David Keyes, bientôt porte-parole de Netanyahu ?
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David Keyes, bientôt porte-parole de Netanyahu ?

Le New York Times considère le militant de défense des droits de l'Homme comme le « pionnier de l'activisme en ligne »

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

David Keyes. (Autorisation)
David Keyes. (Autorisation)

Le militant des droits de l’Homme, David Keyes, devrait devenir le nouveau conseiller et le porte-parole auprès de la presse étrangère du Premier ministre Benjamin Netanyahu, selon des sources proches du dossier.

Keyes, qui est né en Californie et qui vit actuellement à New York, remplacera Mark Regev, qui a été nommé au poste d’ambassadeur d’Israël à Londres.

Le cabinet du Premier ministre n’a pas confirmé lundi la nomination de Keyes.

Keyes, qui parle couramment l’hébreu et l’arabe, est actuellement le directeur général d’Advancing Human Rights, une organisation rassemblant plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme qui gère Movements.org, une plate-forme de ‘crowdsourcing’ qui fait le lien entre les dissidents dans les sociétés fermées avec ceux qui pourraient être en mesure de les aider partout dans le monde.

Il est également le directeur de Cyberdissidents.org, qu’il a fondé alors qu’il travaillait pour l’ancien dissident soviétique Natan Sharansky en Israël. Le site « met en évidence les voix des militants pour la démocratie en ligne au Moyen-Orient », a-t-il expliqué au Times of Israel pendant une longue interview l’année dernière.

En 2012, le New York Times l’a qualifié de « pionnier de l’activisme en ligne ».

Keyes, qui est proche de l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, Ron Dermer, et le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold, a obtenu avec mention un diplôme en étude sur le Moyen-Orient de l’université de Californie à Los Angeles.

Après avoir immigré en Israël, il a servi dans la Division stratégique de l’armée israélienne et a poursuivi ses études pour obtenir une maîtrise en diplomatie à l’université de Tel Aviv.

Cependant, son style d’activisme est parfois plus proche de celui de Sacha Baron Cohen qui prend la forme d’une guérilla théâtrale que de la diplomatie tranquille.

L’été dernier, Keyes s’est rendu à Vienne à l’époque des négociations nucléaires avec l’Iran pour se moquer des diplomates iraniens et de leur lamentable bilan en matière de la protection des droits de l’Homme de leur pays. Dans un clip intitulé « punking Iran’s Nuclear Negotiators in Vienna », on le voit approcher des dignitaires iraniens dans les rues de la capitale autrichienne.

https://www.youtube.com/watch?v=mDdyXPbEG5Y

« Nous avons convenu d’un accord sur les droits de l’Homme par intérim avec l’Iran. L’Iran a accepté de laisser les homosexuels choisir le type de noeud coulant avec lequel avec ils seront pendus maintenant », a-t-il déclaré dans un hall de l’hôtel de Vienne lors d’une fausse conférence de presse, debout à côté d’un homme habillé comme un « ayatollah ».

« Nous utilisons la satire et l’humour pour faire la lumière sur le bilan brutal des droits de l’Homme de l’Iran », a-t-il expliqué dans la vidéo.

Lors d’un événement en mai 2015, David Keyes – au cours duquel il a distribué des ballons et de la crème glacée gratuitement à New York pour « célébrer » le fait que Téhéran a pendu un millier de personnes l’année précédente – a déclaré que « tous les ballons comptent quand vous essayez de renverser le régime iranien ».

« Félicitations, M. Zarif : 1 000 pendaisons », a-t-il lancé à une camionnette noire appartenant vraisemblablement au ministre iranien des Affaires étrangères, qui était en ville. « La tyrannie et le despotisme ne peuvent pas exister pour toujours », a ajouté Keyes en perse.

https://youtu.be/ypuAMwleDWE

Dans un clip posté en juin 2015, Keyes a également tourné en dérision le gouvernement de l’ennemi juré de l’Iran, l’Arabie saoudite, en organisant une « fête gay » sous le slogan « Saoudien et fier » dans le même hôtel où Ryad avait organisé une foire à l’emploi.

En 2013, Keyes s’est confronté au ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, de l’Iran. « Je suis allé jusqu’à [Zarif] et je lui ai dit : ‘pensez-vous qu’il est ironique que vous appréciez de poster sur Facebook lorsque votre gouvernement l’interdit en Iran ? ». Il a ri et a répondu : « Ha ha, c’est la vie », a raconté Keyes l’année dernière. « Je lui ai dit, ‘quand-est-ce que [l’éminent militant iranien des droits de l’Homme et prisonnier] Majid Tavakoli va être libéré ?’ ». Il a répondu : « Je ne sais pas qui c’est ».

Tavakoli a été libéré temporairement peu de temps après que cet incident a été rapporté à la télévision iranienne. Même si Tavakoli a été réincarcéré ensuite, Keyes considère que cela a été une étape cruciale.

« Nous devons concentrer l’attention du monde et massivement augmenter la pression contre le régime iranien », a déclaré Keyes. « Les confrontations restent l’un des moyens, comme je le faisais avec Zarif ».

Stephie Grob Plante a contribué à cet article.

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