Décès d’une nonne polonaise qui avait caché les rebelles du ghetto de Vilnius
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Décès d’une nonne polonaise qui avait caché les rebelles du ghetto de Vilnius

Cecylia Roszak, 110 ans, était la nonne la plus âgée du monde ; elle avait caché le poète Abba Kovner et ses sœurs dans un couvent

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Cecylia Maria Roszak, à droite, une Juste parmi les Nations.. Elle avait sauvé des juifs en Lituanie pendant la Shoah. Photo prise en mai 2018, à Cracovie. (Crédit : Piotr Jantos/Archidiocèse de Cracovie)
Cecylia Maria Roszak, à droite, une Juste parmi les Nations.. Elle avait sauvé des juifs en Lituanie pendant la Shoah. Photo prise en mai 2018, à Cracovie. (Crédit : Piotr Jantos/Archidiocèse de Cracovie)

Une nonne catholique polonaise, qui avait été récompensée par Israël pour son aide apportée aux résistants juifs durant la Seconde Guerre mondiale, est décédée la semaine dernière à l’âge de 110 ans.

Elle avait caché, entre autres, dans son couvent de neuf religieuses durant la guerre, le poète engagé Abba Kovner, qui, en 1942, avait distribué aux résidents du ghetto de Vilnius un manifeste intitulé Nous n’irons pas comme des moutons à l’abattoir, qui mettait en garde tous les Juifs d’Europe contre les projets macabres des nazis. C’était la première fois qu’une victime de la Shoah avait tiré la sonnette d’alarme sur ce qui se passait et appelait à la rébellion contre les nazis.

Cecylia Roszak était la plus vieille nonne du monde au moment de son décès, dans le couvent dominicain de la ville de Cracovie, a déclaré l’archidiocèse de Cracovie vendredi dernier en annonçant sa mort.

En plus des photos de Roszak sur Twitter, l’archidiocèse a publié un message : « A Cracovie, la plus vieille sœur du monde est décédée – sœur Cecilia Maria Roszak du monastère des sœurs dominicaines. »

Roszak est née le 25 mars 1908 dans le village de Kiełczewo, à l’ouest de la Pologne, et a rejoint le monastère de Gródek, à Cracovie, à l’âge de 21 ans, selon The Independent.

En 1938, Roszak a voyagé avec un groupe de neuf nonnes à Vilnius, en Lituanie, pour créer un nouveau couvent, mais leurs plans ont été contrecarrés par la guerre.

Selon la page du site du Mémorial Yad Vashem consacrée à Anna Borkowska, la mère supérieure du couvent, les sœurs ont pris 17 membres d’un mouvement juif illégal qui s’était formé pour combattre l’extermination des résidents juifs du ghetto.

L’un des membres de ce groupe souterrain était Kovner, qui, selon Yad Vashem, avait écrit son célèbre manifeste dans ce couvent. Kovner avait tenté, sans succès, d’organiser une résistance armée au sein du ghetto. Borkowksa avait fait entrer la première livraison de grenade dans la communauté.

Abba Kovner (deuxième rang, au centre) avec les membres de la Fareynikte Partizaner Organizatsye, à Vilna, dans les années 40. (Crédit : Israel National Library)

Kovner s’était échappé du ghetto et avait survécu à la guerre après avoir combattu auprès des partisans de la résistance polonaise. Il a ensuite témoigné au procès du criminel Adolf Eichman en Israël.

Borkowska a été arrêtée en 1943 et le couvent a fermé. Elle et Roszak ont survécu à la guerre et cette dernière est revenue au monastère de Cracovie, où elle a travaillé comme organiste et cantor.

En 1948, Yad Vashem avait decerné aux membres du couvent, y compris à Borkowska et Roszak, le titre de Juste parmi les Nations, qui récompense les non-Juifs qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Shoah. Kovner avait participé à une cérémonie à Yad Vashem où un arbre a été planté et s’était rendu à Varsovie ou il avait personnellement remis à Borkowska sa récompense et une bouteille contenant de la terre de la cérémonie au mémorial de Jérusalem.

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