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Décès de Renée Borycki, survivante parisienne de la Shoah

"Je ne comprends toujours pas qu’une petite fille de cinq ans puisse être tellement marquée par cette époque", a-t-elle témoigné

Renée Borycki au Mémorial de la Shoah, le 27 janvier 2015. (Crédit : Jean-Marc Lebaz/Mémorial de la Shoah)
Renée Borycki au Mémorial de la Shoah, le 27 janvier 2015. (Crédit : Jean-Marc Lebaz/Mémorial de la Shoah)

Renée Borycki, survivante de la Shoah et de la rafle du Vel d’Hiv puis enfant cachée, est décédée à Paris le 6 juillet 2022, a rapporté le CRIF. Elle était âgée de 85 ans.

Née Sieradzki le 16 juillet 1936 à Paris, ses parents, Mordka et Blima, originaires de Pologne, sont arrivés en France en 1931.

Mordka dit Max était coiffeur et Blima travaillait dans la couture. Ils habitaient rue Faidherbe, dans le 11e arrondissement de Paris. Le 14 mai 1941, Max a été convoqué au Gymnase Japy pour un « examen de situation » – la rafle dite du « billet vert ». Immédiatement arrêté et envoyé au camp de Pithiviers, il y est resté plus d’un an puis a été déporté le 17 juillet 1942 par le convoi 6, au camp d’Auschwitz-Birkenau.

Le 16 juillet 1942, Renée et sa mère ont elles échappé de justesse à la rafle du Vel d’Hiv. Accueillies à Livry-Gargan par une connaissance, elles sont restées cachées toute la guerre dans un cagibi, expérience dont Renée a gardé de lourdes séquelles toute sa vie, a rapporté le Mémorial de la Shoah.

« J’étais petite, mais cela m’a marquée à vie », témoignait-elle en 2021 dans Paris-Match. « Je ne comprends toujours pas qu’une petite fille de cinq ans puisse être tellement marquée par cette époque. »

Renée a retrouvé son père Max, rescapé et terriblement marqué après Auschwitz, fin avril 1945. Coiffeur dans le camp, il a refusé de reprendre le métier et est devenu tailleur. Sa fille a témoigné du fait qu’à la maison son père ne vivait qu’avec la déportation, ne recevant que des amis déportés. Il s’est rendu à nombre de commémorations en tenue de déporté, souvent accompagné de sa fille.

Renée s’est mariée en 1959 avec Bernard Borycki. Ils ont eu un fils, Alexandre, aujourd’hui membre de la Commission du Souvenir du CRIF et président de l’association Mémoires du convoi 6 et des camps du Loiret.

Le 12 janvier 2022, pour le Mémorial de la Shoah, Renée Borycki livrait un ultime témoignage qu’elle concluait par ces mots : « Je suis à la fin de ma vie, c’est la dernière fois que je témoignage, c’est mon devoir. »

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