Décès d’Albert Arie, l’un des derniers Égyptiens d’origine juive, à 90 ans
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Décès d’Albert Arie, l’un des derniers Égyptiens d’origine juive, à 90 ans

Ancien communiste et activiste anti-sioniste converti à l'islam dans les années 1960, il s'était engagé toute sa vie à préserver l'héritage juif égyptien

Albert Arie, un égyptien d'origine juive au mois d'octobre 2020. (Capture d'écran : Facebook/Al-Arabiya)
Albert Arie, un égyptien d'origine juive au mois d'octobre 2020. (Capture d'écran : Facebook/Al-Arabiya)

Albert Arie, l’un des quelques Égyptiens d’origine juive encore en vie, s’est éteint à la veille de son 91e anniversaire, selon des informations parues jeudi dernier dans les médias.

« Aujourd’hui, la communauté juive du Caire et l’Association ‘Goutte de lait’, son ONG dont le travail est de préserver l’héritage juif égyptien, ont perdu celui qui était le pilier de notre force, de notre sagesse et de notre soutien, le légendaire Albert Arie qui laisse derrière lui de nombreux cœurs brisés », a écrit sur Twitter l’activiste Soraya Bahgat.

« Aucun mot n’est à la hauteur pour décrire ce grand homme », a-t-elle écrit au sujet d’Arie, qui s’était converti à l’islam dans les années 1960 pour épouser une femme musulmane.

Arie était né en 1930 dans un foyer juif de la classe moyenne. Il avait rejeté d’innombrables opportunités de quitter l’Égypte aux côtés des 100 000 Juifs environ qui avaient quitté le pays lors de l’exode qui avait suivi la création d’Israël, en 1948.

Activiste communiste, il avait passé plus de dix ans dans cinq prisons différentes à partir du début des années 1950. Il y avait rencontré des leaders de l’organisation des Frères musulmans.

Il était un fervent anti-sioniste et il avait déclaré en 2015 au journal Al-Ahram qu’il avait « travaillé aux côtés de membres du Mouvement démocratique de libération nationale (Hadeto) de gauche pour combattre cette idéologie ».

Il avait dénoncé avec force les persécutions présumées exercées contre les Juifs égyptiens après la fondation d’Israël, et en particulier de la part des Frères musulmans.

« C’est réellement absurde – je veux dire que oui, il y a eu des attaques contre certaines cibles juives mais tenter de réduire toute l’histoire des Juifs égyptiens, après 1948, à ces attaques est non seulement réductif mais, de surcroît, c’est une insulte à la réalité », avait-il affirmé. « Les Frères musulmans n’étaient pas réellement aux prises avec les Juifs. Bien sûr que les Juifs n’étaient pas leurs meilleurs alliés, mais ils n’étaient pas non plus leurs plus grands adversaires », avait-il continué.

Malgré son point de vue sur le sionisme et sa conversion à l’islam, Arie et son fils Sami Ibrahim s’étaient engagés à préserver, au fil du temps, l’héritage juif en Égypte.

« Aujourd’hui, il n’y a plus que quelques personnes âgées et un couple d’âge moyen et tout cela disparaîtra d’ici quelques décennies », avait dit Arie à Al-Ahram.

« Ce qu’il faut faire maintenant, c’est s’assurer que l’histoire des Juifs égyptiens, qui font fondamentalement partie de l’histoire de l’Égypte, soit documentée et que les monuments soient préservés de manière à ce que peut-être, un jour, l’histoire puisse être racontée de manière précise, sans propagande politique et sans profit commercial », avait-il ajouté.

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