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De nombreux hommages au ténor du barreau de Paris Hervé Temime

L'avocat, né en 1957 dans une famille juive à Alger, faisait partie de cette génération d'avocats spécialisés dans la défense des "cols blancs"

L'avocat français Hervé Temime arrive au palais de justice de Paris pour entendre le verdict du procès de Patrick et Isabelle Balkany pour blanchiment d'argent et corruption, le 18 octobre 2019. (Crédit : MARTIN BUREAU / AFP)
L'avocat français Hervé Temime arrive au palais de justice de Paris pour entendre le verdict du procès de Patrick et Isabelle Balkany pour blanchiment d'argent et corruption, le 18 octobre 2019. (Crédit : MARTIN BUREAU / AFP)

De nombreux avocats ont rendu hommage à « son immense talent » et à son « humanité » : le ténor du barreau de Paris Hervé Temime, qui a défendu notamment Bernard Tapie, Gérard Depardieu ou la banque UBS, est décédé lundi à l’âge de 65 ans.

C’est sa famille qui a annoncé avec « une immense tristesse » le décès du grand pénaliste, dans un communiqué transmis à l’AFP.

« Nous sommes orphelins d’un avocat d’une intelligence redoutable, d’une générosité et d’un humour rares », a indiqué dans un communiqué le cabinet de Me Temime, installé rue de Rivoli dans le centre de Paris, à deux pas du Louvre.

« Notre gratitude à son égard pour ce qu’il nous a enseigné du métier d’avocat et de la vie est immense et nous oblige à continuer ensemble de porter les valeurs qui étaient les siennes envers celles et ceux qu’il défendait : la passion, l’humanité, le dévouement », ont ajouté les membres du cabinet. « Il nous a confié une mission : la défense. »

L’avocat, né en 1957 dans une famille juive à Alger (Algérie), est arrivé en France, à Versailles, à l’âge de quatre ans. Il a commencé sa carrière en 1979.

Me Temime, qui a débuté à Versailles avant de rejoindre Paris, s’est orienté dans le droit pénal général et droit pénal des affaires, faisant partie de cette génération d’avocats spécialisés dans la défense des cols blancs, avec l’essor des dossiers politico-financiers dans les années 1980-1990.

La banque UBS, les laboratoires Servier, l’acteur Gérard Depardieu, le réalisateur Roman Polanski, la famille d’Agnès Le Roux au procès de Maurice Agnelet figurent parmi ses principaux clients. Il avait rejoint l’année dernière la défense en France du magnat déchu de l’automobile Carlos Ghosn et avait plaidé en début d’année pour Me Xavier Nogueras dans une affaire de faux au profit du narcotrafiquant Robert Dawes.

Le Palais de justice de Paris abritant la Cour d’appel sur l’île de la Cité. (Crédit : Benh LIEU SONG / CC BY-SA 3.0)

Comme beaucoup de ses confrères, sa vocation est née pour « sauver des têtes », à l’époque où on coupait encore celles des condamnés, avait-il expliqué en novembre 2020 à l’AFP, quelques jours avant le procès en première instance des écoutes téléphoniques où comparaissaient l’avocat Me Thierry Herzog, son client et ami, et l’ancien chef de l’État Nicolas Sarkozy.

Depuis plus de quarante ans, il défendait âprement le secret, « qui n’est pas un privilège pour un avocat mais une obligation ».

Catalogué « avocat des puissants », Hervé Temime ne se considérait pas comme « étant du côté du mal », et assumait son peu d’appétence pour les rares fois où il avait pris place sur les bancs de la partie civile.

À l’annonce de son décès, les hommages se sont multipliés.

Hervé Temime « était un immense avocat » qui « a marqué toute une génération par son intelligence, son humanité et son talent », a tweeté le garde des Sceaux et ancien avocat Éric Dupond-Moretti.

« Son talent a marqué toute une génération d’avocats animée par la passion de défendre », a réagi la bâtonnière du barreau de Paris, Me Julie Couturier.

Pour la présidente de l’Assemblée nationale et ancienne avocate Yaël Braun-Pivet, le pénaliste était « le plus agile, le plus habile, le plus brillant des avocats ».

Ancien ministre et ancien avocat, Jean-Louis Borloo a salué « un talent si subtil une énergie dans la défense, la passion absolue, un travailleur acharné » que représentait Me Temime, mais aussi « la bonté, la bienveillance, la droiture, la fidélité ».

« C’était bien sûr un grand avocat mais c’était aussi un homme bon, soucieux des autres et capable d’être un véritable ami », a dit à l’AFP l’avocat Me Jean-Yves Le Borgne qui le connaissait depuis longtemps.

Avocat volubile aux yeux rieurs derrière d’épaisses lunettes, Me Temime avait fait quelques apparitions au cinéma notamment dans le film de Maïwenn « Polisse » (2011), où il incarnait un substitut du procureur, ou « Les choses humaines » de Yvan Attal (2021).

Il avait écrit deux livres revenant sur son métier de pénaliste : La défense dans la peau en 2012 et Secret défense en 2020.

Me Temime avait fondé l’association des avocats pénalistes en 1991 et a siégé au conseil de l’ordre du barreau de Paris entre 1999 et 2002, selon le site internet de son cabinet.

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