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Départ de forces russes de Crimée: à vérifier, répondent l’UE, la France et les USA

La Russie a annoncé la fin de manœuvres militaires et le départ de certaines de ses forces, où le déploiement de troupes alimentait les craintes d'invasion de l'Ukraine

Des membres des Forces de défense territoriale de l'Ukraine, unités militaires volontaires des Forces armées, s'entraînent près de Kiev, en Ukraine, le 5 février 2022. (Crédit : AP Photo/Efrem Lukatsky)
Des membres des Forces de défense territoriale de l'Ukraine, unités militaires volontaires des Forces armées, s'entraînent près de Kiev, en Ukraine, le 5 février 2022. (Crédit : AP Photo/Efrem Lukatsky)

La Russie a annoncé mercredi la fin de manœuvres militaires et le départ de certaines de ses forces de la péninsule ukrainienne annexée de Crimée, où le déploiement de troupes alimentait les craintes d’invasion de l’Ukraine.

Moscou avait déjà annoncé mardi un début de retrait des dizaines de milliers de soldats russes massés depuis plusieurs mois aux frontières ukrainiennes.

Les présidents français Emmanuel Macron et américain Joe Biden sont convenus mardi, dans un échange téléphonique, de la nécessité de « vérifier » l’annonce d’un début du retrait russe autour des frontières de l’Ukraine, que l’Elysée voit comme un « premier signal encourageant » mais « fragile ».

Lors d’une conversation d’environ une heure, les deux chefs d’Etat ont également appelé à rester « parfaitement coordonnés » face au président russe Vladimir Poutine, a précisé la présidence française.

Le président américain Joe Biden, à gauche, et le président français Emmanuel Macron avant une réunion à La Villa Bonaparte à Rome, le 29 octobre 2021. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci)

Cet entretien, le quatrième depuis le début de la crise, s’est tenu après que Moscou a communiqué sur l’ordre donné à des unités de l’armée russe concentrées près de la frontière ukrainienne de regagner leurs garnisons.

« Une semaine après le déplacement du président Macron (à Moscou et Kiev), nous constatons que nous avons quelques raisons d’espérer », a souligné l’Elysée, en soulignant que ce début de « mouvement de désescalade est conforme » à ce que lui avait dit le président Poutine.

« Il y a une dynamique qu’il faut vérifier et consolider » mais « tout est très fragile », selon la présidence. Car « compte tenu de l’ampleur du déploiement militaire russe », qui « reste très impressionnant », « beaucoup de choses sont encore possibles ». Ce dispositif « doit être très nettement réduit » pour que la situation « revienne à la normale », a-t-elle ajouté.

Sur le plan diplomatique, Emmanuel Macron va continuer ses échanges avec les autres parties et parlera « très rapidement » avec le chancelier Olaf Scholz à son retour de Moscou, et probablement au président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Un char ukrainien se déplace lors d’exercices militaires près de Kharkiv, en Ukraine, jeudi 10 février 2022. (Crédit
: AP/Andrew Marienko)

« Il faut donner des perspectives à tout le monde » et « créer de nouvelles échéances » sur les trois priorités: la désescalade militaire aux frontières de l’Ukraine, la relance des négociations sur le Donbass en « format Normandie » (Russie, Ukraine, France et Allemagne) et l’ouverture « d’une négociation plus large sur la question de la sécurité en Europe », a rappelé Paris.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell s’est montré très circonspect mercredi devant l’annonce d’un retrait de forces russes de Crimée, en soulignant qu’il fallait d’abord le « vérifier ».

Ce serait, « si c’était vrai, sans doute » un signe de détente, a-t-il très prudemment commenté sur la radio France Inter. « Il faut toujours vérifier », a-t-il toutefois ajouté.

« Il y a des signes encourageants peut-être (..) mais d’un autre côté on a aussi des signes préoccupants », a relevé Josep Borrell en référence à un appel en Russie à la reconnaissance des territoires séparatistes dans l’est de l’Ukraine.

Josep Borrell, responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, s’adresse aux députés fédéraux au Parlement européen à Bruxelles, le 15 septembre 2020. (Francisco Seco/AP)

La Douma, la chambre basse du parlement russe, a voté mardi un appel au président Vladimir Poutine en faveur de cette reconnaissance. Le Kremlin a assuré qu’il n’y avait actuellement « aucune décision officielle » en se sens, mais que cette demande « reflétait l’avis de la population » russe.

« La Russie joue le chaud et le froid. Un jour elle nous dit que tout est possible, qu’elle va revenir à la table des négociations, et l’autre elle envoie une escadre en mer Noire », a poursuivi le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères.

Retrait

Des forces russes déployées depuis des semaines près de la frontière ukrainienne ont commencé à retourner dans leurs garnisons, a annoncé mardi le ministère de la Défense, alors que les Occidentaux craignaient une opération militaire imminente.

« Les unités des districts militaires du Sud et de l’Ouest qui ont achevé leurs tâches, ont déjà commencé à procéder au chargement sur les moyens de transports ferroviaires et routiers et commenceront à retourner vers leurs garnisons aujourd’hui », a annoncé le porte-parole du ministère, Igor Konachenkov, cité par les agences de presse russes.

Cette annonce est le premier signe d’un recul de Moscou dans la crise avec les Occidentaux qui dure depuis fin 2021.

Les militaires ukrainiens de la 92e Brigade mécanisée mènent des exercices à balle réelle près de la ville de Chuguev, dans la région de Kharkiv, le 10 février 2022. (Crédit : Sergey Bobok/AFP)

La Russie avait massé depuis décembre plus de 100 000 soldats aux frontières de l’Ukraine, faisant craindre à Kiev une invasion imminente de ce pays.

Moscou a toujours démenti toute velléité guerrière mais réclamait des garanties pour sa sécurité, telles que la promesse que l’Ukraine n’intègrera jamais l’Otan, ce que les Occidentaux ont refusé de faire.

Les Occidentaux avaient menacé Moscou de sanctions sans précédent en cas d’attaque de l’Ukraine et les Etats-Unis et plusieurs autres pays ont déployé de nouvelles forces en Europe orientale.

La Russie mène encore des manœuvres conjointes au Bélarus qui doivent se dérouler jusqu’au 20 février.

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