Dans son budget prévisionnel, Trump met en avant l’aide à Israël
Rechercher

Dans son budget prévisionnel, Trump met en avant l’aide à Israël

La Maison Blanche maintient l’aide pour Israël mais réduit de 28 % le budget global du département d'Etat, faisant craindre une baisse de l'aide à l'Égypte et la Jordanie

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à la Maison Blanche, le 15 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

WASHINGTON – Le président américain Donald Trump a publié jeudi son premier projet de budget, en ne touchant pas à l’aide à Israël alors qu’il appelait à des réductions massives du budget de l’agence de Protection de l’environnement, du département du Travail et du département d’État.

Le projet budgétaire de Trump a l’intention de réduire ce qu’il considère comme le financement inutile de divers organismes et programmes, afin qu’il puisse allouer plus d’argent aux dépenses militaires. Ainsi, il pourra tenir sa promesse électorale de renforcement des capacités militaires des Etats-Unis. Le projet budgétaire n’impacte cependant pas les milliards de dollars d’aide à la défense d’Israël.

La proposition de budget « prévoit 3,1 milliards de dollars pour honorer l’engagement d’assistance en matière de sécurité à l’égard d’Israël, qui atteint actuellement un niveau record ; en veillant à ce qu’Israël ait la capacité de se défendre contre les menaces et de maintenir son avantage militaire qualitatif », selon une copie du document intitulé « L’Amérique d’abord ».

Le plan budgétaire a été publié par le bureau de la Gestion et du Budget.

Cependant, d’autres programmes d’aide étrangère n’ont pas été mentionnés, ce qui a suscité des inquiétudes chez d’autres pays, qui pourraient voir des réductions annuelles de l’aide qu’ils recevaient de Washington avec le budget du département d’État reculant de 28,7 %.

Trump, qui a promis de réduire les dépenses gouvernementales et de cesser d’envoyer de l’argent à l’étranger, voulait initialement réduire le budget du ministère de 37 %.

Selon le New York Times, Trump a accordé au secrétaire d’Etat Rex Tillerson le pouvoir discrétionnaire de choisir les coupes budgétaires appropriée, à l’exception d’Israël, lui ordonnant de laisser l’aide à l’Etat juif en place.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 14 février 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson, à Washington, D.C., le 14 février 2017. (Crédit : Avi Ohayun/GPO)

Bien que rien n’indique que l’aide américaine à Israël serait visée par les réductions, la promesse de Trump de réduire de façon spectaculaire le financement du département d’Etat a poussé certains à s’inquiéter sur la façon dont Israël pourrait être touché.

Rien n’indiquait immédiatement que l’aide à l’Égypte et à la Jordanie, les plus grands bénéficiaires de l’aide américaine après Israël, serait affectée.

« La demande pour l’exercice 2018 pour le département d’Etat et l’USAID nous permettra d’atteindre nos objectifs en politique étrangère. Le secrétaire Tillerson profitera de cette occasion pour s’assurer que nous utilisons l’argent des contribuables américains aussi efficacement et efficiente que possible », a déclaré un porte-parole du département d’État au Times of Israël.

« Plus tard ce printemps, le président publiera la demande budgétaire complète de l’exercice 2018 avec plus de détails sur le financement et les programmes spécifiques demandés au département d’État et à l’USAID, ainsi que d’autres agences de la Direction générale ».

L’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, a estimé sur Twitter que les éventuelles coupes budgétaires en Jordanie et en Egypte pourraient avoir un impact négatif sur Jérusalem. Ces deux accords d’aide avaient été signés à la suite des accords de paix avec Israël.

L’aide à Israël fait partie d’un programme d’assistance militaire négocié entre les deux pays dans un mémorandum d’accord pour 10 ans, qui expire en 2018. A ce moment, l’accord historique conclu entre l’administration Obama et Israël entrera en vigueur.

Cet accord, signé par les deux parties en septembre 2016, accordera à Israël 3,8 milliards de dollars par an – une hausse par rapport aux 3,1 milliards de dollars promis en vertu du protocole d’entente précédent – à partir de 2018 et jusqu’en 2028.

Le protocole d’entente signé entre Washington et Jérusalem est le plus important programme d’aide à la défense que les États-Unis ont accordé à un pays tiers de toute l’histoire du pays.

La signature de l'accord d'aide militaire israélo-américain au département d'Etat, le 14 septembre 2016. (Crédit : ambassade israélienne à Washington)
La signature de l’accord d’aide militaire israélo-américain au département d’Etat, le 14 septembre 2016. (Crédit : ambassade israélienne à Washington)

Ce financement est accordé à une myriade de programmes de défense israéliens, notamment le système d’interception de missiles Dôme de Fer, le programme d’intercepteurs de longue portée Arrow 3 et les intercepteurs de roquette à moyenne portée Fronde de David.

La rhétorique de Trump pendant la campagne avait causé quelques tressaillements en Israël et ailleurs, de crainte qu’il ne réduise l’aide généralement accordée aux alliés des Etats-Unis.

La présentation du budget de Trump a eu lieu alors que son envoyé spécial pour les négociations internationales, Jason Greenblatt, finissait une « tournée d’écoute » dans la région pour tenter de conclure un accord de paix entre Israël et les Palestiniens

Au cours des derniers jours, Greenblatt a rencontré à plusieurs reprises le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, ainsi que le roi Abdallah II de Jordanie.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...