Dans les ruines d’une implantation évacuée, des centaines de personnes exigent d’y revenir
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Dans les ruines d’une implantation évacuée, des centaines de personnes exigent d’y revenir

Au milieu des pique-niques et des châteaux gonflables, les résidents appellent à la résurrection de 4 communautés dans le nord de la Cisjordanie, évacuées dans le cadre du retrait de Gaza

Jacob Magid est le correspondant implantations du Times of Israël

Les députés Likud et HaByit HaYehudi lors d'un rassemblement dans l'implantation évacuée de Sa-Nur dans le nord de la Cisjordanie (Crédit : Jacob Magid / The Times of Israel)
Les députés Likud et HaByit HaYehudi lors d'un rassemblement dans l'implantation évacuée de Sa-Nur dans le nord de la Cisjordanie (Crédit : Jacob Magid / The Times of Israel)

SA-NUR, Cisjordanie – Des centaines de personnes se sont réunies jeudi sur les ruines de l’implantation de Sa-Nur, qui a été évacuée, pour appeler le gouvernement à autoriser les Israéliens à revenir dans les communautés en Cisjordanie démolies au moment du désengagement de Gaza en 2005.

« Nous sommes venus ici aujourd’hui, 12 ans depuis que nous avons été expulsés de nos foyers, pour lancer un appel à notre gouvernement – le plus nationaliste de l’histoire de notre Etat – pour qu’il ne reste pas à l’écart ! ». Le président du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, qui a vécu à Sa-Nur avant le retrait, a crié depuis la scène installée sur place : « ne renoncez pas à cette occasion historique de corriger cette injustice ! ».

Avec le retrait israélien le plus important de la bande de Gaza, le gouvernement s’est également désengagé des implantations dans le nord de la Cisjordanie : de Kadim, Ganim, Homesh et Sa-Nur. Aujourd’hui, en vertu de la loi mettant en œuvre le plan de désengagement de 2005, la présence de civils israéliens sur les ruines de ces quatre implantations est illégale.

Le Conseil régional de Samarie, qui a organisé le « rassemblement de protestation », a déclaré qu’il avait coordonné l’arrivée massive des participants à l’événement avec l’armée à l’avance, étant entendu que les visiteurs repartiraient de la colline au coucher du soleil.

Alors que Dagan a partagé la scène avec onze législateurs du Likud et de HaBayit HaYehudi, les participants, surtout des femmes et des enfants, ont pique-niqué sur des tapis sous une grande bâche les protégeant du soleil brûlant d’août. Au milieu des fervents discours, le pianiste Yonatan Razel a donné un concert interactif pour les plus jeunes de la foule qui n’étaient pas occupés à bondir dans les deux châteaux gonflables apportés pour l’événement.

« Nous voulons montrer que ce sont des communautés animées qui ont été détruites et que cette vivacité peut être facilement restaurée », a déclaré Dagan au Times of Israël.

En juillet 2015, les forces de sécurité ont évacué de force quelque 200 manifestants du site de Sa-Nur après leur entrée dans les ruines de l’implantation pour marquer les 10 ans depuis son évacuation.

Parmi les députés présents, jeudi, il y avait Shuli Moalem-Refaeli et David Bitan, co-auteurs d’une proposition de loi visant à abroger la loi empêchant la réinstallation de Sa-Nur et les autres expulsés des communautés en Cisjordanie, que le président du Conseil de Samarie a salués.

Dans un échange avec le Times of Israël avant de monter sur scène, Bitan a expliqué que les quatre implantations avaient été évacuées uniquement en raison de la pression des États-Unis à l’époque. « Contrairement à Gaza où nous avons évacué tout le monde, ces quatre implantations se trouvent dans la zone C et l’armée y opère », a déclaré le président de la coalition. « Par conséquent, il n’y a aucune raison pour que les Israéliens ne puissent pas revenir ».

Les députés Likud et HaByit HaYehudi lors d'un rassemblement dans l'implantation évacuée de Sa-Nur dans le nord de la Cisjordanie (Crédit : Jacob Magid / The Times of Israel)
Les députés Likud et HaByit HaYehudi lors d’un rassemblement dans l’implantation évacuée de Sa-Nur dans le nord de la Cisjordanie (Crédit : Jacob Magid / The Times of Israël)

« Le désengagement était une erreur. Il n’y avait aucune justification pour la destruction des implantations dans le nord de la Samarie, et il n’y a aucune raison pour qu’elles ne soient pas rétablies », a déclaré Moalem-Refaeli.

Bien que les deux législateurs aient reconnu que l’adoption de la loi constituerait une bataille difficile, chacun d’entre eux a souligné que les tendances de droite de l’actuel gouvernement devraient permettre d’aboutir à la ratification de la proposition de loi. « Si le Premier ministre n’ordonne pas à la [ministre de la Justice Ayelet] Shaked de le retirer du programme législatif à la dernière minute, il passera », a déclaré Moalem-Refaeli en toute confiance.

D’anciens résidents de Homesh et Sa-nur ont participé au rassemblement de protestation. « Cette terre nous manque. Notre maison nous manque », a déclaré Naam Waldman, originaire de San-Nur. « Ce n’est qu’une question de temps avant que nous revenions, mais quand nous le ferons, ce sera une preuve de notre force face aux non-Juifs », a-t-il ajouté.

L’ancienne résidante de Homesh, Menorah Hazani, a emprunté un discours semblable en expliquant pourquoi elle était persuadée que le désengagement avait été une erreur. « Lorsque vous expulsez les Juifs de leurs maisons dans la terre d’Israël, ça fait mal au monde entier », a-t-elle déclaré. « Pour que le monde soit réparé, il faut que l’on rentre chez nous ».

Le député HaByit HaYehudi, Bezalel Smotrich (chemise bleue) parmi une centaines qui se sont réunis lors du rassemblement dans l'implantation évacuée de Sa-Nur dans le nord de la Cisjordanie. (Crédit : Jacob Magid / The Times of Israel)
Le député HaByit HaYehudi, Bezalel Smotrich (chemise bleue) parmi une centaine qui se sont réunis lors du rassemblement dans l’implantation évacuée de Sa-Nur dans le nord de la Cisjordanie. (Crédit : Jacob Magid / The Times of Israël)

Contrairement à Sa-Nur, il y avait près de Homesh une présence quotidienne, quoique illégale, des résidents d’implantation depuis le désengagement. À la suite de l’évacuation de 2005, une yeshiva a été établie sur les ruines de Homesh et, en raison d’une présence minimale de l’armée, quelque 25 étudiants montent chaque jour au sommet de la colline depuis le village de Shavei Shomron. Dagan a salué les jeunes élèves pour leur dévouement même « sous la pluie, la neige et la boue ».

Le président du Conseil de Samarie a terminé son discours en montrant le bâtiment à côté de la scène, l’une des quelques structures qui restent sur le site 12 ans après l’évacuation. Il a été impossible de transporter la synagogue de la communauté avec eux mais ils espèrent toujours le préserver, les résidents de Sa-Nur l’ont rempli de sable et fermé.

« Vous voyez, tout est prêt », a proclamé Dagan devant une foule enthousiaste. « Le gouvernement a juste besoin de prendre la bonne décision et nous pourrons revenir et prier ici encore une fois ».

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