Dans le sud de Jérusalem touché par la terreur, quelques-uns sortent
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Dans le sud de Jérusalem touché par la terreur, quelques-uns sortent

Une promenade à travers Armon Hanatziv, où deux Israéliens ont été tués mardi, révèle un quartier sur le qui-vive

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Une vue du village arabe de Tsur Baher de l'une des principales rues menant sur Armon Hanatziv (Crédit : Hadas Parush / flash 90)
Une vue du village arabe de Tsur Baher de l'une des principales rues menant sur Armon Hanatziv (Crédit : Hadas Parush / flash 90)

Il était 9h53 mercredi matin, approximativement à la même heure où, un jour plus tôt, deux terroristes sont montés à bord de l’autobus 78 sur la rue Olei Hagardom, une artère principale dans le quartier sud d’Armon Hanatziv à Jérusalem, et ont tiré sur et poignardé quelque 15 personnes avant d’être neutralisés par la police. Deux Israéliens ont été tués dans l’attaque.

L’arrêt de bus où l’attaque de mardi a eu lieu était vide, bien qu’aux autres arrêts de la rue, une petite foule de passagers attendait tranquillement les bus numéro 12 et 78 bus, des bus qui sillonnent le quartier, qui bordent les deux villages arabes : Jabel Mukaber et Tsur Baher.

« C’est stressant, mais il n’y a pas grand-chose que je puisse faire sur le fait de prendre le bus », a déclaré Yehoshua Yam, qui vit à Katamon mais qui a toujours son compte à la succursale de la Banque Hapoalim à Armon Hanatziv, où il vivait avant.

Idem pour Ilya Shapiro, un homme russe plus âgé avec un mauvais hébreu, qui a levé ses mains et haussé les épaules quand on lui a demande s’il préférait ne pas prendre le bus 78 ce matin.

« Comment puis-je me sentir ? », a-t-il demandé. « Vous devez faire ce que vous devez faire et vivre votre vie normalement ».

C’était la réaction de la plupart des quelques piétons et clients qui se sont aventurés hors du petit complexe commercial du quartier mercredi matin.

« Je me sens stressé et j’ai un peu peur, mais j’ai des courses à faire », a déclaré Yossi Levy, 65 ans, qui était en chemin pour acheter une carte de loterie. « Voilà comment ça se passe ici ».

La zone de l'endroit où l'attaque meurtrier dans le bus a eu lieu à Armon Hanatziv était presque vide mercredi (Crédit : Yonatan Sindel / flash 90)
La zone de l’endroit où l’attaque meurtrier dans le bus a eu lieu à Armon Hanatziv était presque vide mercredi (Crédit : Yonatan Sindel / flash 90)

Avec la banque en son centre, une rangée de magasins, y compris un petit supermarché et un bureau de poste et un magasin de papeterie à proximité, le complexe commercial est généralement rempli le matin en semaine et les places de stationnement sont difficiles à trouver. Il est situé en face du centre communautaire local que les enfants et les adultes fréquentent pour participer à des activités en après-midi et en soirée.

Mais les places de parking étaient largement disponibles mercredi, et quand un homme d’âge moyen s’est précipité hors de la banque, serrant ses clés de voiture à la main et en parlant en arabe sur son téléphone portable, plus d’une personne se sont rapidement éloignés et l’ont observé avec méfiance.

« Vous ne pouvez pas être trop prudent dans ces moments-là », a déclaré Levy. « Voilà ce qu’on ressent ».

Il y avait un gardien de sécurité en face de la banque, et plusieurs commandos de police autour du complexe, leurs pantalons noirs, leurs chemises et les chapeaux les identifiant comme des membres de l’unité d’élite de patrouille Yamam qui se déplace en motos et qui gèrent souvent les émeutes pendant les périodes de troubles.

Sur la route, où l’entrée du village de Jabel Mukaber croise la rue Olei Hagardom, un certain nombre de fourgonnettes et des agents de la police des frontières avaient bouclé le village. Un officier de police a déclaré qu’ils avaient fait la même chose à deux autres endroits dans le village qui mène à une sortie dans Armon Hanatziv.

Les agents de la police des frontières israéliens patrouillant dans une rue de Jabel Mukaber après des affrontements dans le quartier en septembre (Crédit : AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)
Les agents de la police des frontières israéliens patrouillant dans une rue de Jabel Mukaber après des affrontements dans le quartier en septembre (Crédit : AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)

Pourtant, certaines personnes prenaient leurs propres précautions.

Mor Selecter et Aviya Moshe, deux étudiants à l’université qui ont récemment déménagé à Jérusalem, de Yokneam et Rishon Lezion, respectivement, et qui vivent dans les environs de Talpiot, attendaient le bus 12, avec Yam et Shapiro. Tous deux avaient des rendez-vous chez le médecin à la clinique située en bas du bloc, juste en face de l’arrêt de bus où l’attaque de mardi a eu lieu.

« Je ne voulais pas annuler mon rendez-vous mais je ne pouvais pas attendre le bus à l’arrêt », a déclaré Moshe. « Mes parents veulent que je reste à la maison et que je ne sorte pas du tout. Mais vous ne pouvez pas arrêter de vivre ».

Elle a, cependant, acheté du spray au poivre, il y a quelques jours. Selecter dit qu’elle a essayé aussi mais que le magasin avait vendu tout son stock.

« Je l’ai dans ma poche tout le temps, avec ma main sur la gâchette », a déclaré Moshe.

Il y avait moins de piétons plus bas dans la rue, à l’endroit le plus proche de l’entrée de Jabel Mukaber et de nombreux arrêts de bus sur la route 78 étaient vides, créant l’impression que les gens évitaient le bus entièrement. Selon Yossi, un répartiteur de taxis, les chauffeurs de taxi ont été occupés à conduire les passagers partout « dans toute la ville ».

« Personne ne veut prendre le bus », a-t-il dit.

Tandis que l’un des autobus 78 vides faisait son chemin sur le quartier d’Armon Hanatziv, il est passé devant la maison de Haim Haviv, 78 ans, dans la rue Elkahi, l’un des deux Israéliens tués dans l’attaque de bus. La clôture en face de la maison a été recouverte de blanc en signe de deuil. Sa femme, Shoshana Haviv, est hospitalisée dans un état grave.

D’Armon Hanatziv, le bus a fait son chemin à travers une partie d’Arnona avant de tourner à gauche sur la route d’Hébron.

Une rue plus loin, sur la route de Bethléem, les trottoirs étaient plus vides que d’habitude pour un matin en semaine, mais les tables des cafés n’étaient pas toutes vides, en particulier au Grand Cafe, où un garde armé était assis sur le trottoir.

La présence du garde, vêtu d’un T-shirt foncé bleu marine qui dévoilait ses bras musclés, et avec un capuchon bleu foncé sur la tête, a mis les les clients plus à l’aise, a expliqué David, qui était assis à l’une des les petites tables rondes sur le trottoir devant le café.

« Je n’avais pas prévu de m’asseoir pour mon café », a-t-il dit. « J’ai cru que je préfèrerais être plutôt dans ma voiture. Mais quand j’ai vu le garde, je me suis dit que je pouvais tenter ma chance ».

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