si elle s’est limitée à la Judée et au centre d’Israël ? » Selon l’IAA, les archéologues « datent les parties intérieures du complexe de cachettes de la Seconde Révolte et pensent que plusieurs des anciennes installations ont été utilisées pour la première fois lors de la Première Révolte ».

« Nous savons d’après [l’historien de l’époque romaine] Josephus que la première révolte juive a eu lieu dans la région », a expliqué Shivtiel, « mais nous n’avons aucune preuve de l’activité de la révolte de Bar Kochba en Galilée ». La découverte des cavités indique que les grottes étaient « clairement utilisées » pendant la première révolte, ce qui concorde avec les écrits de Josephus, poursuit-il.

Il existe désormais des preuves archéologiques que la révolte de Bar Kochba a atteint la Galilée, comme en témoignent les petits objets et les vestiges découverts à Huqoq, a indiqué Shivtiel.

« Nous ne pouvons pas encore affirmer avec certitude que la révolte de Bar Kochba a eu lieu ici, mais ce qui est certain, c’est que le complexe de cachettes faisait partie des préparatifs », a-t-il déclaré.

Un couteau en fer de la période romaine, datant apparemment de l’époque de la révolte de Bar Kochba, trouvé dans le complexe d’abris du site de fouilles de Huqoq. (Crédit : Uri Berger/Autorité israélienne des Antiquités)

« On a découvert 83 abris souterrains en Galilée. La plupart de ces abris se trouvent dans des implantations juives datant de l’époque du Second Temple. Huqoq est le plus grand et le plus impressionnant. Dans chacun d’entre eux, nous avons trouvé des poteries qui témoignent de la présence de Juifs lors des révoltes contre les Romains », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la fonction de ces abris par rapport aux tunnels [du Hamas] dans le conflit actuel à Gaza, Shivtiel a souligné que « la différence est énorme entre les tunnels du Hamas et ces complexes de cachettes. Ils sont incomparables. Ils n’ont pas été construits pour combattre… Lorsque vous y pénétrez, vous remarquez qu’ils ressemblent à des mamadim souterrains », a-t-il déclaré, en utilisant le terme hébreu contemporain pour désigner les « pièces sécurisées ».

La fouille archéologique de Huqoq a mobilisé « des étudiants, des habitants de la région et des soldats qui y participent depuis plusieurs mois », a précisé l’IAA. Cette « fouille communautaire » rassemble « des étudiants qui étudient la Terre d’Israël et l’archéologie, des étudiants du collège universitaire de Zefat, des bénévoles du club des spéléologues israéliens, des bénévoles locaux et même des soldats de l’unité des opérations souterraines de Tsahal, qui mettent leurs compétences au service de cet objectif important », a indiqué la Dr. Einat Ambar-Armon de l’IAA.

La première révolte juive et la révolte de Bar Kochba étaient des révoltes nationalistes dont l’objectif était de reprendre la souveraineté de la Judée aux Romains, mais elles se sont toutes deux soldées par une défaite des forces juives. La destruction du Second temple a eu lieu en 70 de notre ère, à la fin de la première révolte juive. La révolte de Bar Kochba, qui suivra, entraînera une importante répression romaine de la vie religieuse juive dans la région, avec notamment l’interdiction pour les Juifs de vivre dans la région de Jérusalem.

Huqoq est néanmoins restée une ville juive et est mentionnée dans les Talmuds de Jérusalem et de Babylone, tous deux compilés des siècles plus tard. Une synagogue de l’époque byzantine, dotée d’un sol en mosaïque impressionnant et caractéristique, située au sommet d’une colline voisine, a fait l’objet de fouilles en 2011. Le site se trouve à quelques kilomètres au nord de Tibériade et offre une vue imprenable sur le lac de Tibériade.

La présence de la synagogue et d’autres découvertes qui montrent la continuité de la présence juive à Huqoq donne « un peu de perspective », a déclaré Uri Berger de l’IAA, l’autre directeur des fouilles.

« C’est une histoire humaine qui s’inscrit dans la durée. Nous voyons des périodes de routine et de paix, et aussi d’autres périodes, mais les gens vivent leur vie. La vieille synagogue témoigne du fait que les Juifs ont continué à mener une vie communautaire en Galilée, même après avoir traversé une période dangereuse », a-t-il ajouté au cours d’un appel téléphonique.

Uri Berger, de l’IAA, dans le complexe de cachettes de l’époque de la révolte juive sur le site archéologique de Huqoq. (Crédit : Emil Aladjem/Autorité israélienne des Antiquités)

Il explique qu’il est actuellement en train de faire visiter le site à un groupe d’écoliers, et que des bénévoles ont récemment trouvé une autre ouverture vers un abri souterrain récemment découvert.

L’aspect communautaire des fouilles « est une expérience formidable », selon lui. Alors que le travail directement sous terre est « réservé aux experts, nous extrayons la terre et les bénévoles la tamisent. Chaque jour nous apporte son lot de surprises ».

L’IAA invite le public à visiter et à découvrir le site de Huqoq lors des deux prochains vendredis à savoir, les  29 mars et 5 avril, de 8h à 13h. L’entrée est gratuite mais les visiteurs doivent s’inscrire sur le site de l’IAA.

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