D’anciens élus israéliens demandent aux Démocrates US de « rejeter l’occupation »
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D’anciens élus israéliens demandent aux Démocrates US de « rejeter l’occupation »

Un groupe de 27 anciens hauts-responsables, notamment 7 diplomates à la retraite, appellent le parti à s'opposer à l'annexion et à soutenir la création d'un Etat palestinien

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le candidat démocrate à la présidence, l'ancien vice-président des États-Unis Joe Biden, évoque le coronavirus, le 12 mars 2020, à Wilmington, dans le Delaware. (AP Photo/Matt Rourke)
Le candidat démocrate à la présidence, l'ancien vice-président des États-Unis Joe Biden, évoque le coronavirus, le 12 mars 2020, à Wilmington, dans le Delaware. (AP Photo/Matt Rourke)

WASHINGTON — Un groupe de 27 anciens membres de la Knesset et diplomates israéliens, partisans de la paix, ont envoyé une lettre à la commission chargée du programme du parti Démocrate américain dans la journée de vendredi lui recommandant de « rejeter l’occupation » lors de la campagne en vue du scrutin 2020.

Ce courrier est intervenu après la révélation du contenu du projet de campagne du parti, la semaine dernière, une ébauche de programme qui, contrairement à 2016, s’oppose à l’annexion et soutient les Palestiniens – mais qui a entraîné la déception des progressistes dans la mesure où elle ne mentionne pas la présence militaire israélienne en Cisjordanie.

« Nous nous tournons vers nos amis au sein du parti Démocrate et nous vous demandons de vous assurer que votre plateforme rejette explicitement l’occupation israélienne des Palestiniens, le plan de Trump ainsi que l’annexion de toute partie des territoires occupés », écrivent les ex-hauts-responsables.

« Nous vous appelons à exprimer votre soutien à l’établissement d’un État palestinien souverain aux côtés d’Israël avec Jérusalem comme capitale partagée, dans lesquels nos deux peuples vivront dans la paix et dans la sécurité », ont-ils ajouté.

Parmi les signataires, d’anciens députés – Naomi Chazan, Zahava Galon, Mickey Rosenthal et Yossi Yonah – ainsi que Colette Avital, ancienne consule-générale israélienne à New York; Elie Barnavi, ex-envoyé israélien en France ; Ilan Baruch, ancien ambassadeur israélien en Afrique du sud ; et Barukh Binah, ancien ambassadeur israélien au Danemark et ancien chef de mission à l’ambassade israélienne de Washington.

Le programme mis au point par les Démocrates en 2020 – qui sert de schéma directeur pour les priorités politiques du parti au cours des quatre prochaines années – sera finalisé lors de la Convention nationale démocrate, qui sera organisée le mois prochain.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse au ministère de la Santé, le 23 juillet 2020. (Kobi Gideon / GPO)

Le brouillon du programme qui a été dévoilé mercredi s’oppose spécifiquement à la proposition du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’annexer certains pans de la Cisjordanie. Il prône la réintégration des Etats-Unis dans l’accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran et il réclame une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien.

« Les démocrates s’opposent à toute mesure unilatérale de l’une ou l’autre partie – y compris l’annexion – qui compromettrait les perspectives de deux États », dit-elle.

Netanyahu songe à annexer les quelque 30 % du territoire, y compris toutes les implantations et la vallée du Jourdain, alloués à Israël dans le cadre du plan de paix de l’administration Trump, qui envisage théoriquement un État palestinien dans le territoire restant avec des échanges de terres.

« Les Démocrates reconnaissent l’importance de chaque Israélien et de chaque Palestinien. C’est la raison pour laquelle nous oeuvrerons à aider à mettre un terme à un conflit qui a apporté tant de douleur à un si grand nombre », note la lettre. « Nous soutenons une solution négociée à deux États qui puisse assurer l’avenir d’Israël en tant qu’État juif et démocratique avec des frontières reconnues et qui respecte le droit des Palestiniens à vivre en liberté et en sécurité dans un État viable qui leur sera propre », peut-on lire dans l’ébauche.

De nombreux activistes progressistes ont noté que cette mention des droits des Palestiniens rendait la plateforme plus progressiste que cela n’avait été le cas pour la plateforme en 2016 qui disait que « les Palestiniens doivent jouir du droit à l’auto-gouvernance dans un État viable qui leur est propre, dans la paix et dans la dignité ».

Et pourtant, le langage utilisé a été considéré comme trop modéré pour les membres plus libéraux de la base des Démocrates, qui auraient voulu voir la reconnaissance de la présence militaire d’Israël en Cisjordanie.

Le groupe de pression progressiste axé sur le Moyen-Orient J-Street a, par exemple, qualifié le programme de « pas en avant », mais il a également exprimé sa « préoccupation » qu’il n’y ait aucune mention de « l’occupation ».

Le directeur général de J Street, Jeremy Ben-Ami, pendant la conférence de l’association, à Washington, le 21 mars 2015. (Crédit : JTA/J Street)

« Ce projet de programme est un pas en avant… Mais la plateforme Démocrate *doit* inclure une mention de l’occupation », a écrit l’organisation sur Twitter. Elle a également présenté un lien permettant à ses membres de signer une pétition recommandant vivement à la commission en charge du programme d’amender la section.

Les points de vue exprimés sont conformes aux déclarations les plus récentes faites par Biden sur le conflit israélo-palestinien et sur la politique qu’il adopterait au Moyen-Orient.

L’ancien vice-président a exprimé de manière répétée son opposition à l’annexion – qui, a-t-il dit, « anéantirait tout espoir de paix » – s’engageant par ailleurs à maintenir ses aides à Israël aux mêmes niveaux qui avaient été définis par le protocole d’accord de 2016. Il s’est également engagé à restaurer les liens entre les Etats-Unis et les Palestiniens.

« Je vais renverser les initiatives prises par l’administration Trump qui, à mon avis, ont nui de manière significative aux perspectives de paix », a-t-il déclaré à des donateurs juifs au mois de mai.

L’équipe de campagne de Biden n’a pas répondu à nos demandes de commentaires sur l’ébauche de programme.

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