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Décès du rabbin Shalom Cohen, chef spirituel du parti Shas, à l’âge de 91 ans

Aryeh Deri, dirigeant du parti ultra-orthodoxe, pleure la perte du chef du conseil de la faction, "notre père, notre professeur et notre leader"

Le chef spirituel de Shas, le rabbin Shalom Cohen, assistant à un événement de campagne dans une synagogue à Jérusalem, le 14 septembre 2019. (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)
Le chef spirituel de Shas, le rabbin Shalom Cohen, assistant à un événement de campagne dans une synagogue à Jérusalem, le 14 septembre 2019. (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)

Le rabbin Shalom Cohen, l’influent chef spirituel du parti politique Shas, est décédé ce lundi à Jérusalem, à l’âge de 91 ans.

Cohen a été à la tête du Conseil des Sages de la Torah pour Shas, un parti ultra-orthodoxe qui représente les Juifs séfarades et mizrahim.

Il était également à la tête de la yeshiva Porat Yosef de Jérusalem. Il laisse derrière lui cinq fils et trois filles.

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, a annoncé la mort de Cohen dans un communiqué, définissant le défunt rabbin comme « notre père, notre professeur et notre leader ».

Deri a comparé la mort de Cohen à « un navire qui perd son capitaine ». En effet, les partis ultra-orthodoxes sont conseillés par des rabbins qui guident les décisions politiques importantes des factions.

Deri n’a pas annoncé la cause du décès. Cohen avait fait de nombreux allers-retours à l’hôpital au cours de l’année écoulée, et avait été hospitalisé ces dernières semaines pour une infection à la jambe. Son état s’était détérioré ces derniers jours, suscitant les prières des dirigeants ultra-orthodoxes et du Premier ministre Yair Lapid, l’un de ses opposants politiques.

« Au nom du gouvernement israélien et de tout Israël, j’adresse mes condoléances à la famille de Shalom Cohen, aux étudiants et à tous ceux qui honorent sa mémoire. Notre force réside dans l’unité de la nation d’Israël », a déclaré Lapid lundi matin.

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, qui dirige un bloc de partis religieux de droite dont fait partie Shas, a fait l’éloge de Cohen comme « l’un des géants de la Torah de notre génération ».

« Il avait une immense connaissance de la Torah, en plus d’un leadership spirituel et social qui a impacté des foules de Juifs et d’Israéliens », a déclaré Netanyahu dans un communiqué. « La nation d’Israël a perdu un arbitre de la Halakha [loi religieuse juive], un guide pour beaucoup et un chef de prière de premier ordre. »

D’autres politiciens des différents partis de l’éventail politique ont également publié des déclarations faisant l’éloge de Cohen.

« Nous nous sommes rencontrés à de nombreuses reprises et je suis navré de ne pas pouvoir perpétuer cette année, la tradition de lui rendre visite dans sa sukkah », a déclaré le président Isaac Herzog, en référence à l’habitation temporaire construite par les Juifs pendant la fête de Souccot.

« À chacune de nos rencontres, j’ai vu son amour et son lien profond avec Jérusalem et comment il a toujours fait passer le peuple et l’individu avant lui-même », a ajouté Herzog.

Son cortège funèbre partira du quartier de Geula, à Jérusalem, à 14h lundi. La police se prépare à un événement massif avec des dizaines de milliers de participants.

Cohen sera enterré au cimetière Sanhedria de Jérusalem aux côtés de sa femme et près de la sépulture du rabbin Ovadia Yosef, l’ancien chef spirituel de Shas, décédé en 2013.

Cohen a remplacé le Rav Ovadia Yosef à la tête du Conseil des Sages de la Torah de Shas en avril 2014, environ six mois après la mort de ce dernier.

Cohen s’exprimait sur la politique, critiquant souvent les dirigeants politiques opposés au programme de son parti, et était un farouche opposant à la conscription militaire pour les ultra-orthodoxes.

Cohen et son parti Shas, ainsi que d’autres législateurs haredim, ont vilipendé le gouvernement Bennett-Lapid, et son ancien ministre des Affaires religieuses Matan Kahana, qui a tenté d’apporter des réformes importantes aux règles religieuses.

Cohen a salué la chute de la coalition plus tôt cette année, déclarant : « Un gouvernement qui a porté atteinte et tenté de détruire le judaïsme et le caractère sacré d’Israël et qui a porté atteinte aux faibles a été éradiqué du monde. »

Le chef spirituel de Shas, le rabbin Shalom Cohen, s’exprimant lors d’un événement de campagne du parti Shas, à Holon, le 11 septembre 2019. (Crédit : Aharon Krohn/Flash90)

Cohen est né à Jérusalem en 1931 d’un père rabbin qui dirigeait une yeshiva dans la ville sainte.

Dans sa jeunesse, Cohen a étudié à la yeshiva Porat Yosef, puis y est devenu enseignant avant d’en prendre la direction.

Il a été l’un des premiers à soutenir publiquement le parti Shas lorsque celui-ci a fait ses débuts dans la municipalité de Jérusalem au début des années 1980. Il a rejoint le Conseil des Sages du parti en 1984.

On s’attend à ce que Cohen soit remplacé au conseil par le rabbin Yizhak Yosef, le fils du Rav Ovadia Yosef, selon la Douzième chaîne. Le rabbin Yitzhak Yosef, le très controversé grand rabbin séfarade d’Israël, achèvera son mandat de 10 ans à ce poste l’année prochaine, ouvrant la voie à son passage vers le parti Shas.

Longtemps considéré comme un faiseur de roi dans la politique israélienne, Shas a remporté au moins 10 sièges à la Knesset de 1996 jusqu’aux élections de 2015, avant de perdre un certain soutien après la mort du Rav Ovadia Yosef, et faisait généralement partie de la coalition gouvernementale. Le parti a longtemps été un allié de Netanyahu et du Likud et l’a même suivi dans l’opposition, l’année dernière.

Lors des dernières élections, Shas a remporté neuf sièges, ce qui en fait le deuxième plus grand parti de l’opposition après le Likud. Selon les prévisions, Shas devrait remporter environ huit sièges lors des élections législatives de novembre.

Cohen a cherché à maintenir Shas à l’écart des autres partis ultra-orthodoxes, en écartant une éventuelle fusion avec le parti Yahadout HaTorah en 2019.

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