Rechercher

Découverte d’une inscription du nom d’un chevalier suisse dans la tombe du roi David

Une gravure au fusain avec l'emblème héraldique de la famille d'Adrian von Bubenberg montre le lien entre la Suisse médiévale et Jérusalem

L'inscription et l'emblème familial d'Adrian von Bubenberg dans le complexe sacré du Mont Sion. (Crédit : Shai Halevy, Autorité israéliennes des Antiquités)
L'inscription et l'emblème familial d'Adrian von Bubenberg dans le complexe sacré du Mont Sion. (Crédit : Shai Halevy, Autorité israéliennes des Antiquités)

Une inscription médiévale portant le nom d’un chevalier suisse a été découverte dans la tombe du roi David sur le mont Sion à Jérusalem, a annoncé jeudi l’Autorité israélienne des antiquités.

Le chevalier Adrian von Bubenberg est arrivé dans ce qui est actuellement désigné comme l’Etat d’Israël dans le cadre d’un pèlerinage en 1466.

Il est considéré comme l’un des héros les plus admirés de Suisse.

La découverte des archéologues travaillant sur le mont Sion fait partie d’un projet mené par l’Autorité des antiquités dans le complexe du tombeau du roi David, qui vise à documenter les anciens « graffitis » et les inscriptions anciennes laissés sur les murs par les pèlerins chrétiens et musulmans.

Le projet a jusqu’à présent révélé plus de 40 inscriptions dans différentes langues et des emblèmes familiaux de chevaliers médiévaux.

« À l’époque mamelouke, entre 1332 et 1551, le complexe de bâtiments adjacent à la tombe traditionnelle du roi David était la propriété des moines de l’ordre catholique franciscain. Le bâtiment servait de monastère et d’auberge pour les pèlerins occidentaux, qui laissaient leur empreinte sur les murs », ont déclaré les chefs de projet Michael Chernin et Shai Halevi de l’Autorité israélienne des antiquités.

Le cénacle, ou chambre haute, sur le mont Sion juste à l’extérieur de la Vieille Ville, où les chrétiens croient que Jésus a organisé la dernière Cène, et qui est vénéré par les Juifs comme l’emplacement de la tombe du roi David (Crédit : AFP / Constance Decorde)

Ces nouvelles découvertes ont été rendues possibles grâce aux nouvelles capacités technologiques développées par l’Autorité des antiquités dans le cadre des recherches menées sur les manuscrits du désert de Judée.

La méthode utilise la photographie multispectrale pour mettre en lumière des inscriptions qui se sont effacées au fil des ans et sont devenues invisibles à l’œil humain.

Les chercheurs de l’Autorité israélienne des antiquités, Shai Halevi et Michael Cherchin, documentent les inscriptions des pèlerins sur les murs du complexe. (Crédit : Joshua Faudem)

Parmi les inscriptions révélées figure une inscription au fusain portant le nom et l’emblème héraldique de la famille von Bubenberg. Militaire et homme politique suisse du 15e siècle, von Bubenberg a joué un rôle central dans la défense de l’indépendance de la Suisse face aux menaces extérieures au cours du Moyen Âge.

Aujourd’hui, il est considéré comme un héros national suisse, de nombreuses rues portent son nom et une statue le représente sur une place centrale de la ville de Berne.

La statue d’Adrian von Bubenberg, à Berne. (Crédit : Mike Lehmann / Wikipedia)

L’Autorité des antiquités a déclaré que son fils Adrian (II) von Bubenberg était également connu pour avoir visité Jérusalem et qu’il était impossible de savoir avec certitude qui était à l’origine de cette inscription.

Il n’en reste pas moins que cette inscription constitue un lien direct entre la Suisse médiévale et Jérusalem, a déclaré l’autorité.

« Les recherches menées à Jérusalem concernent les religions et les cultures du monde entier. Les croyants, les pèlerins et les visiteurs qui cherchent à entrer en contact avec la Jérusalem sanctifiée ont laissé des traces que les chercheurs de l’Autorité des antiquités israéliennes révèlent et enregistrent quotidiennement », a déclaré Eli Escusido, directeur de l’Autorité des antiquités israéliennes.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...