Danon : les Palestiniens doivent être protégés de leurs dirigeants, pas d’Israël
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Danon : les Palestiniens doivent être protégés de leurs dirigeants, pas d’Israël

L'ambassadeur israélien à l'ONU a dénoncé les recommandations "délirantes" d'Antonio Guterres sur la protection des civils à Gaza et en Cisjordanie

L'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, Danny Danon s'adressant à l'Assemblée générale. (Crédit : Photo de l'ONU / Manuel Elias)
L'ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies, Danny Danon s'adressant à l'Assemblée générale. (Crédit : Photo de l'ONU / Manuel Elias)

L’ambassadeur israélien aux Nations unies a condamné samedi les recommandations du chef de l’ONU pour protéger les Palestiniens. Danny Danon a déclaré que les civils israéliens devaient être protégés de leurs dirigeants dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, plutôt que d’Israël.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a présenté vendredi quatre recommandations destinées à améliorer la protection des Palestiniens dans les Territoires, de l’envoi d’observateurs au déploiement d’une force policière ou militaire sous mandat de l’ONU.

Ces recommandations sont contenues dans un rapport demandé par l’Assemblée générale de l’ONU à la suite d’un regain de violence à Gaza, où 171 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis fin mars.

Le chef de l’ONU a souligné qu’une coopération entre Israéliens et Palestiniens serait nécessaire pour chacune des recommandations. Mais cela semble peu probable qu’Israël les accepte toutes.

« La seule protection dont a besoin le peuple palestinien, c’est de leurs dirigeants », a répliqué Danon dans un communiqué. « [L’Autorité palestinienne] incite son peuple à diaboliser et à attaquer des Juifs, et le Hamas, un groupe terroriste, se sert de son peuple à Gaza comme d’otages et mets en danger les vies de civils au nom du terrorisme. »

« Au lieu de soumettre des recommandations délirantes sur la façon de protéger le peuple palestinien d’Israël, l’ONU devrait demander des comptes aux dirigeants palestiniens sur le mal qu’ils infligent à leur propre peuple », a-t-il accusé.

Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, au siège de l’ONU à New York, le 12 décembre 2016. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images via JTA)

Danon a ajouté que les recommandations de Guterres « ne feront qu’entraîner davantage de souffrance aux Palestiniens entre les mains de leurs dirigeants ».

M. Guterres a présenté, dans le rapport de 14 pages, les quatre options suivantes :

– apporter une « présence plus solide de l’ONU sur le terrain », avec des observateurs des droits de l’homme et des observateurs des affaires politiques chargés de faire le point sur la situation.

– élargir l’aide humanitaire et l’aide au développement afin d’ « assurer le bien-être de la population ».

– créer une mission civile d’observation qui serait présente dans des zones sensibles, comme les check-points et près des implantations israéliennes, avec pour mandat de rendre compte sur les questions de protection.

– déployer une force policière ou militaire, sous mandat de l’ONU, afin d’apporter une protection physique aux civils palestiniens.

Un mandat de l’ONU pour une force de protection nécessiterait une décision du Conseil de sécurité, au sein duquel les Etats-Unis pourraient utiliser leur droit de véto, afin de bloquer une mesure à laquelle s’opposerait Israël.

Une petite mission d’observation, composée d’Européens, a été déployée en 1994 dans la ville cisjordanienne de Hébron, mais Israël a rejeté depuis les appels à une présence internationale dans les zones sensibles.

Dans une résolution adoptée en juin, l’Assemblée générale condamnait Israël pour les victimes palestiniennes à Gaza et chargeait M. Guterres de lui faire des recommandations pour « un mécanisme de protection international » en faveur des Palestiniens.

« Prendre des civils pour cible, notamment des enfants, est inacceptable », écrit M. Guterres dans le rapport, soulignant que tous ceux qui violent le « droit humanitaire international doivent en être tenus responsables ».

Les efforts de l’ONU pour veiller au bien-être des Palestiniens doivent être renforcés, ajoute le responsable onusien, qui juge « particulièrement inquiétante » la crise financière affectant l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

Cette dernière connaît un important déficit budgétaire après que l’administration du président américain Donald Trump a décidé de geler une partie de son aide financière.

Les Etats-Unis promettent depuis des mois un plan de paix pour régler le conflit israélo-palestinien. Mais le dialogue avec les Palestiniens est rompu depuis la décision de M. Trump fin 2017 de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les Nations unies ont mis en garde contre le risque de déclenchement d’une nouvelle guerre à Gaza, où trois conflits ont déjà éclaté depuis 2008.

Vendredi, le ministère de la Santé à Gaza, contrôlé par le Hamas, a fait état de deux morts lors des émeutes le long de la frontière, qui ont également fait 270 blessés.

Des émeutiers palestiniens le long de la frontière avec Israël, à l’est de Gaza City, le 17 août 2018. (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

L’armée israélienne a indiqué que des milliers de Palestiniens ont pris part aux émeutes, jetant des bombes artisanales et des cocktails Molotov en direction des forces de l’ordre. D’autres ont lancé des ballons lestés de photos de « martyrs » qui auraient été tués par Israël. Plusieurs tentatives d’infiltration ont été déjouées.

Le Hamas avait appelé le public à participer à ces émeutes vendredi.

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