David Elhayani persiste dans son rejet du plan de Trump
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David Elhayani persiste dans son rejet du plan de Trump

Au lendemain de sa condamnation pour avoir critiqué Trump, David Elhayani dit qu'il a le devoir de dire qu'il considère comme une "menace existentielle" la proposition de paix US

David Elhayani, chef du Conseil régional de la vallée du Jourdain, vu sous la tente de protestation des chefs des conseils de Judée et de Samarie et de la vallée du Jourdain en faveur de la souveraineté, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 4 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
David Elhayani, chef du Conseil régional de la vallée du Jourdain, vu sous la tente de protestation des chefs des conseils de Judée et de Samarie et de la vallée du Jourdain en faveur de la souveraineté, devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 4 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Jeudi, un haut responsable des implantations a comparé la pression exercée par Washington et Jérusalem pour accepter le plan de paix de l’administration Trump à être contraint de manger du gâteau sous peine de subir des blessures corporelles graves.

Le chef du Conseil régional de la vallée du Jourdain, David Elhyani, a été le principal opposant des implantations au plan américain, qui prévoit l’annexion de larges pans de la Cisjordanie mais laisse ouverte la possibilité d’un État palestinien.

S’adressant à la radio de l’armée un jour après avoir été réprimandé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour s’être prononcé contre le plan, Elhayani a déclaré qu’il n’avait pas d’autre choix que de mettre en garde Israël contre ce qu’il considère comme une proposition dangereuse.

« Si quelqu’un vient me voir avec un gâteau en me pointant un pistolet sur la tempe, est-ce que je vais prendre un morceau de gâteau et lui dire au revoir ? « Mon devoir est de nous sauver des menaces existentielles. »

Elhayani, qui préside le conseil des maires des implantations de Yesha, a repoussé les accusations selon lesquelles il serait ingrat envers Washington alors que celui-ci propose de reconnaître la souveraineté, en disant à la station qu’il était préoccupé non seulement par la sécurité des implantations israéliennes dans la vallée du Jourdain ou dans d’autres régions de Cisjordanie, mais aussi par la sécurité de tous les citoyens d’Israël.

Ses déclarations ont incité d’autres chefs des implantations à demander sa démission, a rapporté la Treizième chaîne, avec un groupe interne Whatsapp de chefs des implantations qui a émis plusieurs critiques cinglantes sur ses déclarations et des accusations d’“humiliation” des résidents des implantations.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, (à gauche), et l’ambassadeur américain en Israël David Friedman, près de la plaque posée à l’ambassade américaine de Jérusalem, le 21 mars 2019. (Jim Young/Pool photo via AP, File)

Elhayani a également revu à la baisse ses remarques sur le président Donald Trump de la veille, dans lesquelles il a déclaré au quotidien Haaretz que Trump et son conseiller principal Jared Kushner ont montré par leur proposition de paix qu’“ils ne sont pas des amis de l’État d’Israël”.

Bien qu’il ait concédé qu’il ne faisait aucun doute que Trump avait « fait des choses merveilleuses pour Israël », comme déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem, reconnaître la souveraineté israélienne sur le Golan et agir contre les Iraniens, la création d’un Etat palestinien est, selon Elhayani, inacceptable.

Si Trump veut établir un État palestinien près du cœur d’Israël, entre la Jordanie et la mer Méditerranée, a-t-il dit, s’adressant au président américain, « alors vous n’êtes pas un ami ».

Un tel État, a-t-il souligné, « est un danger pour Israël ».

Elhayani a averti que dès qu’Israël étendrait sa souveraineté à certaines régions, il reconnaîtrait effectivement les frontières d’un futur État palestinien et que Washington avait l’intention de s’appuyer sur cette démarche pour mettre en œuvre le reste du plan de paix.

« C’est un plan de division [du territoire] », a-t-il déclaré.

« Nous ne devons donner aucune chance à la création d’un État palestinien », a-t-il déclaré, et a précisé qu’il était prêt à renoncer à la souveraineté israélienne sur certaines zones de la Cisjordanie si cela signifiait empêcher la création d’un État palestinien.

Les propos d’Elhayani à Haaretz avaient été sévèrement réprimandés par Netanyahu et d’autres dirigeants de droite.

Le dirigeant d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, dans une interview au New York Times, a déclaré de son côté que Netanyahu cherche à annexer pour « fuir » des problèmes comme ses accusations criminelles et le naufrage de l’économie.

Selon lui, Netanyahu aurait pu annexer la vallée stratégique du Jourdain il y a plus d’un an, mais il s’est abstenu.

« Vous avez une majorité », a-t-il dit, qualifiant le Premier ministre de « bluffeur ». « Quel est votre problème ? Vous parlez de la vallée du Jourdain. Allons-y. »

M. Liberman se dit favorable à l’annexion de la vallée du Jourdain, même si cela interfère avec les relations diplomatiques naissantes avec les États arabes modérés.

« Il y a des risques », a-t-il déclaré. « Mais je ne connais pas non plus de lutte nationale sans risques. Il y a des risques et un prix à payer pour tout. Et je suis prêt à en payer le prix ».

M. Liberman a également déclaré que les risques de violence en Cisjordanie sont « sérieux » si Netanyahu poursuit son action.

Il a également qualifié le ministre de la Défense Benny Gantz, qui a repris son ancien poste, de « très faible » pour avoir rejoint les rangs de Netanyahu.

« C’était vraiment une trahison de ses promesses, de ses engagements envers ses électeurs », a-t-il déclaré. « Je pense qu’il est encore très faible », a ajouté M. Liberman. « Il estime qu’il n’a pas le pouvoir d’être un vrai Premier ministre. Il préfère être ministre de la Défense dans le gouvernement de Netanyahu ».

« Ce n’est pas l’unité quand Gantz a renoncé à tout ce qu’il avait promis », a-t-il déclaré. « C’est un cinquième gouvernement Netanyahu. »

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