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De nombreux pèlerins attendus au mur Occidental – La police en état d’alerte maximal

Les tensions sont vives à Jérusalem et en Cisjordanie, suite à des attentats contre des soldats ; les chasses à l’homme se poursuivent pour retrouver deux agresseurs armés

Des fidèles juifs portant des châles de prière prient au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, pendant la bénédiction de Souccot, le 12 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des fidèles juifs portant des châles de prière prient au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, pendant la bénédiction de Souccot, le 12 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La police s’est déployée, mercredi, dans la Vieille Ville de Jérusalem en prévision de la venue de milliers de pèlerins pour la traditionnelle bénédiction au mur Occidental, dans le contexte de fortes tensions dans la ville, comme en Cisjordanie.

La tradition veut que les pèlerins juifs se rendent deux fois par an au mur Occidental – au milieu des fêtes de Pessah et Souccot –, ce qui occasionne de forts déplacements de foules dans le secteur.

Les affrontements entre forces de l’ordre et Palestiniens dans l’enceinte du mont du Temple, en surplomb du mur Occidental, ne sont pas rares en cette occasion, avec parfois des jets de pierres et d’objets sur les pèlerins juifs.

Cette cérémonie réunit les descendants masculins de la caste sacerdotale des Kohanim, qui sont supposés lever les bras au ciel tandis que ceux qui dirigent la bénédiction se drapent dans leur châle de prière.

Des centaines d’agents de police et de la police des frontières ont été déployés dans la Vieille Ville dans le but de sécuriser les voies d’accès et d’assurer la sécurité des visiteurs attendus tout au long de cette journée. Plusieurs rues de la Vieille Ville ont d’ailleurs été fermées à la circulation.

Site le plus saint du judaïsme, le mont du Temple est situé à l’emplacement des deux anciens temples juifs. L’enceinte, qui abrite aujourd’hui le sanctuaire du Dôme du Rocher et la mosquée Al-Aqsa, est le troisième site le plus saint de l’islam et le théâtre de violences récurrentes.

Des pèlerins juifs drappés dans leur châle de prière pour la prière au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, lors de la bénédiction de Souccot, le 12 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La cérémonie de cette année a été précédée de deux fusillades meurtrières contre des soldats israéliens et se déroulera alors que se poursuivent les chasses à l’homme, à Jérusalem-Est et dans le nord de la Cisjordanie, afin de retrouver les tireurs.

Un soldat israélien a été tué, mardi, dans une fusillade près de l’implantation de Shavei Shomron, dans le nord de la Cisjordanie.

La victime, le sergent d’état-major Ido Baruch, âgé de 21 ans, était originaire de Gedera, dans le centre du pays, et faisait partie de la brigade d’infanterie Givati.

Selon les premiers éléments de l’enquête de Tsahal, il semble qu’un homme armé ait ouvert le feu depuis un véhicule en circulation, avant de s’enfuir à grande vitesse.

Des images des caméras de sécurité permettent de voir la voiture s’éloigner des lieux de l’attaque et passer devant un véhicule militaire, en direction de la ville palestinienne de Deir Sharaf.

L’attaque a eu lieu alors que les résidents d’implantations organisaient une manifestation près de Sebastia, ville palestinienne toute proche, en réaction à une série de fusillades récentes en Cisjordanie.

Le soldat faisait partie d’une unité chargée d’assurer la sécurité de la manifestation.

Une faction palestinienne armée se faisant appeler la « Fosse du lion » a revendiqué la responsabilité de la fusillade dans un communiqué.

L’organisation – basée dans la Vieille Ville de Naplouse – a été créée ces derniers mois par des membres de plusieurs groupes terroristes.

Certains de ses membres étaient auparavant affiliés à la Brigade des martyrs d’Al-Aqsa ou au Jihad islamique palestinien.

Elle a revendiqué la responsabilité de nombreuses attaques dans le nord de la Cisjordanie ces dernières semaines, dont une visant une autre manifestation organisée par des résidents d’implantations près de Naplouse.

Des soldats israéliens pres de Deir Sharaf, à proximité de l’implantation de Shavei Shomron, à l’ouest de Naplouse en Cisjordanie, suite à une fusillade, le 11 octobre 2022. (Crédit : Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Le ministre de la Défense Benny Gantz s’est engagé à ce que les forces de l’ordre capturent le tireur palestinien.

« J’adresse mes plus sincères condoléances à la famille », a écrit Gantz sur Twitter. La chasse a l’homme se poursuit à l’heure où je parle. Nous mettrons la main sur ce terroriste et ceux qui l’ont aidé. »

Gantz a ajouté que les opérations militaires en Cisjordanie « se poursuivraient et s’intensifieraient afin de garantir la sécurité des Israéliens ».

Évoquant le témoignage de responsables militaires anonymes, la Douzième chaîne a fait savoir qu’Israël envisageait de lancer une opération à grande échelle dans le nord de la Cisjordanie afin de mettre fin aux attaques.

Ces tout derniers jours, Tsahal a indiqué avoir interpelé 10 terroristes présumés et trouvé plusieurs armes à feu lors de raids en Cisjordanie.

Aucune victime n’est à déplorer du côté de l’armée.

La Cisjordanie a connu un regain de violence, ces derniers mois, en particulier dans le nord. 

Des Palestiniens armés ont pris pour cible des postes militaires, des soldats déployés le long de la barrière de sécurité en Cisjordanie, des implantations israéliennes et des civils sur les routes.

Des soldats israéliens sur les lieux d’une fusillade, près de l’implantation cisjordanienne de Shavei Shomron, le 11 octobre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Dans une fusillade près de Jérusalem samedi, une soldate israélienne, la sergente Noa Lazar, âgée de 18 ans, a été tuée. Le tireur, dont on pense qu’il s’est réfugié dans le camp de Shuafat, est toujours recherché.

Un garde civil, grièvement blessé dans l’attaque, demeure dans un état préoccupant car instable, a déclaré l’hôpital dans un communiqué publié mardi matin.

David Morel, âgé de 30 ans et originaire du Brésil, se trouve dans un coma induit, dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital Hadassah Ein Kerem.

Selon sa famille, Morel aurait rejoint Tsahal comme soldat seul après avoir fait son alyah en 2017, avant de devenir agent de sécurité après sa libération.

Les forces de l’ordre israéliennes sur les lieux d’une fusillade survenue à un poste de contrôle, aux abords du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est, le 8 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les forces de l’ordre israéliennes sont toujours à la recherche du tireur présumé, Udai Tamimi, dans les environs de Shuafat.

En conséquence, la police a fortement restreint l’accès à ce secteur.

Dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on voit des policiers pénétrer dans la maison de l’attaquant présumé, sans doute afin de cartographier les lieux.

Israël mène en effet une politique de démolition des biens appartenant aux terroristes, conçue comme moyen de dissuasion envers de futures attaques.

Les raids nocturnes se sont multipliés en Cisjordanie depuis qu’une série d’attentats terroristes contre des Israéliens, au printemps, a tué 19 personnes.

Lors de raids menés mardi, 10 Palestiniens activement recherchés ont été interpelés et plusieurs armes à feu ont été saisies, a rapporté Tsahal.

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