D’autres morts sont signalés près des sites d’aide à Gaza
L'armée affirme ne pas avoir connaissance de ces incidents meurtriers ; le chef du Mossad et Steve Witkoff auraient discuté de la relocalisation des habitants de Gaza

L’agence de Défense civile, qui est placée sous le contrôle du Hamas à Gaza, a fait savoir que des tirs israéliens avaient entraîné la mort de dix Palestiniens venus chercher des aides humanitaires, vendredi, sur des sites de distribution gérés par la Fondation humanitaire de Gaza, alors qu’Israël a, de son côté, annoncé avoir pris pour cible des terroristes de haut-rang lors de frappes aériennes au sein de l’enclave.
Le porte-parole de la Défense civile, Mahmud Bassal, a indiqué que les coups de feu des soldats israéliens avaient tué neuf personnes « aux abords du centre d’aide américain situé dans la zone d’Al-Shakoush, au nord-ouest de la ville de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza ». Les médias, dans la bande, ont rapporté que six personnes avaient perdu la vie dans le cadre de cet incident.
En réponse à une demande du Times of Israel, l’armée israélienne a déclaré ne pas avoir eu connaissance de ces incidents survenus vendredi dans la matinée.
Bassal a ajouté qu’il y avait eu « un martyr et huit blessés à la suite de tirs israéliens qui ont pris pour cible des civils rassemblés près d’un point de distribution d’aide à proximité du corridor de Netzarim, au sud de Gaza City ».
De plus, l’hôpital Al-Awda a expliqué avoir accueilli quatre personnes qui avaient été blessées par des coups de feu dans un autre centre de distribution situé le long du corridor de Netzarim, dans le centre de Gaza.
La GHF, soutenu par Israël et les Etats-Unis, a lancé ses opérations sur le terrain à la fin du mois de mai, alors qu’Israël venait de lever un blocus imposé sur l’entrée des aides humanitaires dans Gaza, blocage qui avait duré presque trois mois. Les soldats israéliens ont lancé une nouvelle opération, baptisée « Chars de Gédéon », dans le but de prendre le contrôle de 75 % de la bande avec pour objectif de vaincre le Hamas et d’obtenir la libération des otages qui avaient été capturés par le groupe terroriste lors du pogrom commis par le groupe terroriste palestinien dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
La GHF fait l’objet de vives critiques de la part des Nations unies et d’autres organisations d’aide, qui ont qualifié son modèle « d’intrinsèquement dangereux » et l’ont accusée de ne pas répondre aux besoins de la population de l’enclave.
Alors que la GHF affirme avoir distribué des millions de repas aux habitants de Gaza, des responsables locaux de la santé, contrôlés par le Hamas, et des témoins ont signalé que des centaines de personnes avaient été tuées par des tirs de l’armée alors qu’elles tentaient d’atteindre les centres de distribution.
Israël, qui accuse le Hamas de détourner l’aide qui entre à Gaza, l’accuse également d’attaquer les civils gazaouis aux abords des sites de la GHF et de falsifier le bilan humain. L’État juif a toutefois reconnu que « plusieurs » civils gazaouis avaient été abattus à proximité des centres de distribution de la GHF.
Les soldats israéliens tuent des responsables du Hamas
Tsahal et le Shin Bet ont déclaré vendredi que le commandant du bataillon Daraj-Tuffah du Hamas, Muhamad Ghaseen, qui avait envahi Israël lors de l’attaque du 7 octobre, a été tué lors d’une frappe, la semaine dernière, qui a pris pour cible les quartiers Daraj et Tuffah, à l’est de Gaza City.
Tsahal a fait savoir que Ghaseen avait été à l’origine de nombreuses attaques contre les forces israéliennes, pendant la guerre, ajoutant que son assassinat « constitue un coup dur pour le fonctionnement du bataillon qu’il commandait », notant que « sa mort diminuera la capacité du bataillon à mener des opérations terroristes contre les troupes qui mènent des opérations dans la région ».
Dans une annonce distincte, les militaires et le Shin Bet ont expliqué qu’une attaque lancée la semaine dernière avait tué Barhoum Shaheen, le chef de l’appareil général de sécurité du Hamas, dans l’ouest de Gaza. Ils ont annoncé que Hashem Sarsour, le chef du comité d’urgence du Hamas dans l’est de Gaza et Faraj al-Aoul, le chef du bureau juridique du groupe terroriste, ont aussi perdu la vie dans des bombardements.
Tsahal a noté que que Shaheen et Sarsour « étaient impliqués dans les activités sécuritaires et relatives à la gouvernance du Hamas à Gaza, s’en prenant à la population gazaouie, et ils soutenaient les terroristes de l’aile militaire du Hamas, tout en employant des méthodes de répression et en recourant à la violence à l’encontre des civils. »
« L’appareil de sécurité », selon Tsahal, est un organe clandestin du Hamas chargé de découvrir les « collaborateurs » d’Israël, d’assurer la sécurité des hauts responsables et des biens du Hamas à Gaza et en-dehors de l’enclave côtière, opprimant les opposants au régime du Hamas.
Le comité d’urgence est une instance du Hamas chargée de maintenir l’ordre public et le contrôle civil au sein des municipalités, dans la bande de Gaza.
Les militaires et le Shin Bet ont également annoncé qu’une frappe aérienne israélienne avait tué dimanche Raed Khaled Hassan Jabin, un important agent du Jihad islamique palestinien, qui, selon l’armée, était une personnalité « déterminante » dans le transfert de fonds destinés à financer des attaques terroristes depuis la Cisjordanie.
Il avait été emprisonné en Israël entre 2006 et 2015 pour son implication dans les activités terroristes du Jihad islamique, a rappelé l’armée.
Sur les images des frappes aériennes menées dans la bande de Gaza tout au long de la semaine, des séquences qui ont été diffusées vendredi, Tsahal a expliqué que des centaines de cibles ont été touchées par des avions de chasse, des hélicoptères et des drones, y compris des cellules terroristes, des caches d’armes, des pièges, des postes antichars et des postes de tireurs d’élite.
Vendredi également, une roquette a été lancée en direction du sud d’Israël depuis le nord de la bande de Gaza. La roquette a été interceptée et aucun blessé n’a été signalé. Il n’y a pas eu de dégât.
Le chef du Mossad s’entretiendrait avec Witkoff concernant le transfert des habitants de Gaza
Pendant ce temps, le chef de l’agence d’espionnage du Mossad, David Barnea, s’est rendu à Washington cette semaine dans le cadre d’une initiative prise par Israël qui tente d’obtenir l’aide de l’administration Trump au sujet du déplacement des Palestiniens hors de Gaza, a rapporté Axios, qui a cité deux sources proches du dossier.
Les deux sources ont confié que Barnea a fait savoir à l’envoyé spécial américain Steve Witkoff que l’Éthiopie, l’Indonésie et la Libye avaient montré leur volonté d’accueillir les réfugiés palestiniens de Gaza, et que Washington devrait offrir des « incitations » à ces pays pour qu’ils acceptent ces relocalisations.
Toutefois, Witkoff n’a pas pris d’engagement sur la question, a dit une source.
Des officiels américains ont également déclaré que la Maison Blanche n’était pas favorable au transfert des Palestiniens de Gaza, en raison de l’opposition des pays arabes.
La visite de Barnea a eu lieu quelques mois après que le président américain Donald Trump a proposé que tous les habitants de l’enclave soient déplacés jusqu’à une date indéterminée pendant la reconstruction de la bande de Gaza. Les pays arabes et une grande partie du monde occidental se sont fortement opposés à cette idée alors que Netanyahu et sa coalition l’ont soutenue avec enthousiasme.
L’enclave côtière a été dévastée par la guerre menée par Israël contre le Hamas – une guerre qui avait commencé le 7 octobre 2023, quand des terroristes placés sous la direction du Hamas avaient envahi Israël, massacrant plus de 1 200 personnes et kidnappant 251 personnes qui avaient été prises en otage dans la bande de Gaza. Cinquante captifs se trouvent toujours au sein de l’enclave côtière. La mort de 28 d’entre eux a été confirmée par l’armée.
Le ministère de la Santé de Gaza, qui est placé sous la direction du Hamas, affirme que plus de 58 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent – même si ce bilan est invérifiable et qu’il ne fait aucune distinction entre civils et hommes armés. De son côté, Israël avait fait savoir, au mois de janvier, qu’environ 20 000 combattants des groupes terroristes avaient perdu la vie dans le cadre du conflit, en plus de 1600 autres terroristes qui avaient été tués dans le sud d’Israël lors du massacre du 7 octobre.
Tsahal affirme prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.







