Delcy Rodriguez investie présidente par intérim du Venezuela
La vice-présidente a prêté serment devant l'Assemblée nationale, tandis que Nicolas Maduro plaidait non coupable lors de sa comparution devant la justice américaine

Lundi, Delcy Rodriguez a été investie présidente par intérim du Venezuela après avoir prêté serment devant l’Assemblée nationale, tandis que Nicolas Maduro, arrêté samedi, a plaidé non coupable lors de sa comparution devant la justice américaine.
« Je me présente avec douleur en raison de l’enlèvement de deux héros qui sont otages aux États-Unis […] J’ai aussi l’honneur de prêter serment au nom de tous les Vénézuéliens », a déclaré Rodriguez, vice-présidente et première dans l’ordre de succession.
Samedi, la Cour suprême lui avait ordonné d’assumer les fonctions de cheffe de l’État pendant 90 jours renouvelables, et l’armée lui avait apporté son soutien le lendemain.
Rodriguez a prêté serment devant son frère, Jorge Rodriguez, réélu président de l’Assemblée, mais aussi, dans un symbole voulu par les autorités, devant le fils du chef de l’État déchu, Nicolas Maduro Guerra, dit « Nicolasito » (« Petit Nicolas »), député réélu, qui portait la Constitution.
Il a été le premier à féliciter Rodriguez.
À la fin de la cérémonie, « Nicolasito » a fait un « V » avec les deux doigts, en référence au geste de Maduro devant les caméras américaines, largement relayé par la télévision d’État.
Peu auparavant, Maduro avait plaidé non coupable devant un tribunal de New York, deux jours après avoir été emmené de force de Caracas, à l’issue d’une opération militaire ouvrant la voie au projet de Washington de contrôler le Venezuela, un pays riche en pétrole.
« Vamos Nico ! »
« À toi, Delcy Eloina [Rodriguez], tout mon soutien inconditionnel pour la tâche si difficile qui t’incombe. Compte sur moi, compte sur ma famille ! », a clamé Nicolasito avant la prestation de serment, ajoutant avec des tremolos dans la voix : « La patrie est entre de bonnes mains, papa ! »
« Ils seront bientôt avec nous, grâce à toute la lutte du peuple mobilisé à l’intérieur et à l’extérieur du pays, ils reviendront ! », a-t-il encore dit.
Très applaudi, il a ajouté : « Le Venezuela ne demande ni privilèges ni concessions, il exige le respect. Notre aspiration à la paix n’est ni une faiblesse ni une reddition, c’est une décision souveraine. Nous voulons des relations internationales avec tous, fondées sur l’égalité, le respect mutuel et la coopération, sans menace ni ingérence. »
De nombreux députés ont scandé « Allez, Nico ! » à l’intention de Nicolas Maduro. « Vamos Nico ! » était l’un des slogans de la campagne présidentielle de 2024.
Un slogan repris par des milliers de partisans du président déchu lors d’une manifestation à Caracas, lundi, à l’appel du pouvoir. Ils brandissaient notamment des jouets à l’effigie de Maduro et de Cilia Flores, la première dame, également emmenée aux États-Unis lors de l’opération de samedi.
« Maduro, tiens bon, le Venezuela se soulève ! », ont-ils également scandé, tandis qu’une pancarte affichait : « Trump-Marco Rubio, maudits assassins et kidnappeurs. » « Où se trouve réellement la vraie justice aux États-Unis ? »
À l’ouverture de la séance au Parlement, le doyen des députés, Fernando Soto Rojas, a estimé que Maduro « a été enlevé […] au cours d’une attaque barbare, perfide et lâche, de nature fasciste ».
« Le président des États-Unis, M. Trump, prétend être le procureur, le juge et le policier du monde. Depuis le Venezuela bolivarien, nous disons : ‘Vous n’y parviendrez pas.’ Nous déploierons toute la solidarité nécessaire pour que notre président légitime, Nicolas Maduro, revienne victorieux à Miraflores », le palais présidentiel, a-t-il ajouté.
Dans l’hémicycle, un siège vide portant le nom de Cilia Flores, l’épouse de Maduro également enlevée de force et réélue en mai, était visible.
Une photographie du couple Maduro, prise à l’occasion de l’investiture de ce dernier en janvier, a été dévoilée au pied du perchoir par Jorge Rodriguez et « Nicolasito », accompagnés d’un fils de Cilia Flores.
Stalin Gonzalez, l’un des rares députés de l’opposition, a réclamé une « amnistie » et la « libération de tous les prisonniers politiques ».
« Nous ne serons pas complices et nous n’acceptons pas des institutions de façade […] Nous exigeons l’arrêt immédiat de la persécution et de la criminalisation de la dissidence, ainsi que la libération de tous les prisonniers politiques. Sur cette voie de la reconstruction, nous considérons que le moment est propice pour promouvoir une amnistie », a-t-il martelé.







