Découverte de 7 nouvelles espèces d’araignées dans des grottes israéliennes
L’Université hébraïque a établi que les araignées aveugles et semi-aveugles de Galilée et du centre d’Israël étaient plus proches des espèces européennes que de leurs voisines
Une récente étude a permis d’identifier sept nouvelles espèces d’araignées, dans les profondeurs de grottes israéliennes, dont il est apparu qu’elles étaient, sur le plan de l’évolution, plus proches des arachnides du sud de l’Europe que de leurs voisines vivant à l’entrée des grottes en Israël.
L’étude évaluée par des pairs, publiée dans la revue Molecular Phylogenetics and Evolution, a été conduite par des scientifiques de l’Université hébraïque de Jérusalem et de l’Université de Madison-Wisconsin.
Elle « permettra d’en savoir plus sur les mécanismes de la spéciation au sein des grottes et, plus généralement, sur les phénomènes historiques, géographiques ou climatiques qu’a connus Israël », a déclaré l’Université hébraïque dans un communiqué.
La plupart des araignées vivant profondément dans les grottes finissent par développer une cécité totale ou partielle, qui va de pair avec la perte des pigments mais le développement d’autres organes sensoriels pour s’adapter aux conditions de vie.
Plutôt inhabituels, ces environnements sont propices au phénomène d’évolution convergente, en vertu duquel des espèces sans origine commune développent des traits analogues face à des conditions de vie similaires.
« Souvent, ces adaptations aboutissent à la création de nouvelles espèces, dont la distribution est géographiquement limitée à des zones présentant des conditions écologiques uniques, telles une grotte ou un système de grottes connectées », explique Shlomi Aharon, doctorant à l’Université hébraïque qui a mené l’étude sous la direction des Dr Efrat Gavish-Regev et Professeur Dror Hawlena.
« Nous avons cherché à comprendre les relations évolutives entre les araignées à toile en entonnoir avec des yeux normaux, qui se trouvent à l’entrée des grottes en Israël, et celles qui vivent dans les profondeurs de ces mêmes grotte, dépigmentées et partiellement – sinon totalement – aveugles », ajoute-t-il.

Collectées dans des grottes en Galilée et dans le centre d’Israël, les araignées ont été conduites dans des laboratoires où des scientifiques ont extrait leur ADN et effectué une batterie de tests.
« Parmi les araignées trouvées, cinq étaient absolument uniques, limitées à une seule grotte : deux autres espèces ont été identifiées dans plusieurs grottes », explique Gavish-Regev, spécialiste des collections nationales d’histoire naturelle de l’Université hébraïque.
« L’une des découvertes les plus surprenantes de cette étude est que ces nouvelles espèces sont, sur le plan de l’évolution, plus proches des espèces qui peuplent les grottes méditerranéennes du sud de l’Europe que de celles qui vivent à l’entrée de leurs grottes, en Israël », ajoute-t-elle.
Selon l’étude, cette découverte suggère l’existence d’une « histoire biogéographique complexe ».
Deux des espèces nouvellement identifiées sont aveugles et les cinq autres ont des yeux de taille réduite.
Les chercheurs pensent qu’elles se sont adaptées à l’habitat souterrain après ou en même temps que l’extinction de leur ancêtre, qui vivait à l’extérieur des grottes, et s’est éteint en raison de changements climatiques.
« Nous sommes actuellement témoins des effets du changement climatique sur de nombreux habitats, ce qui nous oblige à envisager et promouvoir des programmes incluant la préservation des habitats souterrains, souvent très menacés », ajoute Hawlena, du Département de l’écologie, de l’évolution et du comportement de l’Université hébraïque.
« Nous devons protéger la nature d’Israël, à nulle autre pareille, et notamment ses systèmes souterrains, qui méritent d’être étudiés dans le détail afin de comprendre ce qui les a engendrés. »