Taxant Liberman d’antisémitisme, Deri clame que les Russes n’aident pas l’Etat
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Taxant Liberman d’antisémitisme, Deri clame que les Russes n’aident pas l’Etat

Le chef du Shas a dit que le responsable de Yisrael Beytenu avait tenté d'extorquer Netanyahu avec des "demandes délirantes" et utilisé les Haredim pour renverser ce dernier

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le leader du Shas Aryeh Deri pendant une réunion de faction de son parti à la Knesset, le 30 mai 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le leader du Shas Aryeh Deri pendant une réunion de faction de son parti à la Knesset, le 30 mai 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le président du parti Shas et ministre de l’Intérieur Aryeh Deri n’a pas épargné jeudi le leader de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman, l’accusant d’avoir utilisé une rhétorique antisémite contre les partis ultra-orthodoxes et d’avoir « extorqué » le Premier ministre et d’autres politiciens au cours des négociations de coalition récentes qui ont échoué, entraînant l’organisation de nouvelles élections au mois de septembre.

« Pour des raisons de rivalité et de haine, il a décidé d’entraîner le pays tout entier dans cette situation », a dit Deri lors du lancement d’une réunion de la faction du Shas à la Knesset.

La Knesset a voté mercredi soir  sa propre dissolution, réclamant l’organisation d’un nouveau scrutin le 17 septembre après que Netanyahu a échoué à négocier un compromis entre Yisrael Beytenu et les formations ultra-orthodoxes.

Liberman avait demandé que les accords de coalition comprennent l’obligation d’adopter sans modification préalable une version du projet de loi régulant le recrutement des ultra-orthodoxes au sein de l’armée, qui était passé l’année dernière en première lecture. Ce projet de loi est rejeté par les formations ultra-orthodoxes qui réclament un assouplissement de ses termes.

Netanyahu avait besoin de Yisrael Beytenu et des partis ultra-orthodoxes pour obtenir la majorité au gouvernement.

Deri, critiquant Liberman, a accusé le chef de Yisrael Beyenu d’antisémitisme pour son opposition aux exemptions de service militaire pour les étudiants des yeshivot et pour ses attaques contre la communauté haredi.

« La seule chose qui a manqué, ça a été de l’entendre dire qu’on avait un gros nez ou qu’on se lave pas », a dit Deri, commentant un article écrit par Liberman pendant les négociations de coalition qui attaquait la communauté ultra-orthodoxe pour la « contribution douteuse » qu’elle aurait apporté à l’Etat d’Israël.

« Si le mot haredim avait été remplacé par ‘Juifs’ – on aurait pu dire que l’article avait été rédigé en Europe », a-t-il ajouté.

Mais tout en prenant à partie Liberman pour ce qu’il a qualifié de « discrimination pure et simple », le leader du Shas a également incriminé la communauté russe de l’Etat juif, qui représente la base éléctorale du parti laïc Yisrael Beytenu de Liberman.

« Je suis prêt à comparer avec les électeurs de Liberman pour voir qui paie le plus d’impôts », a-t-il déclaré. Clamant que Shas avait reçu plus de votes de la part des soldats que Yisrael Beytenu, Deri s’est exclamé : « Et ce sont les mêmes qui disent que nous ne servons pas dans l’armée ! »

Aryeh Deri (à droite) et Avigdor Liberman pendant une session plénière de la Knesset, le 29 juillet 2013. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Dans un récit prolongé et personnel de sa relation avec son ancien partenaire de coalition, Deri a noté que Liberman avait été un bon ami, dans le passé, mais qu’il avait trahi le respect qu’il lui portait, ainsi que celui de la communauté ultra-orthodoxe.

« C’est fini », a-t-il clamé, évoquant leur relation.

« C’est difficile de décrire les demandes qui nous ont été soumises mais nous les avons acceptées », a continué Deri.

« C’est la toute première fois de ma vie que j’ai le sentiment d’avoir été extorqué – extorqué dans le sens le plus fort du terme », a-t-il poursuivi.

« Et pourtant, malgré ça, nous avons fait tout ce qui a été possible pour former un gouvernement. A chaque fois que nous nous sommes approchés de Yisrael Beytenu, on nous a présenté une autre demande délirante – et je n’ai aucun doute sur le fait que ces demandes visaient intentionnellement à ce que nous soyons amenés à dire ‘non’ – mais à chaque fois que nous avons dit oui, il y a eu une autre requête », a-t-il déploré.

« Je me sens blessé et très déçu que Liberman nous ait utilisé au cours des 40 derniers jours alors qu’il lui suffisait de dire ouvertement qu’il ne voulait pas que Netanyahu soit Premier ministre », a dit Deri.

L’homme fort du Shas a juré qu’il ferait « tout ce qui est en mon pouvoir » pour garantir que le prochain gouvernement pourrait se former sans Yisrael Beytenu.

Moshe Gafni de Yahadout HaTorah a pour sa part expliqué jeudi qu’au vu de la conduite de Liberman, son parti ne siégerait pas avec Yisrael Beytenu dans un gouvernement après le scrutin.

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