Décès de Benjamin Orenstein, militant de la mémoire et rescapé d’Auschwitz
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Décès de Benjamin Orenstein, militant de la mémoire et rescapé d’Auschwitz

L'homme a retrouvé la liberté alors qu’il ne pesait plus que 32 kilos et n’a cessé de rappeler depuis, avec son fort accent yiddish, la chance qu’il a eue de survivre

Benjamin Orenstein, rescapé d'Auschwitz, en 2014. (Capture d'écran FranceInfo/Dailymotion)
Benjamin Orenstein, rescapé d'Auschwitz, en 2014. (Capture d'écran FranceInfo/Dailymotion)

Benjamin Orenstein, militant de la mémoire et l’un des derniers rescapés d’Auschwitz, est décédé la nuit dernière.

L’homme, né le 4 août 1926 dans une famille juive de Pologne, était âgé de 94 ans. Arrêté en 1941 et envoyé dans un camp de travail de Ieniszow, il a été déporté à Auschwitz le 4 août 1944, jour de ses 18 ans. Après avoir participé à la marche de la mort et rejoint le camp de concentration de Dora, il a retrouvé la liberté en avril 1945, alors qu’il ne pesait plus que 32 kilos. Il a connu au total sept camps de concentration et n’a cessé de rappeler, avec son fort accent yiddish, la chance qu’il a eue de survivre.

Toute sa famille a péri dans la Shoah – son père Nahum, sa mère Tova, ses trois frères, Haim, Jacob et Léon, sa sœur Hinda, sa tante et sa nièce de 8 mois. Il s’est rendu une seule fois sur le charnier polonais où ses frères ont été exécutés et dans le village de son enfance – où toutes les anciennes maisons de Juifs étaient occupées par des descendants des anciens voisins polonais, qui prétendaient ne rien savoir du passé.

Après la guerre, après avoir été évacué vers la Suisse, il est parti à Haïfa en 1946, où il a rejoint un kibboutz et assisté à la naissance de l’État d’Israël. Il s’est ensuite engagé dans l’armée et a participé au premier conflit israélo-arabe. « Il était dit que je ne connaîtrais pas un jour de paix », dit-il de cette période.

Il s’est finalement installé à Lyon en 1951, après avoir rendu visite à un cousin qui y vivait. Il a repris un magasin de produits orientaux et s’est lancé dans la confection de vêtements dans les années 1970. Il y a surtout rencontré sa femme, Mireille, avec laquelle il a eu deux enfants et trois petits-enfants.

Benjamin Orenstein est devenu un important témoin de la mémoire dans les établissements scolaires il y a une trentaine d’années, décidant de témoigner face à la montée du négationnisme et après le procès de Klaus Barbie en 1987. Il a aussi accompagné à de nombreuses reprises des groupes à Auschwitz, alors qu’il s’était promis « de ne plus jamais mettre les pieds en Pologne ».

« Lyon, capitale de la Résistance, est devenue la capitale des négationnistes », a-t-il affirmé dans un long portrait du journal Le Monde l’an dernier, à l’occasion des 75 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Je ne pouvais plus me taire. C’était inacceptable et insupportable. Il n’y a pas eu de génocide ni de chambre à gaz, disaient-ils. Alors, où sont les miens ? »

Dans cet entretien, il était également revenu sur son enfance, sur la montée de l’antisémitisme durant son adolescence, sur sa terrible expérience dans les camps et sa survie.

« Je vis au quotidien avec la Shoah », a-t-il affirmé. « Un bruit, un chant, un cri me rappelle quelque chose. On a souffert de la faim, n’essayez même pas d’imaginer, de la soif, c’est encore pire. Mais la souffrance la plus dure, qui laisse des traces à tout jamais, c’est la peur. Elle m’a marqué pour la vie. Aujourd’hui encore, je sursaute quand on crie derrière moi, quand on me touche. »

La pièce de théâtre « Ces mots pour sépulture », de la Compagnie Intrusion, s’inspire de l’histoire de sa vie, qui a fait l’objet d’un livre publié à compte d’auteur en 2006.

« Sa disparition laisse un très grand vide que seuls, peut-être, pourront combler tous les jeunes qui auront eu le très grand privilège de l’entendre », souligne la présidente du Crif Auvergne-Rhône-Alpes Nicole Bornstein, citée dans le communiqué.

Le Crif Auvergne-Rhône-Alpes annonce par ailleurs le décès mardi à Lyon d’un autre militant de la mémoire de la Shoah et de la lutte contre l’antisémitisme, Pierre Lévy.

De nombreux internautes lui ont rendu hommage sur les réseaux sociaux.

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Posted by Patrick Desbois on Wednesday, February 10, 2021

Monsieur Benjamin Orenstein est parti cette nuit. Triste nouvelle pour ses proches et pour l'Humanité. Cet Homme hors du…

Posted by Thierry Tijeras on Wednesday, February 10, 2021

En ce 10 Février 2021, j’ai comme l’impression d’avoir perdu une seconde fois un père. Benjamin Orenstein sois en sûr,…

Posted by Ilan Partouche on Wednesday, February 10, 2021

Benjamin Orenstein est décédé cette nuit… Une des dernières mémoires de l’horreur d’Auschwitz et des camps de…

Posted by Samuel Soulier on Wednesday, February 10, 2021

Aujourd'hui, deux figures du judaïsme lyonnais nous quittent, ils avaient en commun un caractère bien trempé, un…

Posted by Nissim Malka on Wednesday, February 10, 2021

C'est avec une très profonde tristesse que je vous annonce le décès de Benjamin ORENSTEIN qui vient de nous quitter hier…

Posted by Association Jamais pour le devoir de mémoire et la solidarité on Wednesday, February 10, 2021

À un ami , à un Mensch ❗️Benjamin ORENSTEIN est décédé ce mercredi 10 février 2021. Benjamin, tu vas nous manquer à…

Posted by Thierry Tbn on Wednesday, February 10, 2021

Un grand monsieur nous a quitté cette nuit Benjamin Orenstein était de toutes les commémorations, de tous les…

Posted by Charles-franck Levy on Wednesday, February 10, 2021

Il était la mémoire vivante de la Shoah. Sa gentillesse et sa disponibilité resteront dans notre mémoire. Toujours prêt…

Posted by Civ Civ Villeurbanne on Wednesday, February 10, 2021

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