Démolition de maisons des terroristes: Washington veut faire pression sur Israël
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Démolition de maisons des terroristes: Washington veut faire pression sur Israël

Blinken a fait part de ses préoccupations à Israël avant la destruction de la maison familiale d'un Américain d'origine palestinienne soupçonné d'avoir tué un Israélien en mai

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Une unité de l'armée israélienne démolit la maison de l'Américain palestinien Muntasser Shalaby à l'aide d'explosions contrôlées dans le village cisjordanien de Turmus Ayya, au nord de Ramallah, jeudi 8juillet 2021. Shalaby est accusé d'être impliqué dans une attaque meurtrière contre des Israéliens en Cisjordanie en mai. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)
Une unité de l'armée israélienne démolit la maison de l'Américain palestinien Muntasser Shalaby à l'aide d'explosions contrôlées dans le village cisjordanien de Turmus Ayya, au nord de Ramallah, jeudi 8juillet 2021. Shalaby est accusé d'être impliqué dans une attaque meurtrière contre des Israéliens en Cisjordanie en mai. (Crédit : AP Photo/Nasser Nasser)

Le Département d’État va faire pression en priorité sur Israël pour qu’il mette fin à sa politique controversée de démolition des maisons des terroristes, a déclaré jeudi un porte-parole, le plus haut diplomate des États-Unis ayant déjà abordé la question avec de hauts responsables en Israël.

Ned Price, porte-parole du Département d’État, s’est exprimé quelques heures après que l’administration du Président américain Joe Biden a formulé de rares critiques à l’encontre d’Israël pour avoir rasé la maison d’un Américain d’origine palestinienne soupçonné d’avoir participé à une fusillade meurtrière en Cisjordanie, marquant ainsi un point de friction probable dans les efforts déployés par Washington et Jérusalem pour réhabiliter leurs liens.

« Nous attachons une grande importance à cette question, sachant que la maison d’une famille entière ne devrait pas être démolie pour l’action d’un seul individu », a déclaré Price lorsqu’il a été interrogé à ce sujet lors d’un point de presse quotidien, ajoutant que les États-Unis continueraient à exprimer leurs préoccupations « aussi longtemps que cette pratique se poursuivra ».

Le commentaire de Price semble refléter un changement par rapport aux administrations précédentes, qui n’avaient pas accordé autant d’importance aux démolitions de maisons par Israël.

« Il est absolument nécessaire de faire baisser la température en Cisjordanie. Les démolitions punitives exacerbent les tensions à un moment où tout le monde devrait s’attacher à assurer principalement le calme », a déclaré Price.

Price a ajouté que le secrétaire d’État américain Antony Blinken et d’autres hauts fonctionnaires du département d’État avaient soulevé la question avec leurs homologues israéliens avant la démolition jeudi matin de la maison familiale de Muntasir Shalabi en Cisjordanie, qui aurait abattu l’étudiant israélien Yehuda Guetta, 19 ans, en mai.

Un média israélien a indiqué jeudi que le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid n’était pas au courant de la démolition imminente.

La Treizième chaîne a rapporté que le Premier ministre Naftali Bennett n’a pas informé Lapid avant que le projet n’aille de l’avant, après des jours de retard attribués aux objections américaines sur la question.

Muntasir Shalabi, suspect dans la fusillade qui a eu lieu au carrefour de Tapuah, en Cisjordanie, le 1er mai 2021. (Autorisation)

Le bureau de Lapid a contacté celui de Bennett peu après la démolition et a demandé pourquoi il n’avait pas été mis à jour, affirmant que le ministère des Affaires étrangères aurait pu se préparer et tenter d’atténuer les critiques des États-Unis, selon le réseau.

Yehuda Guetta, 19 ans. (Autorisation)

Des sources au sein du bureau du Premier ministre ont répondu que les assistants du Premier ministre ou du Conseil de sécurité nationale ne sont pas habilités à fournir des mises à jour sur ces questions.

Invité à commenter l’information, Lapid a cherché, dans un communiqué, à minimiser le désaccord entre lui et Bennett. « Des années de négligence de la part du gouvernement ont fait que le système de communication et de coordination entre le ministère des Affaires étrangères, le ministère de la Défense et le bureau du Premier ministre ne fonctionne pas correctement. Nous sommes en train de tout réparer et de tout arranger. »

« Cela prendra un peu plus de temps, mais grâce aux bonnes relations entre le Premier ministre Bennett et les ministres Lapid et Gantz, les mécanismes de communication et de coordination s’améliorent chaque jour », ajoute le communiqué.

La démolition de la maison de Muntasir Shalabi a suscité une rare condamnation de la part de l’ambassade des États-Unis en Israël, dont le porte-parole a utilisé la même rhétorique que celle employée par Price – « la maison d’une famille entière ne devrait pas être démolie pour les actions d’un seul individu. »

Le porte-parole du département d’État américain Ned Price s’exprime pendant un point-presse au département d’État de Washington, le 25 février 2021. (Crédit : Nicholas Kamm/Pool via AP)

Une requête de la Haute Cour de justice avait été déposée contre la démolition, mais elle a été rejetée par la plus haute instance juridique la semaine dernière. Les États-Unis, qui s’opposent aux démolitions punitives de maisons, ont envoyé des représentants de leur ambassade aux audiences de la Haute Cour sur cette question et ont fait part de leurs préoccupations au gouvernement israélien.

En réponse à la condamnation américaine, le bureau du Premier ministre a déclaré que si Bennett « respecte » les États-Unis, Israël doit agir dans l’intérêt de ses citoyens.

Les démolitions de maisons sont une mesure controversée qui, selon l’establishment sécuritaire israélien, peut dissuader de futures attaques terroristes. Ses détracteurs affirment que cet outil constitue un crime de guerre et une forme de punition collective.

Les soldats israéliens cartographient l’habitation de Muntasir Shalabi, un Palestinien soupçonné d’avoir commis un attentat par arme à feu, avant sa potentielle démolition à Turmus Ayya, en Cisjordanie, le 6 mai 2021. (Crédit : Armée israélienne)

La condamnation américaine est intervenue alors que Bennett devrait se rendre à Washington dès ce mois-ci pour une première rencontre avec le président américain Joe Biden depuis que les deux dirigeants ont pris leurs fonctions cette année.

MBennett a déclaré qu’il espérait renforcer les liens entre les deux nations après les relations tendues entre son prédécesseur Benjamin Netanyahu et l’administration Biden. Son partenaire au sein du gouvernement de coalition, le ministre des affaires étrangères Yair Lapid, s’est engagé à traiter les désaccords à huis clos, contrairement à Netanyahu, qui était plus disposé à rendre publiques ses disputes avec la Maison Blanche.

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