Des armes retrouvées et des suspects arrêtés dans un village arabe
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Des armes retrouvées et des suspects arrêtés dans un village arabe

Le leader du Mouvement islamique à Ramle a été grièvement blessé dans un incident distinct ; une brigade canine a été déployée dans plusieurs villages à la recherche d'armes

Les forces de l'ordre israélienne à Wadi Ara, le 8 janvier 2016. Illustration. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Les forces de l'ordre israélienne à Wadi Ara, le 8 janvier 2016. Illustration. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

La police israélienne a mis la main samedi sur une cache renfermant des milliers d’armes lors de recherches dans le village d’Ara, dans le nord du pays, et a interpelé 13 suspects, alors que les autorités ont multiplié les opérations contre le crime organisé et les nombreux meurtres au sein de la communauté arabe du pays.

D’après la Douzième chaîne, une brigade canine a été déployée dans plusieurs localités de la région de Wadi Ara, à la recherche d’armes, de munitions et autres. Les forces de l’ordre ont ainsi retrouvé des milliers de balles et d’autres équipements d’armement.

Wadi Ara est une vallée adjacente au nord de la Cisjordanie, au sud-est de Haïfa, qui abrite de nombreux villages et villes arabes, dont Umm al-Fahm, Ara, Baqa al-Gharbiyye et Kafr Qara.

La police a indiqué à la Douzième chaîne qu’elle se « concentrait sur la lutte contre la possession et l’utilisation d’armes illégales, dans le cadre de son action contre la violence grave dans la communauté arabe et pour la sécurité de la population ».

Cette opération est intervenue quelques heures après un meurtre au sein de la communauté. Un homme de 21 ans a été abattu à Ara dans la nuit de vendredi, possiblement en raison d’une brouille familiale. Il s’agit de la 74e victime arabe de meurtre depuis le début de l’année. Les responsables politiques locaux ont tenu une réunion d’urgence samedi, lors de laquelle ils ont réclamé l’intervention de la police et mis en garde contre la probabilité de nouveaux faits de violence à la suite de cet assassinat.

Mohammed Hamdan. (Facebook)

La victime s’appelait Mohammed Hamdan. La Treizième chaîne a rapporté que son père Adnan avait fait savoir aux dirigeants locaux qu’il pardonnerait au meurtrier « si le sang de mon fils contribuait à la guérison de notre société ».

« Ça suffit », a-t-il déclaré lors d’un appel à l’attention de la population arabe. « Il est temps de mettre un terme à ce qu’il se passe. »

Trois autres hommes arabes ont été visés par des tirs dans des incidents distincts dans la nuit : Sheikj Ali al-Danaf, âgé de 40 ans, grièvement touché dans la ville arabo-juive de Ramle dans le centre du pays ; un homme d’une vingtaine d’années grièvement blessé à Haïfa et un ingénieur municipal d’une cinquantaine d’années modérément blessé dans la ville bédouine de Rahat, dans le sud.

Sheikj Ali al-Danaf est le dirigeant du Mouvement islamique à Ramle. Plus tôt vendredi, il avait tenu un sermon dans lequel il appelait à des actions et des manifestations contre le crime organisé. Son véhicule a été visé par sept balles près de la mosquée où il prie. La Treizième chaîne a évoqué une tentative de meurtre.

Des Arabes israéliens et des manifestants devant le bureau du Premier ministre à Jérusalem, demandant des actions contre les violences au sein de la communauté, le 10 octobre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Depuis plusieurs jours, des dizaines de milliers de personnes ont protesté dans des villes arabes, demandant à la police de renforcer sa présence pour sécuriser les rues. Les manifestations ont débuté jeudi dernier avec une grève générale au sein de la communauté. Les dirigeants arabes affirment que la police israélienne ignore très largement les phénomènes de violence dans leurs communautés, allant des règlements de compte familiaux, des conflits mafieux jusqu’aux crimes d’honneur.

Jeudi, un convoi de véhicules est parti de Majd al-Krum, empruntant la Route 6 pour rejoindre Jérusalem et le quartier du gouvernement, où une manifestation s’est tenue. Plus tard, les dirigeants de la Liste arabe unie ont rencontré le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan et le chef par intérim de la police israélienne Motti Cohen pour présenter leurs demandes concernant les efforts du gouvernement destinés à endiguer la violence dans la communauté arabe, au sein de laquelle 73 personnes ont été tuées depuis le début de l’année.

Erdan a promis de déployer 600 officiers pour lutter contre les crimes violents et de consacrer des ressources pour enquêter sur le crime organisé.

Après la rencontre à Jérusalem, le numéro un de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a déclaré qu’il s’agissait « [d’]une rencontre importante, mais notre principale requête porte sur une décision gouvernementale et un vaste plan pour éradiquer la violence et le crime dans la société arabe… les discussions se poursuivront, de même que la lutte ».

Capture d’écran d’une vidéo de véhicules participant à un convoi de protestation par la communauté arabe appelant le gouvernement à agir contre la violence au sein de la communauté, le 10 octobre 2019. (Twitter)

Le député Ahmad Tibi, également membre de la Liste arabe unie, a fait savoir que Gilad Erdan pensait aussi qu’une décision du gouvernement était nécessaire et qu’il s’efforcerait de pousser en faveur d’une telle mesure, tout en précisant qu’une enveloppe budgétaire devait être débloquée pour cela.

Lors d’un entretien avec la Treizième chaîne, le ministre a reconnu que pendant des années, « aucun poste de police n’a été ouvert et aucun agent dédié » n’a été nommé dans les communautés arabes. Il a clamé qu’il en avait fait une priorité depuis son entrée en fonction, mais qu’il était « frustré que nous n’ayons pas bénéficié de la coopération et de la confiance [de la population] ».

Il s’est également plaint du grand nombre d’armes illégales qui circulait et que « les juges israéliens n’infligent pas de peines plus lourdes aux porteurs d’armes illégales. Il est ainsi difficile de dissuader les organisations criminelles ».

De grandes manifestations sont prévues les 21 et 27 octobre prochains devant les commissariats de police de Nazareth et Ramle. Le 27 octobre, les organisateurs prévoient d’installer des tentes devant les bureaux du gouvernement dans la capitale.

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