Des analystes commentent l’escalade des combats entre le Hamas et Israël
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Des analystes commentent l’escalade des combats entre le Hamas et Israël

Tandis qu'Israël est intéressé par détruire les rouages du groupe terroriste palestinien, ce dernier tente de supplanter l'Autorité palestinienne, faute de scrutin

Des Palestiniens inspectent des maisons détruites par les frappes israéliennes nocturnes dans le nord de la bande de Gaza en représailles aux tirs de roquettes sur Israël, le 14 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)
Des Palestiniens inspectent des maisons détruites par les frappes israéliennes nocturnes dans le nord de la bande de Gaza en représailles aux tirs de roquettes sur Israël, le 14 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Pour Yaakov Amidror, ancien conseiller à la sécurité nationale de Benjamin Netanyahu, « Israël doit montrer au Hamas qu’il ne peut rien lui dicter ». Résultat, Israël doit non seulement « détruire les capacités et les infrastructures » du Hamas mais aussi « tuer » ses dirigeants, explique-t-il.

« Les efforts (sont en cours) pour tuer le plus possible de membres du Hamas et principalement des experts techniques » en roquettes et en drones, ajoute-t-il.

L’armée ne s’est pas contentée de légères frappes de représailles, comme elle le fait occasionnellement, mais a pilonné sans relâche des positions du Hamas à Gaza, un territoire de deux millions d’habitants.

Commandants, ingénieurs, spécialistes de la production de roquettes, du renseignement informatique, de mini-drones kamikazes : l’armée israélienne a visé cette semaine nombre de cadres techniques et d’intermédiaires du Hamas. « Cela impacte à long-terme la capacité du mouvement à produire des armes », souligne une source militaire israélienne.

Yaakov Amidror, ancien conseiller à la sécurité nationale, en octobre 2013. (Crédit : Flash90)

Ce dispositif donne du temps à l’armée pour tenter de laminer le Hamas, estime M. Amidror : « Cela devrait prendre entre 10 et 50 jours (…) au final, tout ce qui symbolisera le Hamas en tant que gouvernement à Gaza sera détruit ».

Pour Naji Shurab, professeur de sciences politiques à l’université islamique de Gaza, Israël cherche à « affaiblir » le Hamas et à « consolider » la division entre factions palestiniennes. « Mais c’est un jeu dangereux, car il est possible que le soulèvement s’étende en Cisjordanie et mette fin à l’Autorité palestinienne » de Mahmoud Abbas, ce qui plongerait encore plus les Palestiniens dans l’inconnu.

Que cherchent donc à accomplir le Hamas et Israël ? « Ils (le Hamas) essaient de se positionner en principal garant de la sauvegarde des Palestiniens et avant tout de Jérusalem, ce qui est assez nouveau par rapport à ce qu’on avait vu précédemment », estime Leïla Seurat, chercheure associée à l’Observatoire des mondes arabes et musulmans (OMAM) de l’Université libre de Bruxelles (ULB).

« Clairement, ils (le Hamas) essaient de mettre à mal Mahmoud Abbas qui est déjà lui-même très affaibli, divisé, qui a reporté les élections, mais plus largement ils sentent qu’il y a des choses qui sont en train d’évoluer d’un point de vue palestinien », dit-elle.

Ces derniers mois, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, et le Fatah, parti laïc du président palestinien Mahmoud Abbas, qui siège en Cisjordanie, s’étaient entendus sur une feuille de route pour se réconcilier après plus d’une décennie de divisions.

Cette réconciliation devait passer par la tenue d’élections prévues ce mois-ci. Mais Mahmoud Abbas a reporté le scrutin sine die sous prétexte qu’Israël, qui contrôle Jérusalem-Est, n’a pas donné son feu vert à des élections pour les Palestiniens de la Ville Sainte. Et le Hamas, qui tenait particulièrement à ce scrutin pour regagner en légitimité, n’a pas (du tout) caché son agacement.

Or, presque simultanément, des manifestations ont éclaté à Jérusalem. Mais le Hamas ne « contrôle pas ce soulèvement, ils sont eux-mêmes débordés » mais ils veulent essayer de le « capter », note Mme. Seurat. Et ils ont « utilisé l’outil militaire pour se placer au centre de la protection des Palestiniens de Jérusalem », ajoute-t-elle.

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