Dans une vidéo, Netanyahu rejette toute responsabilité dans le pogrom du 7 octobre
Face aux turbulences de la coalition et aux critiques croissantes sur le conflit de Gaza, le Premier ministre a salué ses actions en temps de guerre

Dans une vidéo en anglais qui a été partagée sur les réseaux sociaux, lundi dans la soirée, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejeté les accusations laissant entendre que lui-même et son gouvernement étaient responsables des échecs qui avaient entraîné le pogrom du Hamas le 7 octobre 2023, et il a répété que c’était l’establishment de la sécurité – et non les dirigeants politiques – qui n’était pas parvenu à empêcher l’attaque la plus meurtrière de toute l’Histoire d’Israël.
Alors que la stabilité de sa coalition est à nouveau menacée et que les accusations laissant entendre qu’il a prolongé la guerre à Gaza à des fins politiques se multiplient – une thèse qui a notamment fait l’objet d’un article fouillé dans le New York Times, qui est paru ce week-end – Netanyahu a échangé avec la conseillère en affaires internationales qu’il a récemment nommée, l’ancienne journaliste Caroline Glick, au cours d’une interview de huit minutes. Il a profité de cette occasion pour se laisser aller à certaines de ses critiques les plus sévères à l’encontre de l’establishment sécuritaire israélien et il a pris la défense de ses politiques en matière de guerre.
En réponse à ce que Glick a appelé « certaines questions difficiles qui reviennent sans arrêt dans les médias internationaux », Netanyahu a affirmé qu’il avait été induit en erreur par les responsables de la Défense, qu’il n’avait pas été informé de l’existence de renseignements pourtant déterminants et qu’il avait finalement assumé toutes les décisions essentielles qui avaient été à prendre en temps de guerre. Il a rejeté les accusations qui ont pu laisser entendre que son programme politique ou des considérations relatives à la coalition avaient encadré sa prise en charge de la sécurité nationale.
Les faits, tout simplement
Dans la vidéo postée sur son compte X, une séquence qui a été intitulée « Juste les faits », le Premier ministre a répondu aux accusations laissant entendre que les troubles qui avaient été causés, sur la sol israélien, par le plan de refonte radicale du système judiciaire qui avait été avancé par son gouvernement, en 2023, avaient créé les conditions de l’attaque. Une idée « bidon », a-t-il estimé.
« Ne vous méprenez pas sur notre débat démocratique interne », a-t-il dit dans l’entretien. « Au jour du châtiment, si nous sommes attaqués, nous sommes tous là, à gauche comme à droite, et c’est exactement ce qui s’est passé »
Interrogé sur les affirmations qui ont été faites par l’ancien chef d’état-major d’état-major de Tsahal, Herzi Halevi, et par l’ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, qui ont tous les deux déclaré qu’ils avaient averti Netanyahu d’une attaque imminente, des mois auparavant, Netanyahu a démenti.
« C’est exactement le contraire », a-t-il insisté, faisant référence à des « conversations enregistrées avec l’ensemble du cabinet ».
Le Premier ministre a répété que, comme il l’avait affirmé antérieurement, les services de sécurité avaient « convaincu le gouvernement de ne pas s’inquiéter » et que leurs anciens dirigeants lui avaient dit que « le Hamas est dissuadé d’attaquer. Le Hamas veut des ouvriers, il veut des avantages économiques, il n’y a pas de danger d’attaque imminente. Et ils l’ont dit et répété ; ils l’ont répété encore et encore », a-t-il indiqué.
Il a de nouveau souligné que la veille du pogrom, à minuit, il y avait eu « de nombreux signes » qui avaient présagé que quelque chose était en train de se préparer, des signes détectés par les services de renseignements. Mais, a-t-il ajouté, « ils ne m’ont pas appelé. Ils n’ont pas réveillé le commandant en chef. Laissez-moi vous dire que si j’avais reçu un appel, j’aurais agi différemment – et cela ne s’est pas produit », a-t-il dit.
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— Benjamin Netanyahu – בנימין נתניהו (@netanyahu) July 14, 2025
Le Premier ministre a également évoqué le plan des « murs de Jéricho » comme preuve de la mauvaise interprétation des renseignements portant sur le Hamas de la part des services concernés.
En 2022, l’Administration des renseignements de Tsahal avait obtenu des informations du Hamas datant du mois d’août 2021, qui décrivaient une prise d’assaut terrestre à grande échelle des communautés frontalières israéliennes et des postes militaires. Ces informations avaient été consignées dans un rapport intitulé « Les murs de Jéricho ».
« Nous ne l’avons jamais vu », a affirmé Netanyahu en faisant référence à ce rapport. Il a ajouté que l’existence même du plan d’invasion du groupe terroriste contredisait ceux qui accusent encore aujourd’hui le plan de refonte radicale du système judiciaire d’avoir créé les conditions du massacre. « Le Hamas avait conçu ce projet en 202 alors qu’un gouvernement de gauche était au pouvoir. Cela n’a rien à voir avec la réforme du système judiciaire ».
Le Premier ministre a accusé la communauté des renseignements d’avoir enterré le plan. « Il décrivait exactement ce que le Hamas allait faire… mais ces types travaillaient tous avec une idée fixe : celle que le Hamas était dissuadé d’attaquer et que même si ces informations incroyables étaient tombées entre nos mains, les terroristes ne pensaient pas vraiment ce qu’ils avaient écrit. Le Hamas voulait des cadeaux, il voulait des avantages, il n’allait pas nous attaquer », a-t-il déclaré.
Des récits contradictoires
Malgré les affirmations de Netanyahu, les rapports officiels établis par les agences de sécurité montrent que plusieurs avertissements avaient été adressés à la hiérarchie politique par les agences concernées au cours des années et des mois qui avaient précédé le 7 octobre.
Au mois de mai 2024, Tsahal avait révélé qu’au printemps et à l’été 2023, le Premier ministre avait ainsi reçu au moins quatre documents officiels qui l’avaient mis en garde sur la manière dont les ennemis du pays considéraient les bouleversements sociétaux provoqués par la réforme judiciaire de l’époque.
Au mois de mars, l’agence de sécurité du Shin Bet a diffusé un résumé de ses enquêtes sur ses échecs au cours de la période qui avait précédé le 7 octobre – résumé dans lequel a dénoncé une politique gouvernementale trop défensive à l’égard de Gaza au fil des ans, disant que cette politique avait amené une contribution essentielle à l’attaque.
Tout en reconnaissant que si l’agence avait agi différemment, « le massacre aurait été évité », Bar avait constaté que la politique mise en place par le gouvernement Netanyahu, qui consistait à autoriser l’entrée de fonds qataris au sein de l’enclave – des liquidités dont l’aile militaire du Hamas elle-même profitait – avait permis au groupe terroriste de développer ses forces en vue de l’assaut du 7 octobre.
L’enquête avait également révélé que, dans la nuit du 6 au 7 octobre, il y avait eu des lacunes dans le « traitement de l’information et dans l’intégration des renseignements ». Certaines opérations n’avaient pas suivi le protocole habituel et il y avait eu un manque de « fusion » avec les renseignements de Tsahal.
Au mois de mars, l’ancien chef du Shin Bet, Nadav Argaman, avait indiqué que Netanyahu avait tenté « d’acheter la paix [à Gaza] avec de l’argent qatari » alors qu’il connaissait le positionnement de l’agence qui s’opposait à cette politique.
« C’était clair aux yeux de tout le monde que ça finirait par se retourner contre nous un jour », avait-il affirmé. « Le Premier ministre le savait, le cabinet le savait : les problèmes ont été présentés plus d’une fois ou deux ».
La « fin de partie » à Gaza
En ce qui concerne l’après-7 octobre, Netanyahu a également répondu aux critiques qui ont laissé entendre qu’il s’était attribué les mérites des grandes réalisations des responsables de la sécurité pendant la guerre, tout en évitant d’assumer la responsabilité des échecs : « Il y a eu beaucoup de questions, beaucoup de réserves, dont certaines étaient légitimes. Mais dans toutes les décisions déterminantes de la guerre… c’est moi qui les ai dirigées. Les autres ont suivi. Je suis heureux qu’ils l’aient fait ».
Il a fait la liste de ce qui, a-t-il dit, ont été ses « principales décisions » en temps de guerre : l’offensive contre le Hamas tout en maintenant le Hezbollah à distance, le lancement de l’opération de Rafah, le lancement de l’attaque des bipeurs contre le Hezbollah, le feu vert donné à l’élimination de l’ancien chef du Hezbollah Hassan Nasrallah et l’attaque lancée au mois de juin contre l’Iran. Nombre de ces mesures, a-t-il déclaré, ont été prises contre l’avis des responsables de la sécurité et malgré les pressions de l’administration américaine précédente.
Le Premier ministre a abordé les négociations en cours sur un cessez-le-feu à Gaza qui ouvrirait la porte à la remise en liberté des otages. Il a nié tout rapport entre la politique de coalition et l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement les pourparlers.
« C’est ridicule, a-t-il commenté. « En fait, j’ai conclu des accords qui ont permis aux otages d’être relâchés en m’opposant à mes partenaires politiques au sein de la coalition. Certains d’entre eux ont voté contre. Cela ne m’a pas dérangé ».
Il a ajouté qu’il refusait d’accepter l’idée qu’aucun otage ne reviendrait vivant et qu’il n’opposait un refus à une proposition que lorsque cette dernière était mauvaise : « Un mauvais accord consisterait à quitter Gaza, à permettre au Hamas de se réarmer et de nous attaquer encore et encore. Aucun gouvernement sain d’esprit ne le ferait. Je ne l’ai assurément pas fait ».
« J’ai l’intention de les rapatrier tous », a expliqué Netanyahu en évoquant les 50 otages qui se trouvent toujours dans les geôles du Hamas.
Interrogé sur les informations laissant entendre qu’il aurait refusé de s’engager dans les propositions américaines pour le « jour d’après » à Gaza quant Joe Biden était à la Maison Blanche, de peur de mettre en colère ses partenaires de la coalition de droite, Netanyahu a répondu : « Non, c’est un autre mensonge. Ce n’est pas ma survie politique personnelle qui me préoccupe, mais c’est la survie de mon pays ».
Interrogé sur sa « finalité » à Gaza, le Premier ministre a simplement répondu : « Cela s’appelle la victoire, la victoire, la victoire ».
Il a conclu en s’alignant sur le président américain Donald Trump, déclarant qu’ils respectaient tous deux « une doctrine appelée la paix par la force. La force vient d’abord, la paix ensuite. C’est ce qui va se passer ».
Emmanuel Fabian a contribué à cet article.







