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De Tel Aviv à Tahiti : La surfeuse Anat Lelior veut surfer sur la vague olympique

Contrairement à la délégation israélienne aux Jeux 2024 de Paris, c'est en Polynésie française que se rendra la double médaillée olympique pour améliorer ses performances de Tokyo

Anat Lelior participe au premier tour de la compétition de surf féminin aux Jeux olympiques d'été de 2020, le 25 juillet 2021, sur la plage de Tsurigasaki à Ichinomiya, au Japon. (Crédit : AP Photo/ Francisco Seco/File)
Anat Lelior participe au premier tour de la compétition de surf féminin aux Jeux olympiques d'été de 2020, le 25 juillet 2021, sur la plage de Tsurigasaki à Ichinomiya, au Japon. (Crédit : AP Photo/ Francisco Seco/File)

Anat Lelior participera aux Jeux olympiques de Paris en 2024, mais elle ne sera pas à Paris. Loin de là.

En sa qualité de surfeuse olympique, Lelior et les autres sportifs de sa discipline s’élanceront sur les vagues de Tahiti, en Polynésie française, à un peu plus de 16 000 kilomètres de Paris, nouveau record de distance avec la ville hôte.

Cet endroit est plein de souvenirs parfois teintés d’amertume pour la surfeuse israélienne, dont la première expérience olympique à Tokyo a été gâchée par la pandémie de COVID, et qui passera les Jeux de Paris loin de l’ambiance de franche camaraderie du village olympique et de ses 11 000 athlètes venus du monde entier.

« Je suis un peu déçue d’être loin de Paris, mais Tahiti est l’un des endroits rêvés pour les surfeurs », a expliqué Lelior au Times of Israël en marge d’un événement donné en l’honneur des champions olympiques israéliens à la résidence du président, à Jérusalem, le mois dernier. « Je suis ravie d’être là, je suis aussi ravie de surfer à un endroit dont je rêvais – donc je suis heureuse, mais aussi un tout petit peu déçue. »

Lelior, qui a 24 ans et qui est originaire de Tel Aviv, a commencé à surfer à l’âge de 5 ans, en se lançant sur les vagues avec son père sur la plage de son quartier. Comme elle excellait dans ce sport, elle a rapidement pris part à des compétitions locales puis internationales, à l’adolescence, tout en gravissant les échelons et en accumulant les médailles et les distinctions.

En 2019, Lelior se qualifie pour les Jeux de Tokyo – les premiers à faire leur place au surf olympique – après avoir terminé en tête des Jeux mondiaux de surf de l’Association internationale de surf à Miyazaki, au Japon.

La surfeuse israélienne Anat Lelior sort d’une séance d’entraînement sur la plage de Tsurigasaki, lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020, à Ichinomiya, au Japon, le 21 juillet 2021. (Crédit : AP Photo/David Goldman/File)

Aux Jeux de Tokyo, qui se sont tenus en 2021 (décalés à cause de la pandémie de COVID), Lelior – qui souffrait d’une blessure à la hanche ayant plus tard donné lieu à une intervention chirurgicale – ne se qualifie pas pour le troisième tour et est donc éliminée. Elle avait pu participer à ces Jeux olympiques alors même qu’elle faisait son service militaire obligatoire : elle avait, pour ce faire, obtenu des dérogations spéciales pour voyager et s’entraîner.

Elle a déclaré en début d’année à un média spécialisé dans le surf : « Il m’a fallu beaucoup de temps pour m’en remettre parce que certains de problèmes n’avaient pas été vus… Quand je me suis remise au surf, [je me suis blessée à nouveau] », confie-t-elle.

« Il m’a fallu cinq à six mois de plus pour revenir [à la normale]… Aujourd’hui encore, je fais en sorte d’accepter que le temps dont j’ai besoin pour me remettre n’est pas le même que les autres. Cela ne veut pas dire que je suis plus faible. C’est juste comme ça. »

En début d’année, Lelior s’est qualifiée pour les Jeux de Paris lors des ISA World Surfing Games de Porto Rico, en terminant sixième au classement général sur 113 concurrentes. Avec le retour du surf aux Jeux 2024 et les 24 athlètes féminines en lice – contre 20 à Tokyo –, la concurrence sera rude.

Anat Lelior, avec ses planches de surf sur les bras, arrive pour une séance d’entraînement lors des Jeux olympiques d’été de 2020, le 23 juillet 2021, sur la plage de Tsurigasaki à Ichinomiya, au Japon. (Crédit : AP Photo/Francisco Seco)

Cette fois-ci, c’est en qualité de championne olympique confirmée que Lelior se dit prête à surfer les vagues de Tahiti.

« Je me sens bien… Il y a beaucoup d’impatience, beaucoup de peurs et de pression aussi, mais je reste positive », confie-t-elle. « Je crois que je suis plus prête à ce moment olympique dans son ensemble… Je ne suis pas trop stressée, je suis surtout là pour me faire plaisir. »

Lelior s’est rendue deux fois à Tahiti, ces derniers mois, pour se faire une idée de l’eau au large des côtes de la Polynésie française.

« Tahiti est un endroit unique au monde. Il faut vraiment être sur place pour savoir surfer ses vagues », explique-t-elle. Du point de vue du surf, assure-t-elle, « on ne peut pas trouver mieux ».

Lelior est l’une des rares athlètes israéliennes de la discipline avec de réelles chances de victoire, à tel point que ses proches ont remué ciel et terre pour qu’elle puisse concourir contre des garçons. Il y a beaucoup de surfeurs sur les principales plages israéliennes, mais le sport de compétition n’est, lui, pas solidement établi dans l’État juif, en partie du fait des vents imprévisibles, qui viennent gâcher les vagues, et des conditions de l’eau.

Anat Lelior participe aux Jeux mondiaux de surf 2024 de l’International Surfing Association (ISA) au large de la plage de La Marginal à Arecibo (Porto Rico), le 3 mars 2024. (Crédit : Ricardo Arduengo / AFP)

Un succès olympique israélien pourrait-il contribuer à populariser ce sport dans son pays ?

« Je ne sais pas ce qu’il en sera sur le plan personnel, mais je sais que le surf est un sport très cool que tout le monde aime regarder », explique Lelior. « Je suis heureuse d’incarner un sport qui donne des couleurs à la vie. Je crois en ce sport, et je crois que nous allons réussir à le populariser. »

Ces neuf derniers mois, il est arrivé à certains athlètes israéliens de faire face à des obstacles ou à des huées lors de compétitions, à cause de la guerre entre Israël et le Hamas, mais Lelior assure n’avoir eu que des expériences positives lors des compétitions.

« Dans le surf, le lieu d’où vous venez importe peu, tant que vous êtes respectueux et incarnez les meilleures valeurs de l’humanité », explique Lelior. « On est littéralement accueillis à bras ouverts. »

À quelques encablures seulement des Jeux olympiques de Paris, et en dépit des tensions dues à la guerre et aux menaces qui ne désarment pas, elle se dit fière de concourir sous le drapeau israélien.

« Pour moi et tous les autres, il est plus évident que jamais qu’être Israélien est un privilège », conclut-elle. « Et nous sommes fiers de représenter cet incroyable pays… Plus que jamais, je suis fière d’être Israélienne. »

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