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David Cameron : Israël doit s’assurer que l’aide arrive aux Gazaouis

Le ministre britannique par ailleurs déclaré à la Chambre des Lords que si le Hamas venait à rester au pouvoir, "aucun cessez-le-feu ne durera parce que le problème sera encore présent"

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron répond aux questions à la Chambre des Lords, le 13 février 2024. (Capture d'écran/YouTube; Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron répond aux questions à la Chambre des Lords, le 13 février 2024. (Capture d'écran/YouTube; Used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron a appelé Israël, mardi, à s’assurer que les aides humanitaires arrivaient bien jusqu’aux civils de Gaza, disant qu’un échec à garantir l’acheminement de cette assistance vitale serait une violation du droit international. Il a aussi souligné que tout cessez-le-feu potentiellement conclu avec un Hamas encore au pouvoir au sein de l’enclave côtière ne durerait pas.

« Ce qui arrive à Gaza est une tragédie. Nous voulons voir se terminer la souffrance, nous voulons voir un terme à tous ces morts », a-t-il dit en réponse à une question à la Chambre des Lords. « La pause dans les combats que nous appelons de nos vœux, nous voulons la transformer en cessez-le-feu, en nous assurant que les conditions seront les meilleures pour le conclure ».

Cameron a indiqué que parmi ces conditions, il y avait notamment « l’expulsion des chefs du Hamas à Gaza, aucun cessez-le-feu ne pouvant durer tant que le problème sera présent. Il faut démanteler la structure qui permet les attaques terroristes ».

« Il faut aussi avoir une nouvelle Autorité palestinienne. Il faut donner aux Palestiniens un horizon politique ouvert sur un avenir meilleur et sur une solution à deux États. Et il faut, c’est crucial, remettre en liberté tous les otages et le faire très rapidement », a-t-il continué.

Cameron a indiqué qu’il avait « personnellement » interpellé Israël suite à des incidents survenus à Gaza alors qu’il était interrogé sur la mort d’une fillette qui avait supplié qu’on lui vienne en aide et dont le corps sans vie avait finalement été retrouvé, ce qui avait bouleversé la communauté internationale.

« Nous continuerons à interpeller Israël dans le cadre du processus très important que nous menons pour déterminer si les agissements des Israéliens sont bien conformes au droit humanitaire », a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite), rencontrant le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron, à Jérusalem, le 24 janvier 2024. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Cameron a été interrogé sur son éventuelle « connaissance d’initiatives prises par le Hamas visant à protéger les enfants de Gaza » – la libération des otages, l’arrêt des attaques contre Israël et ou l’organisation de la fuite de ses chefs vers le Golfe. Il a répondu en évoquant les enfants israéliens tués et kidnappés par le groupe terroriste pendant son assaut meurtrier commis dans le sud d’Israël, le 7 octobre.

« C’est vrai que dans cette Chambre, nous nous demandons continuellement ce qu’Israël pourrait faire d’autre mais nous devrions, en même temps, dire ce que le Hamas devrait faire – et il devrait déposer les armes et arrêter dès maintenant. Le Hamas pourrait mettre immédiatement un terme à ce conflit », a dit le ministre des Affaires étrangères.

Cameron a aussi répété que « notre objectif » devait être de négocier une pause dans les combats qui pourrait ouvrir la porte à un cessez-le-feu permanent – « mais, ce qui est plus important encore, cette pause est nécessaire pour faire entrer les aides humanitaires dans la bande et pour en faire sortir les otages ».

Il a aussi vivement recommandé à Israël « de bien prendre le temps de réfléchir » avant de lancer toute opération militaire à Rafah, la ville la plus au sud de l’enclave côtière.

« Les gens qui se trouvent à Rafah ont, pour un grand nombre d’entre eux, été déjà déplacés trois, quatre ou cinq fois. Et ce n’est pas possible de partir encore. Ils ne peuvent pas aller dans le nord parce qu’ils retourneraient dans des maisons qui ont été détruites. Ils ne peuvent pas aller dans le sud parce que cela impliquerait d’entrer en Égypte – aucun d’entre nous ne souhaite voir ça et les Égyptiens ne le souhaitent pas non plus », a-t-il noté.

« C’est la raison pour laquelle il est tellement important que les Israéliens prennent bien le temps de réfléchir avant de lancer une opération à Rafah », a-t-il continué.

Les troupes en opération dans la bande de Gaza sur une photo autorisée à la publication le 13 février 2024. (Crédit : Armée israélienne)

Cameron a estimé que si Israël avait « le droit absolu de répondre » à l’assaut meurtrier du 7 octobre – qui, a-t-il dit, a été « le pire pogrom depuis la Shoah » – le pays « doit se conformer au droit humanitaire international ».

« Ce qui implique non seulement ce que l’armée peut faire pour juger de ses actions dans le cadre de cette guerre mais ce qui signifie également que dans la mesure où Israël est la puissance occupante à Gaza, le pays doit garantir que les aides humanitaires, que l’eau, les produits alimentaires et les refuges sont bien mis à la disposition de la population de Gaza – parce que si Israël ne le fait pas, alors c’est aussi une violation du droit humanitaire », a-t-il expliqué.

De plus, il a été demandé à Cameron si « une reconnaissance unilatérale anticipée » d’un Etat palestinien s’apparenterait à une récompense pour le Hamas – le secrétaire aux Affaires étrangères avait récemment indiqué que la Grande-Bretagne réfléchissait à cette possibilité.

« Bien sûr, ce ne serait pas une récompense accordée au Hamas », a-t-il insisté. « Le Hamas ne cherche pas la solution à deux États ; il ne jure que par la destruction d’Israël. »

« Nous devons essayer de séparer la population palestinienne du Hamas », a continué Cameron. « L’un des meilleurs moyens de le faire… est d’offrir aux Palestiniens… une meilleure gouvernance, avec une Autorité palestinienne réformée et l’horizon d’une solution à deux États à long-terme ».

« Ce n’est pas parce qu’une reconnaissance ne se fera pas dès le début que cela veut dire qu’il faudra attendre la fin pour la faire. L’une des choses qui commence à changer actuellement, et je pense que c’est une bonne chose, c’est le positionnement américain qui était, jusqu’à présent, que la reconnaissance ne pourrait survenir qu’au moment où Israël et la Palestine s’accorderaient sur la formation d’un Etat palestinien. Si on fait cela, on… donne, dans les faits, un droit de veto à Israël en ce qui concerne l’établissement d’un Etat palestinien, et je pense que c’est le contraire de l’idée de créer une sorte d’élan inarrêtable et irréversible en direction de cette solution à deux Etats que nous appelons tous de nos vœux ».

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